juin
4. « I. Un groupe de quatre figures représentant une Jeune Bacchante enivrée par un Faune, soutenue par une de ses compagnes qui tient un enfant, par M. Michel, sculpteur, deux pieds de haut. Ce groupe, agréablement composé, est d'une belle exécution. L'auteur est frère de M. Clodion, sculpteur du roi.
(I II. Autre groupe représentant un Satyre pressant une grappe de raisin, portant sur son genou une jeune fille qu'il regarde avec l'expression du désir, tandis qu'elle ne s'occupe que d'un enfant qui mange du raisin; par le même.
« III. Autre groupe, représentant une Jeune Femme exprimant le jus d'un raisin dans une coupe pour un enfant; par le même. Ces morceaux, d'un beau style, ont été fort applaudis. » (Bibliothèque nationale, Réserve.)
« ouvrages ont beaucoup de mérite. On y trouve une trop grande « imitation néanmoins de celui-ci, mais cela ne prouve pas e|u'il '( n'en soit pas l'auteur. La figure de Psyché est bien exécutée ; la « tête est surtout remarquable par l'expression. M. Michel invite les « amateurs et les artistes à visiter son atelier et à le voir modeler'. » En dépit des protestations de La Blancherie, nous sommes un peu, quant à nous, de l'avis du public de 1786, et nous inclinons à penser que Clodion retouchait assez largement les ébauches de son frère pour leur imprimer ce caractère commun, cette frappante similitude avec ses œuvres propres. Michel Michel fut de toute façon ou l'un des plus habiles imitateurs, ou l'un des premiers contrefacteurs du maître. Il précéda dans cette voie Marin, Cadet de Beaulieu et tous les modeleurs de terre cuite qui ont souvent et si imprudemment abusé de sa signature. Personne, répétons-le, n'a plus fourni à la copie et à l'imitation peu honnête que Clodion, et le sort l'avait si bien fait pour être dépouillé qu'il rencontra les plus déterminés de ses plagiaires dans le sein même de sa famille. L'un de ses frères, Pierre Michel, lui avait emprunté sa manière, son genre, ses sujets; un autre, Michel Michel, ses dessins et sa coopération, et le dernier, Sigisbert, lui avait volé à l'avance la seule chose qui pût lui rester : son nom.
L'atelier, que le rédacteur de la Correspondance assignait comme rendez-vous aux détracteurs de Michel Michel, n'était autre que celui dont il avait hérité de Clodion, après le mariage de ce dernier, en 1781. A cette date, en effet, le sculpteur, fatigué de son long célibat, avait pris femme. Le 26 février, il conduisait à Saint-Germain-l'Auxerrois la jeune épousée, Catherine-Flore'