GÉNÉALOGIE DES MICHEL
Claude Michel, muTchaaà, et Jeanne Vuiltaume, origioaires de Metz.
Documents I, II et III. Thomas Michel, né à Metz (habitant Nancy depais 1703), marchaud, et marchand traitenr, qualifié aussi premier scolpteur du roi de Prusse, éponsa le 30 octobre 1725 demoiselle Anne Adam, fille de Sigisbert Adam, sculpteur, et de demoiselle Sébastienne Le Léal.
Sigisbert- Martial Michel, né à Nancy le 13 janvier 1727, paroisse Saint-Sébastien. (Doc. IV.)
Nicolas Michel , né a Nancy le 17 novembre 1733, paroisse Saint- Rocb.
(Doc. IX.)
Sigisbert-François Michel, né à Nancy, 24 septembre 1728, paroisse Saint- Sébastien ; mort à Paris, le 21 mai I8l . (Doc. V.) •
Anne - Françoise Michel, née à Nancy le 13 décembre 1734, paroisse Saint- Rocb. (Doc. X.)
Glande • François Michel, né à Nancy, 22 novembre 1729, paroisse Saint -Sébastien. (Doc. VL)
RarbeMichel, née i Nancy le 7 mai 1 736, paroisse Salnt- Roch. (Doc. XL)
Laurent Michel, né à Nancy le 28 février 1731, paroisse Saint - Sébastien.
(Doc. VIL)
Pierre-Joseph Michel, né à Nancy le 2 novembre 1737, paroisse Saint-Rocb.
(Doc. XII.)
Anne-Sébastienne Michel, née à Nancy le 29 juin 1732, paroisse Salnt-Roch.
(Doc. VIII.)
Claude-Michel, dit Clodion, né à Nancy le 20 décembre 1738, paroisse Saint-Roch; décédé à Paris le 28 mars 1814. (Doc. XIII, XIV. XV.)
Il est impossible de séparer la famille des Michel de celle des Adam, l’éducation non moins que la parenté les rapprochent.
Clodion, le plus jeune des fils de Thomas Michel, est aussi le plus célèbre.
Nous voudrions apporter quelques pièces inédites susceptibles d’aider à son histoire, encore qu’il ait eu de nos jours d’excellents biographes en MM. Thirion et Guiffrey ; mais il n’est monographie si étudiée qui ne puisse être complétée sur quelque point.
L’acte de mariage du père de Clodion indique Thomas Michel comme étant originaire de Metz, paroisse Notre-Dame.
Nous nous sommes rendus dans cette ïille, et, grâce au bienveillant concours de M. l’archiviste municipal, nous avons acquis la certitude que lors de son mariage, Thomas Michel, /sZs des deffuncts Claude Michel et de Jeanne Vuiïlaume et non Erdelaumer, ainsi qu’on l’a écrit à tort, a fait erreur en déclarant au curé Kemy, de Saint-Sébastien à Nancy, que ses parents défunts étaient originaires de la paroisse de Notre-Dame de Metz.
Il n’y a pas eu, avant la Révolution, Ae, 'paroisse Notre-Dame à Metz, mais Thomas Michel habitait Nancy depuis vingt-deux ans, lorsqu’il s’est marié en 1725, et sa mémoire l’a trahi quant au nom de la paroisse où ses père et mère avaient habité.
Seule, la chapelle des Jésuites à Metz était placée avant 1789 sous le vocable de Notre-Dame.
Nous avons cherché dans les registres des paroisses de Metz, avoisinant le quartier de la chapelle des Jésuites, depuis 1680 jusqu’en 1704, mais nous n’avons obtenu aucun résultat. La naissance de Thomas Michel nous échappe.
C’est le trentième octobre et non le treizième, ainsi qu’on le voit transcrit dans l’ouvrage de M. Thirion, qu’eut lieu le mariage de Thomas Michel, et sa mère s’appelait Jeanne Vuiïlaume Binon Erdelaumer. Il est dit au cours de l’acte a qu’en conséquence de la dis- « pense dés deux autres bans accordés par Monsieur l’abbé dé Laigle, a. official de l’Évêché de Toul, en datteduvingt-sixiesme d’octobren , il pouvait être procédé à la célébration du mariage; or,, si la cérémonie avait été célébrée le 13 octobre 1725, on n’aurait pas eu à bénéficier des dispenses délivrées seulement le 26 du même mois.
