‹ Les actes des colloques des églises françaises et des synodes des églises étrangères refugiées en Angleterre, 1581-1654Chapitre 37 sur 77 · SYNODE II, LONDRES · texte numérisé non relu

SYNODE II, LONDRES

1. Les Députez des trois Eglises étrangères de Kent ont déclaré a cette Assemblée, que Monseignr l’Archevêque de Cantorberi leur ayant enjoint deus choses par ses Commissaires, assavoir Sir Nathanael Brent son Vicaire general et autres, La premiere que tous les natifs en ce Royaume de l’une et de l’autre Eglise Flamende et Walonne, ayent a se retirer chacun a sa propre paroisse en laquelle il demeure, pour y communier au service divin, et a l’ouïe de la Parole de Dieu, et y faire tous les devoirs de Paroissiens ; L’autre, que les Ministres et tous autres membres des dites Eglises Wallonnes et Flamendes, qui sont nez delà la mer, auront la Liturgie des Eglises Angloises,et s’en serviront selon que la dite Liturgie est ou peut être fidèlement translatée en François et Flamend, Començant dez le premier jour de Mars prochain ; Les dits Députez sont allez trouver le dit Seignr Archevêque de Cantorberi le 2e jour de Février, Et par parole de bouche l’ont requis de vouloir rapeler la dite Injonction, comme étant contraire a leurs privileges, et l’execution de laquelle seroit nécessairement cause de la dissipation des Eglises étrangères : Mais le dit Seigneur n’a point voulu leur acorder leur demande, Ains a donné comandement a son Vicaire general de poursuivre l’execution de la dite Injonction, disant aus susdits Députez qu’ils alassent au Roy s’ils le trouvoyent bon.

2. La Patente du Roy Edward 6e, avec les Lettres et les Ordres du Conseil d’Etat pour la Subsistence de nos Eglises, ont été leues, contenant nos Privileges et Raisons tant pour l’usage de notre Liturgie comme pour la continuation des natifs avec nous ; Semblablement les Raisons de chaque Eglise pour la confirmation de nos libertez acoutumées : De toutes ces choses on a recueilli au dit Synode et dressé une Requête, avec des Raisons et points fondamentaus, faisans pour la subsistence de nos Eglises, afin de les presenter au Roy.

3. Considéré que les Députez susdits ont déjà été vers Monseignr l’Archevêque, Il a été arêté qu’on fera requête au Roy ; et pour cela ont été députez Le Docteur Primerose, Monsr Âmbrosius, Monsieur Casparus, Monsr Proost, Mons1' Bulteel, Monsr Beauvais, Monsr Lucé, et Monsr Du Mont, qui tous avec Monsieur Marmet, se sont présentez devant le Roy le 12e Février, luy présentant une brieve requête, par laquelle nous suplions sa Majesté de nous vouloir ouir en son Conseil d’Etat : Laquelle requête sa Majesté ayant receuë, l’a baillée a my Lord Chambellan, qui l’a mise entre les mains de Monsieur Le Secretaire Cook ; Aussi la harangue de Monsr Marmet, laquelle le Roy n’a point voulu ouir, a été ce même jour baillée a sa Majesté par Sir Guillaume S* Ravi Gentilhomme françois.

4. Pource que Monsr Le Secretaire susdit a notre requête, il a été jugé bon par cette Assemblée de luy bailler notre dite requête conjointe avec nos Raisons et Fondera ens, et aussi l’Injonction et la harangue du dit Monsr Marmet, et le Catalogue de tous les Comunians de toutes les Eglises étrangères qui sont en Angleterre, Ce qu’il a maintenant entre ses mains.

5. Le Duc de Soubize ayant été requis de parler au Roy pour les Eglises, a été vers le Roy, et raporte que le Roy a dit que nous avons plus de peur que de sujet, et que son intention etoit seulement touchant la premiere proposition, assavoir touchant les Natifs.

6. Que si le Roy nous veut ouir devant son Conseil selon notre requête, le Synode a député quelques uns qui auront a se presenter devant le dit Conseil, ayans entre mains tous les écrits et papiers necessaires.

7. Le Modérateur nous a raporté que Monseigneur de Soubise a parlé au Roy, qui a promis de lire notre requête et d’ouïr nos Raisons.

8. La requête que nous avons faite au Roy ( pour prolonger le tems jusques a ce que sa Majesté ait le loisir de nous ouïr) au nom des Eglises de Cantorberi Sandwich et Maidstone, A été au nom des Députez des dites Eglises présentée au Roy par Monseigneur de Soubize ; A qui le Roy a répondu, Je ne puis pas faire cela : Et Mons1' Le Duc Soubize luy ayant reparti, Si votre Majesté ne le fait V execution en cherra dure sur les Eglises, Sa Majesté a répondu L Execution n’en sera pas si dure comme ils craignent.

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