SUR LES DÉTERMINATIONS DES POIDS ATOMIQUES DE STA
tombée dans le discrédit à la suite des expériences de Stass M. Hinrichs défend et cherche à réhabiliter.
Le D' Prout, en observant qu'un grand nombre des équiv pris par rapport à 100 d'oxygène sont divisibles par 12,50 valents de l'hydrogène, a voulu voir dans ce fait la preuve de 1 de la matière, qui serait formée, d'après lui, par des condensi plus ou moins grandes de l'hydrogène.
C'est en grande partie en vue d'appuyer cette opinion que E avait entrepris un grand travail de revision des équivaleu Berzélius.
Après la publication du beau mémoire de Dumas, précéd ses recherches classiques sur la composition de l'eau et de 1 carbonique, il semblait que l'hypothèse de Prout devait pr rang dans la science au même titre que celles d'Avogadro et c père. L'unité de la matière paraissait établie sur des bases e: mentales et complétait l'unification des forces de la nature.
Cependant Stass ne tardait pas à remettre tout en suspens.
Des déterminations faites avec un soin exceptionnel, une cr minutieuse des méthodes employées et des causes d'erreurs qi comportent, une précision qui ne paraît pas avoir été atteinte et après lui, conduisaient à une conclusion tout à fait contr celles fournies par les expériences de Dumas. Elles établiss avec une certitude contre laquelle il paraissait difficile de s'insi que, loin d'être des multiples entiers d'une même grandeur 0,5 ou 0,25), les poids atomiques n'offrent entre eux aucune re simple ou rationnelle.
Comme exemples, je me contenterai de citer le soufre, le c le sodium et l'hydrogène.
En prenant comme base du système des poids atomiques = Stass trouve :
S = 32,0626, avec une erreur probable de zfc 0,0042
Cl = 35,4529, avec une erreur probable de ±. 0,0037
Na = 23,0575, avec une erreur probable de db 0,0041
G LES ACTUALITES CHIMIQUES
On le voit, si ces résultats offrent le degré de certitude que leur donne la haute autorité de Stass, il n'y a plus à chercher de preuves de l'unité de la matière en se basant sur Thypothèse de Prout :
Il n'existe aucune relation simple et rationnelle entre les divers poids atomiques.
Hinrichs en appelle courageusement de ce jugement prononcé par Stass et son école.
Ses critiques ne portent pas sur Texactitude matérielle des expériences de rillustre savant belge, mais elles tendent à montrer qu'il ne convient peut-être pas d'admettre, d'une façon trop absolue, les conséquences tirées de ces expériences.
La caractéristique des expériences de Stass réside :
1** Dans les soins minutieux apportés à la purification des produits employés ;
2® Dans la mise en œuvre de grandes quantités de matière, quantité qu'il fait, du reste, varier entre des limites assez étendues. Ainsi, pour le plomb, il réalise dix expériences avec des doses de plomb variant entre 103 grammes et 250 grammes.
Pour l'argent, il effectue neuf déterminations, en faisant intervenir des doses d'argent comprises entre 77 grammes et 404 grammes.
Pour le calcul des résultats il fait intervenir la moyenne générale de toutes ses déterminations.. C'est contre cette manière de procéder que M. Hinrichs s'élève tout d'abord.
La moyenne d'une série d'expériences, dont les résultats diffèrent les uns des autres par de petites quantités, n'a de chance de s'approcher davantage de la vérité que l'une quelconque d'entre elles que si, par suite de circonstances indépendantes des soins apportés par l'opérateur, les valeurs trouvées sont les unes au-dessus, les autres au-dessous de la valeur vraie.
Il s'établit alors une compensation qui, d'après les probabilités, sera d'autant plus complète que le nombre des déterminations sera plus grand. Il est évident aussi que, si toutes les déterminations sont au-dessus de la vérité et inégalement au dessus, la moyenne sera moins exacte que le plus petit nombre trouvé.
Hinrichs cherche à établir que les déterminations de Stass sont toutes affectées d'une erreur systématique et que, par conséquent, la méthode des moyennes ne peut pas fournir des conclusions certaines.