Les noms des témoins ne sont pas exacts dans l’ouvrage cité plus haut. C’est Soucany, advocat à la Cour, et non Soucang; Joseph Rolin, et non Robert, qu’il faut lire.
On retrouve plusieurs actes relatifs à la famille des Soucany, avocats à Nancy.
Divers documents permettent d’établir les relations existant entre les Michel, Jean Lamour ', les Le Noir, les Euriot.
' Auteur des merveilleuses griltès en fer forgé qui font l’ornement de la place Stanislas, à Nancy.
Le 5 octobre 1724, on baptise' Nicolas-Cbarles, fils de Jean Lamour, maître serrurier, et de Dieudonnée Michel; c’est Poirot, le graveur de Son Altesse, qui est le parrain; le 11 novembre 1727^, baptême de Sigisbert, fils de Jean Lamour et de Dieudonnée Michel. Enfin celle-ci est marraine le 11 octobre 1743, à la paroisse de Saint-Roch de Nancy, de la fille de Louis Le Noir, sculpteur. Les Le Noir étaient alliés aux Adam et par contre aux Michel. Nicolas- Sébastien Adam avait épousé Thérèse Le Noir. Le 10 janvier 1726, Claude Michel, jardinier à Nancy, est parrain de Catherine, fille de Jean Lamour et de Dieudonnée Michel. Une .Marie Michel, épouse de François Euriot, fondéur à Nancy, baptise sa fille"; ces Euriot, tondeurs, étaient alliés aux Lambert Adam, fondeurs.
Toute une dynastie d’orfèvres, portant le nom de Michel, existait à Nancy depuis la seconde moitié du dix-septième siècle jusqu’à la seconde moitié du dix-huitième.
L’un d’eux se nommait Claude, ayant le même prénom que le grand-père paternel de Clodion. Il était né et avait été baptisé le 20 octobre 1686, à la paroisse de Saint-Sébastien de Nancy; il était fils de Gporges Michel, tailleur de pierre .
En 1687, à la même paroisse, un Claude Michel est baptisé; c’est le (ils d’Anthoine Michel, maître orfèvre, et de Marguerite Allié".
A propos des Adam, nous avons signalé la découverte que nous fîmes, aux Archives de Nancy, de l’acte de baptême de Anne Adam, mère des dix enfants dont Claude Michel (Clodion) fut le dernier.
Ces enfants étaient :
Sigisbert-Martial , né et baptisé le 13 janvier 1727 (paroisse Saint-Sébastien), que beaucoup confondent avec son frère Sigisbert- François, né et baptisé le 24 septembre 1728. Puis vinrent Claude- François, né le 22 septembre 1729, baptisé le lendemain; Laurent, le 18 lévrier 1731, tous ceux-ci baptisés à la paroisse Saint-Sébastien de Nancy. .Mais là ne s’arrêta pas la fécondité de Anne Adam. On baptisa, à l’église Saint-Roch de Nancy, Anne-Sébastienne, le
■ Paroisse Saint-Sébastien de Nancy.
Ihid.
“ Paroisse Saint-Roch de Nancy.
" Ne serait-ce point le frère de Thomas Michel?
" Les Allié étaient parents des Adam et des Michel.
29 juin 1732, puis Nicolas, né le 17, baptisé le 18 novembre 1733; Anne^Françoise, le 13 décembre 1734; Barbe, le 7 mai 1736; Pierre-Josepb, le 2 novembre 1737, et enfin Claude, le 20 décembre 1738', connu sous le nom de Clodion, et dont le baptistaire ne porte bien que le prénom de Claude.
Une question importante a été soulevée au sujet de Thomas Michel, père de Clodion et des autres enfants. Dans les actes de baptême de ceux-ci, il est tantôt qualifié : marchand, en 1727, 1728, 1729, 1731, 1732 et 1733, puis de traiteur en 1734, de marchand pourvoieur de Son Altesse, en 1736, de marchand en 1737 (on a effacé les mots « pourvoieur de la Cour » , pour y substituer le mot marchand), et enfin en 1738, on le voit à nouveau qualifié marchand traiteur.
D’autre part, dans l’acte de baptême du fils de Cbarles-Antoine Vanloo, le 25 juillet 1748, à Lille *, on voit une Anne Adam, femme de Thomas Michel, marraine.
