Examen des afaires de Norwich est continué
Meeredi 12e Août.
86. Ce jour ont été présentez et leus les Articles contre le Sieur D’Assigni, et les jours suivans examinez et prouvez, Et après serieuse consideration de la Discipline et de tout ce qui apartient a l’afaire, La Compagnie est venue a une resolution finale laquelle fut conclue Lundi 17e d’Août, Ainsi que s’ensuit.
87. Considérez les deportemens déréglez du Sieur Pierre D’Assigni, au Colloque precedent tenu a Londres en May 1644, lesquels dés lors le rendirent digne de censure ; Et la continuation d’iceus même en un plus haut degré, en contrevenant et resistant a tout ordre tant Ecclesiastique que Civil, Dont sont ensuivis desordres factions et tumultes, tant en l’Eglise qu’en la Cité de Norwich ; Et de plus s’êtant montré contumace contre le Colloque, auquel il a été formellement apelé, Combien que tout le Diferend de la dite Eglise de Norwich ait été renvoyé par l’Honorable Committée du Parlement séant a Westminster a la determination du Colloque, Ce qui aussi luy a été signifié ; La Compagnie apres meure et exacte examination des alegations produites la dessus, et des preuves qui ont été faites par Actes authentiques tant des Magistrats subalternes que des plus hauts, Au nom et en l’authorité de notre Seigneur Jesus
Christ, Declare le dit Sieur D’Assigni decheu du titre de Coadjuteur, qui par le Colloque precedent pour le pais de l’Eglise luy avoit été concédé, Indigne aussi du Saint Ministère en l’Eglise de Norwich, Et en outre luy interdit l’exercice d’iceluy non seulement en l’Eglise de Norwich mais aussi és autres qui sont ou pourront être du Colloque, Ausquelles Eglises est par ce present Colloque expressément défendu d’admettre le dit Sieur D’Assigni en l'exercice. des fonctions du S* Ministère, Et particulièrement celle de Norwich est exhortée de tenir la main a l’execution de cette sentence, afin qu’elle puisse par ce moyen manifester son désir de continuer en la Communion de nos Eglises, sous la protection du Roy et du Parlement.
88. Aprez la prononciation de la susdite sentence, Question ayant été meuë sur les moyens convenables a l’execution d’icelle, Aprez long débat en quatre diverses Seances du 17e et 18e d’Août, A été avisé quelle seroit délivrée par deus personnages indiferens, l’un desquels même s’est autrefois employé pour la pais de l’Eglise de Norwich : Le Dr De Laune les acompagnant, Et ce avec lettre de la part du Colloque a la dite Eglise, aus fins de l’exhorter a y aquiescer, et aussi de reconoitre leur Ancien Pasteur non seulenfi en paroles mais aussi en efets, en s’acordant avec luy pour ses gages tant au regard du passé que de l’avenir : Et au cas que la dite Eglise n’aquiesce a la Sentence, et ne veuille mettre la main a l’execution d’icelle, Le Dl pourra s’adresser au Magistrat du lieu, Et s’il ne peut avoir le secours de son bras.il sera libre de retourner a Londres, ou d’écrire aus Eglises soeurs pour avoir leur avis, et particulièrement a celle de Londres, Laquelle par ordre et au nom de ce present Colloque luy prêtera assistance envers la treshonorable Cour du Parlement.
89. Quelques FrereS de l’Eglise de Londres s’êtans présentez a la Compagnie, pretendans d’avoir apelé au Colloque sur la détention qui auroit été faite de leur mereau a l’ocasion d’une certaine lettre par eus écrite, Ne paroissant la certitude de leur prétendu apel ont été exhortez a s’adresser a leur consistoire pour luy donner satisfaction, ce qui ayant été fait ils ont été receus a la pais de l’Eglise.
Ês Seances de Mecredy Jeudy Vendredy 19 20 21 d? Août.
90. Sur la Question proposée par l’Eglise de Londres, Assavoir mon si ceus qui aprez avoir entretenu com uni on avec une Eglise s’en retirent sont Schismatiques ou non ? La Compagnie afin de n’éloigner la réunion par une réponse directe, a trouvé bon d’ouïr les Freres qui s’assemblent a Westminster, Lesquels étans venus avec un papier sans date et sans signature, contenant demande d’érection d’Eglise en leur quartier, ont été renvoyez, Pource qu’au lieu de parler de reconciliation ils requéroyent ce que le Colloque ne juge être en sa puissance : Et a cette ocasion fut jugé expedient que l’Eglise de Londres avec quelques Freres du Colloque en comuniqueroit avec Monseigneur le Comte de Pembrook, pour le prier de tendre la main a la preservation de l’unité de la dite Eglise,
91. Sur la Question Comment on doit traiter ceus qui s’absentent ordinairement des Predications et de la Comunion, et s’abstienent de l’exercice de leurs charges ? La Compagnie juge que tels sont dignes de Censure, laquelle leur sera a chacun selon son degré administrée selon la prudence du Consistoire, Lequel au préalable en fera la publication selon qu’il verra en être de besoin, A ce que ceus qui ont été nonchalans en ce point, par leur reformation puissent prévenir la Censure.
92. Le même jugement est fait de ceus qui refusent contribution pour l’entretien du Ministère et des Pauvres, conformément au Col : 5 art. 3e, & Col : 22 art. 13.
93. Lors qu’en une même ville y a conjonction d’une Eglise avec une autre par consentement mutuel, Leur procedures et jugemens ne pourront en aucune fasson préjudicier au droit des Consistoires respectivement, ni a l’authorité des Colloques.