LIVRE DES COLLOQUES
Les Articles du Colloque des Eglises de la langue Françoise, assemblé a Londres, Van 1654 le 7e de Septembre et suivans, Auquel ont comparu,
1. De la part de V Eglise de Londres, Monsr Christophle Cisner
Pasteur, et le Sieur David Bouquet Ancien, et en son absence le Sr Paul Doby.
De V Eglise de Canterbury, Monsr Philippe Le Keus Pasteur, et le Sieur Étiene Du Thoit Ancien.
De VEglise de South-hampton, Monsr Daniel Sauvage Pasteur, et le Sieur Joseph De la Motte Ancien.
De VEglise de Douvre, Monsr Étiene Pay en Pasteur, et le Sieur Michel De Haze Ancien.
De VEglise de Thorn- Abbey, Monsr Ezechiél Daunois Pasteur, et le Sieur David le Conte Ancien.
2. Après la Priere faite par Monsr Cisner Pasteur du lieu, en defaut du President du precedent Colloque, Les Députez de l’Eglise de Thorn- Abbey ont exhibé leurs lettres de creance, et les fondements de l’établissement de leur Eglise, et ont été receus pour être unis et incorporez au Colloque de nos Eglises.
Furent aussi éleus, Mr Daniel Sauvage pour Modérateur, et Mr Étiene Pay en pour enregîtrer les Actes.
3. La lettre des Députez de l’Eglise de Londres a été leuë et aprouvée, et la Compagnie leur a acordé qu’en l’absence du Sr Bouquet leur Ancien le Sr Dobie auroit vois decisive en cette Compagnie et non autrement. Item la lettre de Canturbery a été leuë et aprouvée. Item la lettre de l’Eglise de South-hampton a été leuë et aprouvée. Item la lettre de l’Eglise de Douvre a été leuë, et la Compagnie ne trouvant point que soumission fût exprimée en la dite lettre, s’est contentée d’une soumission verbale.
4. La main d’Association a été donnée a Mr Daunoy Ministre de Thorn- Abbey. Aussi la main d’association a été donnée a Mr Etiene Payen Ministre de Douvre. La seance d’aprez, on a aussi donné la main d’association a Mr Stouppe Ministre de l’Eglise Françoise de Londres. Mr Delmé Pasteur de l’Eglise de Londres s’étant présenté le lendemain a cette Compagnie a aussi receu la main d’association.
5. Sur la Question proposée par l’Eglise de Londres, assavoir en quelle maniéré on publieroit l’excomunication d’une personne qui auroit commis un crime punissable de mort par le Magistrat, corne l’adultere A été répondu que cela seroit laissé a la discretion des Consistoires, lesquels auront egard aus fins de cette haute censure qui est de ramener le pecheur a repentance.
6. Lettre a été receuë de la part de l’Eglise de Monsr Despagne, demandant union avec le Colloque, et particulièrement avec l’Eglise de Londres. La chose ayant été considérée, A été trouvé bon que l’Eglise de Londres qui y est plus particulièrement intéressée entreprît l’afaire, A raison dequoy le Colloque a requis du tems pour considérer la dite lettre.
7. L’Eglise de Londres ayant fait raport a cette Compagnie touchant les désirs unanimes que leur Consistoire témoigne d’avoir pour la réunion de l’Assemblée du Sr Despagne, et la resolution qu’elle a prise d’envoyer quelques uns de son cors a la dite assemblée pour sonder, moyenant 1 avis et aprobation du Colloque, leur disposition a la pais, La Compagnie agréant un dessein si pieus les exhorta de poursuivre cette afaire, et de preparer le chemin a la réunion et referer le résultat au Colloque.
8. L’Eglise de Londres ayant fait raport a la Compagnie que nonobstant beaucoup de bons devoirs qu’elle a faits pour atirer le Sr Despagne a la réunion qu’il sembloit desirer par sa lettre elle ne l’a peu, La Compagnie juge qu’il a négligé les moyens de parvenir a cette louable fin : Neantmoins l’Eglise de Londres pourra traiter avec luy selon que le Consistoire trouvera a propos.
9. Deus Diacres s’etans au nom de deus autres Diacres présentez devant cette Compagnie, comme aussi trois autres freres cy devant Anciens en l’Eglise de Londres, lesquels se disoyent être Députez de la part de plusieurs freres qui avoyent exercé la charge tant d’ Anciens que de Diacres en la dite Eglise, pour oposer une certaine Proposition faite par l’Eglise de Londres, comme tendant selon leur opinion a rétablir les Fêtes en nos Eglises qui avoyent été abolies par le Colloque, Et laquelle causeroit de nouveaus troubles et division de cette Eglise : La Compagnie leur ayant remontré que leur crainte et jalousie provenoit de ce qu’ils étoyent mal informez, puis que la proposition sus-mentionée ne parloit pas du rétablissement des Fêtes mais seulement demandoit éclaircissement de l’Acte du Colloque touchant l’abolition des Fêtes, les a exhortez de se maintenir dans la pais et l’ordre et suivre les voyes ordinaires de la Discipline en s’adressant au préalable au Consistoire.
10. A 1 ocasion de quoy proposition a été faite, Si des particuliers d’un Consistoire peuvent députer quelqu’un au Colloque pour oposer une proposition qui se doit faire au dit Colloque par le même Consistoire ? A été conclu par la Compagnie qu’il n’est pas permis : Mais en cas qu ils craignent que quelque chose ne soit conclu contre leur sentinfi, il leur sera permis de s adresser a quelque membre du Colloque et le prier que leurs raisons ne soyent méprisées avant que la resolution du Colloque soit prise. Et si quelqu’un ne suit ces voyes la Compagnie le juge digne de Censure.
11. Le S1' Du Perier s’êtant présenté plusieurs fois a cette Compagnie, désirant témoignage, après avoir exhibé diverses atestations de son Eglise et d’ailleurs, on luy a otroyé sa demande.
12. Proposition ayant été faite, assavoir Si une Eglise membre du Colloque ne recevant point de profit d’être membre du dit Colloque, il n’est pas permis a cette Eglise là de se détacher du Colloque sans consentement des autres Eglises ? La Compagnie a répondu que non ; Car telle rupture et separation contreviendroit a 1 ordonnance de Jesus Christ, selon laquelle les Eglises particulières doivent avoir telle union ensemble qu’elles ne composent qu’un même Cors: Et que pour cet efet les^ Eglises particulières sont obligées, autant que faire se peut, de se joindre sous une même regie et Discipline, et de conserver cette union et comunion ensemble, laquelle ne peut être violée par aucune personne ou par aucune Assemblée sans faire tort aus Eglises avec lesquelles elle etoit conjointe, qui ont intérêt en leurs membres et sont manifestement endommagez par la perte et separation d’iceus : Joint que si un particulier se séparant de l’Eglise de laquelle il est membre en renonçant a la comunion d’icelle commet une grande faute, La Compagnie juge que l’Eglise ou l’Assemblée qui se détache de la Comunion des Eglises de son ressort tombe sous une pareille et plus grieve reprehension : Yeu qu’une telle separation est plus injurieuse a la gloire de Dieu et beaucoup plus scandaleuse a tous que celle d’une personne particulière.
13. Proposition Si un membre du Colloque proposant une question touchant le bien general des Eglises, sans en avoir charge de son Consistoire, le Colloque en doit decider sans avertir les