On s’est demandé s’il était possible que Anne Adam, de Nancy, femme de notre Thomas Michel, mère d’une aussi nombreuse famille, ait quitté son dernier fils, Claude (Clodion), âgé à cette époque de dix ans, pour aller faire un aussi long voyage, dans l’unique but d’être marraine d’un enfant étranger. Bien plus, l’acte, d’après M. Thirion, est signé ainsi parla marraine : « Anne Adam, femme de Thomas Michel, premier sculpteur du roi de Prusse, DEMEURANT A LiLLE. u
Le père et la mère de Clodion auraient donc tous deux abandonné leurs enfants à des parents à Nancy, ou les auraient emmenés avec eux. Si nous consultons la publication allemande de M. Paul Seidel’ au sujet de Thomas Michel, nous voyons que, malgré toutes les recherches faites par cet auteur, aucun renseignement n’a pu être fourni jusqu’ici sur le séjour et la mort de Thomas Michel en Prusse. D’autre part. Pacte de mariage de Clodion à Paris, en date du lundi 17 février 1781, est ainsi rédigé : « Claude « Michel, surnommé Clodion, âgé de quarante-deux ans passés,
‘ M. de Villars a cité en 1862 plusieurs auteurs qui donnaient comme dates de naissance de Clodion : 1740, 1745, et, d’autre part, Mariette le fait naître à Strasbourg, alors qu’il est Nancéien.
® Dictionnaire de Jal.
^ Jahrbuch, déjà cité.
tt fils de défunt Thomas Michel, marchand traiteur et de d’ Anne
Adam absente et dont le domicile est inconnu, d
N’attachons pas d’importance à la qualification primitive de « marchand traiteur » donnée ici à Michel. C’est assurément le résultat de la transcription littérale de l’extrait du baptême de 1738, obtenu de Nancy, pour la célébration du mariage.
Rappelons également, en parlant des Adam, au sujet de Anne Adam, femme de Thomas Michel, que l’acte passé à Nancy, chez le notaire Serment, le 7 novembre 1785, constate qu’un a Thomas ■< Michel, sculpteur à Nancy, était mort à cette époque, et que sa
veuve, D"‘Adam,avendu,le7novembrel785, pour 1,600 livres» .
S’il est vraiment question, ici, d’Anne Adam, fille de Jacob- Sigisbert, comme elle était née le 29 mai 1707, elle était âgée de soixante-dix-huit ans en 1785.
M. Thirion dit, à propos de la résolution prise par Thomas Michel de quitter Nancy pour Berlin, a que cette situation s’explique « par le départ de la Lorraine de son dernier duc François II, qui tt cédait la place à Stanislas et fait croire qu’en qualité de Lorrain, Il il ne voulut pas servir sous un nouveau maître » .
Il semblerait étrange que ce fût pour un semblable motif que Michel eût quitté Nancy en 1738, époque de la prise de possession du duché de Lorraine par Stanislas.
Il convient plutôt de penser qu’il a quitté la capitale de la Lorraine, en 1742, pour aller à Berlin accompagner l’envoi du cardinal de Polignac.
On a objecté que les actes de baptême de ses enfants ne le qualifiaient pas de sculpteur, tandis que celui du fils de Vanloo, rédigé en 1748, indique un Thomas Michel, premier sculpteur du roi de Prusse.
Il n’est pas impossible que Thomas Michel ait été, dès son enfance à Nancy, initié à l’art de la sculpture par Jacob-Sigisbert Adam; ce dut être en fréquentant l’atelier et la maison du maître qu’il connut et épousa une de ses filles, Anne Adam. Il a pu joindre à la pratique de Part un commerce de marchand, pourvoyeur ou traiteur.
Cette question si mystérieuse jusqu’ici méritait d’être résolue. Jusqu’au dernier moment nos recherches dans les Archives municipales de Nancy ne nous donnaient aucun résultat à cet égard.
Nous trouvions bien des nominations dans les k Résolutions du Conseil de Ville « , le 6 juillet 1729, le 7 juillet 1731, le 1" mars 1732 et en 1733', mais postérieurement à l’acte de baptême de son dernier fils, Clodion, né à Nancy le 20 décembre 1738, aucun renseignement ne nous est tombé sous les yeux. Nous avons compulsé tous, les registres de toutes les paroisses de Nancy, depuis 1738 jusqu’à la fin du dix-huitième siècle. Ils sont muets sur le compte de Thomas Michel. Par contre, l’acte de décès de la femme de Thomas Michel, Anne Adam, nous apporte la preuve que le père de Clodion, l’époux d’Anne Adam, était bien un sculpteur de profession, et que c’est bien lui qui porta le titre de « sculpteur de feue sa Majesté prussienne n . Eu voici la teneur : « Anne Adam, Il native de Nancy âgée de quatre-vingt-quatre ans, veuve du sieur Cl Thomas Michel sculpteur de feue Sa Majesté prussienne est décé- 11 dée entre onze heures et minuit, le douze aoust mil sept cent ü quatre-vingt-sept inhumée au cimetière de la paroisse en prétt sence des sieurs Claude Louis Puiseur, conseiller du Roy, doien Il des échevins de la ville de Nancy et qui a signé avec nous et K entre Joseph Thiéry prêtre de la Communauté :
PuisEOK Thierry, Guilbert, D. J.
prestre de la communauté, curé de Saint-Sébastien.
