Les actes des colloques des églises françaises et des synodes des églises étrangères refugiées en Angleterre, 1581-1654
Articles arêtez par les Ministres et Anciens assemblez a Londres des Eglises étrangères réfugiées.
A Londres le 19" de May, Anno 1581.
1. On a arêté qu’on envoyera un Ministre et un Ancien au Synode des Pais bas convoqué a Midelbourg, et ont été éleus Monsr Lescaillet pour Ministre, et l’Eglise de Londres pour pourvoir un Ancien pour asister au dit Lescaillet au dit Synode, pour témoignage de l’union que les Eglises de la langue françoise réfugiées en Angleterre veulent avoir avec les Freres qui seront assemblez au dit Synode, Et non pas pour s’assujettir a ce qui sera arêté entr’ eus, Et ce pour diverses raisons qui ont été mises en avant, et lesquelles seront portées et déduites plus amplement au dit Synode par les dits Députez.
2. Sur la Question mise en avant touchant ceus qui auront été rangez en une Eglise, Lesquels s’étant portez scandaleusement soit pour leur vie ou pour le regard de la Doctrine, Et apres avoir été admonêtez de leur devoir n’y auront voulu entendre, Ains auroyent méprisé tout ordre de Discipline, s’êtants retirez en un autre Eglise ; Savoir s’il ne seroit pas bon d’en avertir l’Eglise en laquelle ils se seront retirez : A été répondu qu’il y a un Article en la Discipline de ne recevoir aucun sans témoignage de l’Eglise dont il est sorti. Ce neantmoins qu’en cas de telles circonstances II seroit necessaire d’en donner avertissement, craignant qu’ils ne séduisent ou corrompent les Freres des autres Eglises.
3. A la Question faite, touchant ceus qui ayant été excomuniez en quelque Eglise se seroyent retirez en une autre, Savoir si on doit avertir publiquement l’Eglise ou ils se seront retirez de leur excomunication, A été avisé, que les Consistoires doivent considérer prudemment les diverses circonstances du fait, et ce que requiert le bien et edification de leurs Eglises, pour y procéder selon que le cas le requiert.
4. Sur le conseil demandé, d’un qui auroit été Moine et qui étant marié, apres avoir abandonné sa femme s’en retourne au Convent, l’avis a été, de donner conseil a la femme d’atendre en patience, faisant devoir d’avertir son Mari de quiter son Idolâtrie, et de retourner avec elle, Et en cas de son opiniâtreté, qu’elle ait recours au Magistrat, pour poursuivre plus outre si elle trouve bon.
5. Sur la complainte faite par le Frere Monsr Morel, touchant le mauvais ordre de son Eglise, A été avisé que les Freres de Hamptonne passeront par la dite Eglise, Et qu’ils remontreront au nom de cette compagnie cornent on est averti de long tems des quereles et beaucoup d’autres scandales qui sont entr’ eus, Et qu’il faut doresnavant pour coriger tels vices qu’ils se rangent a la Discipline comme les autres Eglises, et selon que les dits Freres de Hamptonne trouveront bon sera puis apres avisé a ce qu’on a a faire.
6. Sur l’avis donné touchant une femme, laquelle auroit délaissé son Mari, se retirant en lieu ou la Parole de Dieu seroit purement prêchée, Les Freres n’ont trouvé cette cause sufisante, Mais sont d’avis qu’elle doit retourner avec son Mari, pourveu qu’elle ne soit forcée contre sa Religion, soit par les Lois ou par la volonté de son dit Mari.