Il Le mot Michel ajouté est le nom de famille qui est approuvé
' En 1733, signification donnée à Michel (Thomas) par Jean-François Didot, maître de la maîtrise des rôtisseurs. (Chambre des cuisiniers traiteurs, etc. Corporations, liasse 6. Archives municipales de Nancy.)
Un antre Michel est maître de celte corporation, de 1771 à 1773 inclus. Les actes ne mentionnent pas son prénom.
Résolutions du conseil de ville (BR, 23, 24), Archives municipales de Nancy : 6 juillet 1729, 7 juillet 1731. Thomas Michel, élu collecteur pour « l’escuelle des âmes de la paroisse de la Ville Neuve > .
Le 1" mars 1732, Michel, marchand, et le sieur Léal sont nommés chastelliers de la paroisse Saint-Roch de Nancy.
Un Léopold Michel, bourgeois de Nancy, est choisi le l*^’’ mars 1732 pour aider le sieur Dominique .dllié,àgo de quatre-vingts ans, dans les fonctions de quartenier, « ledit Michel jouissant des exemptions accordées aux autres quarteniers i . Ce même Léopold Michel fut nommé le 20 décemhre 1732 commissaire du quartier de Saint-Roch, pour veiller à tout ce qui concerne la police dans cette paroisse. Nous avons retrouvé le décès de Léopold Michel, marchand et doyen des commissaires de quartier, époux de Françoise Poirel, âgé de soixante-dix ans, à sa mort, le 18 novembre 1767 (Saint-Roch de Nancy.)
tt JofTroy vie. de Saint-Sébastien, Gnilbert D. J. curé de Saintii Sébastien ' » .
Claude-Louis Puiseur, conseiller du Roi et doyen des écbevins de Nancy, qui en 1787 signa l’acte mortuaire d’Anne Adam, mère de Clodion et fille de Jacob-Sigisbert Adam, était le fils de Nicolas Puiseur. Celui-ci était lui-même juge-consul de Lorraine et du Barrois et marchand du roy de Pologne duc de Lorraine et de Bar et avait épousé D"' Françoise Le Léal, nièce de la mère d’Anne Adam, ainsi qu’en témoigne Pacte que nous avons retrouvé dans les Arcliives municipales de Nancy
Par contre, il ne peut plus être question du motif qui aurait empêché Thomas Michel de se mettre au service du roi Stanislas. Les beaux-frôres et plus tard les fils de Thomas Michel, bons Lorrains, ont-ils hésité à partir et à se fixer eu France, en Allemagne, et Nicolas Sébastien Adam a-t-il refusé de faire, en 1747, le tombeau de la reine de Pologne?
Ceci dit, ajoutons que la biographie de Clodion se précise vers sa dix-septième année, dès 1755. On suppose qu’il fréquenta dès son jeune âge l’atelier de son grand-oncle maternel, le vieux Jacob-Sigisbert Adam, dans la belle maison de la rue des Dominicains à Nancy. Il part pour Paris et devient le digne élève de son oncle Lambert-Sigisbert Adam. En 1759, à Page de vingt et un ans, l’Académie lui décerne le Grand Prix.
Pigalle l’avait eu aussi pendant quelques mois dans son atelier. Il était sorti de l'École des élèves protégés, et avait cédé la place à Louis-Simon Boizot, qu’il retrouva ensuite en Italie.
Le frère de Clodion, Sigisbert MiebeP, remplaçait son oncle défunt, François-Gaspard Adam, à Berlin, ainsi qu’il a été prouvé, et Clodion arrivait à Rome le 25 décembre 1762; il resta au palais Mancini jusqu’en juin 1767 et revint à Paris en 1771.
’ En établissant l’acte de décès d’Anne Adam, te 12 août , on a commis une erreur en lui donnant quatre-vingt-quatre ans; elle n’en avait que quatrevingts, étant née le 30 mai 1707. C’est sa sœur Barbe Adam qui est née le 29 octobre 1703. Les baptistaires dont nous reproduisons les calques sont précis à cet égard.
^ 2 février 1738, paroisse Saint-Roch de Nancy.
= On ne sait exactement si c’est de Sigisbert-François Michel ou de Sigisbert- Martial qu’il s’agit.
L’année suivante, Clodion passait avec le comte d’Orsay le marché que nous publions plus loin (page -44 ').
On sait que Clodion fit encore un voyage en Italie, vers le commencement de 1774, mais surtout dans le but de choisir des marbres à Carrare, pour le fameux jubé de la cathédrale de Rouen, jubé qu’on vient de démonter récemment^.
Mais cette absence fut de courte durée, et, vers le mois d’août, l’artiste rentrait à Paris.
Lors de son mariage avec Flore Pajou, nous relevons parmi les noms des témoins celui de Michel Le Noir, cousin de Clodion, et nous voyons dans les registres des Archives municipales de Nancy un certain nombre de membres de la famille Le Noir, choisis pour parrains et marraines des enfants Adam et Michel; Thérèse Le Noir était, du reste, la femme de Nicolas-Sébastien Adam.
Clodion, dont la fortune dura vingt ans, quitta Paris aux débuts de la tourmente révolutionnaire et revint dans sa ville natale, poussé plutôt par le manque de travail que par la crainte d’être dénoncé comme suspect.
D’après une légende très accréditée à Nancy, Clodion se serait caché dans la maison qu’il décora de si saisissantes allégories patriotiques, rue Saint-Dizier, p” 22 ; mais il est prouvé aujourd’hui,
‘ L’église d’Orsay ne renferme plus aucun souvenir des comtes d’Orsay, mais leur chapelle funéraire, qui en est séparée par un espace d’environ un mètre, communiquait autrefois avec elle.
Cette chapelle présente la forme d'une tour dont les murs, très épais, et la crypte sont seuls intacts, un incendie survenu vers 1853 ayant détruit la voûte de la toiture et l’ornementation intérieure. La crypte, qui a conservé sa forme primitive, sert aujourd’hui de fromagerie; l’étage situé au-dessus contient deux pièces assez spacieuses dont les plafonds modernes supportent une sorte de grenier fort élevé de forme octogonale. Dans quatre pans intermédiaires on remarque fort bien les empreintes de quatre pyramides qui devaient, selon toute apparence, faire partie des mausolées des comtes et comtesses d’Or.say.
La coupole qui éclairait cette vaste four fut détruite lors de cet incendie. Il ne reste aucun vestige de la tribune avec motifs égyptiens ni du mausolée dus au ciseau de Clodion. L entrée de la chapelle porte encore un fragment de frise retenu par deux appliques sculptées. Un souterrain relie la crypte au château, ou du moins aux fondations de l’ancien château, sur les ruines duquel on a édifié une construction moderne.
s iVous ferons remarquer que l’une des ligures en bois sculpté, de grandeur naturelle, qui ornent les angles du catafalque de la cathédrale de Nancy, a une ressemblance frappante avec celle de sainte Cécile que Clodion exécuta pour la cathédrale de Rouen.
PAlViVEAU MODELÉ PAR CLODION
CHATEAU GRIÜNOy, yAXCY (Moulage. Colleclion Jacguoi.),
par les nombreux travaux qu’il a faits pendant son séjour en Lorraine, qu’il y vécut tranquillement ‘.Il ne vint pas à Nancy pour se reposer, mais, croyons-nous, pour chercher une diversion à ses chagrins domestiques^; son divorce avec sa femme. Flore Pajou, fut en effet prononcé pendant son séjour dans cette ville % le 13 pluviôse an I. La diversion cherchée, l’artiste la trouva dans le travail.
Le Château Grignon (aujourd’hui transformé en usine), rue Claudot, était autrefois une sorte de villa bâtie hors des fortifications, dans le redan du bastion des Dames, attenant au palais ducal, à l’emplacement des fossés comblés par l’ordre de Richelieu. Cette habitation, sans doute la retraite dissimulée de quelque joyeux viveur à l’époque de la Révolution, était une coquette et charmante cachette masquée par un fouillis de verdure. La seule pièce intacte est, au premier étage, lachambre à coucher, toute boisée avec les panneaux supérieurs garnis de motifs dédiés à l’Amour, modelés par Clodion ; fig. 3, la cbeminée en pierre est ornée de sculptures allégoriques ainsi que l’alcôve. Quant au rez-de-chaussée, où se trouvaient aussi des panneaux de Clodion, il a été transformé en logements d’ouvriers; Clodion a-t-il habité cette charmante retraite*?
Nous avons eu la permission du propriétaire actuel, M. Pernot, de prendre des moulages des panneaux. Dans une autre maison de campagne située à proximité du Montet, près Nancy, nous avons découvert un kiosque de jardin d’été dont les murs sont extérieurement décorés de bas-reliefs de Clodion. Ils représentent une lutte d’amours à cheval sur des boucs, lutinant une chèvre ou grimpant sur des arbres.
* Voir ci-contre, ptanclie XXXVII.
® M. Jules Guiffrey, dans son étude sur Clodion, parte des tristesses qui assaillirent notre artiste. Il avait fait élever une fille, Marie-Augustine, née d’une liaison éphémère. Cette tille abandonna deux fois son malheureux père pour suivre un nommé Marin, élève préféré de Clodion; elle se maria plus tard, eut des enfants, et mourut dans une profonde misère. (J. Guikfrev, le Sculpteur Clodion, p. 407 : Gazette des Beaux-Arts, mai 1893.) Voir notre étude, p. 95.
3 lef février 1794.
* Cette maison a appartenu aussi à M. le comte Molitor. Le genre d’ornementation de Clodion a été reproduit en carton-pâte mélangé de colle et de sable par jin nommé Detrois, demeurant à Xancy, à l’époque, faubourg Saint-Pierre, rue de Strasbourg actuelle. Nous avons aussi remarqué, dans le jardin de la propriété de M. Pernot, quatre belles statues en pierre représentant des dieux de la mythologie.
Enfin plusieurs médaillons et bas-reliefs existent encore dans un ancien café de Nancy. Des statuettes, se rapprochant de celles des candélabres dits du Garde-Meuble,, complètent celte série. La librairie Gonet (rue des Dominicains, n°‘ 12 et 14, à Nancy) possédait aussi, au-dessus des rayons de sa bibliothèque, quatre frises de Clodion représentant les Quatre Saisons. L’une de ces frises a été brisée. Les trois autres furent sauvées, grâce à l’intervention d’un artiste consciencieux et connaisseur, M. Martin, ancien maître menuisier de Nancy, à qui nous sommes redevables de précieux renseignements. Ces frises furent généreusement données au musée Lorrain par M. Brouillon, propriétaire de l’immeuble où elles se trouvaient. C’est tout ce que possède la ville de Nancy de l’artiste qui nous occupe.
Clodion trouva à Nancy de nombreux amis, mais il reçut un accueil tout particulier dans la famille de l’architecte Grillot. Nicolas Grillot possédait une propriété à lioudonville, près Nancy, au lieu dit « la Croix gagnée ». Cette propriété était appelée la Calaine, parce que, dit Lionnois, « depuis son sommet qui borde «le chemin élevé de la carrière qui en est voisine, cWe cale ou « baisse jusqu’à son extrémité qui ne finit qu’au bord méridional « du ruisseau qui alimente le moulin » .
Lionnois cite un groupe de Bacchus et Ariane, de grandeur naturelle, dû au sculpteur Labroise de Nancy, placé dans un salon de verdure et d’acacias à la Calaine. Dans un autre bosquet voisin était une statue de Bacchus sur son piédestal. De vieux Nancéiens nous ont affirmé qu’il y avait dans cette maison de campagne un assez grand nombre de statues et d’ornements intérieurs dus à Clodion. Nous regrettons que tout ait été dispersé, mais Clodion a sculpté le médaillon de Grillot.
L’architecte est représenté de proportion naturelle, avec les cheveux relevés en natte et maintenus par un peigne en haut de la tête, à la mode des Incroyables .
Grâce à l’obligeance de .M. Ferdinand Genay, architecte diocésain à Nancy, arrière-petit-fils de Grillot, possesseur du médaillon, nous avons pu en prendre un moulage (fig. 4).
Citons encore deux Faunes enfants, terre cuite, absolument originaux, faits par Clodion à Nancy, qui les exécuta pour'M. Deguillay, ancêtre de la famille de M. Cordier, ancien député de Toul.
GÉMÉALOGIE Ili;s j^AM.
Il'ilIMlÈs LES AnClIIVKs jiCN'ICI
N’oë! Adnm, masson, brtpfisé le 30 juillet 1605, reçu bourgeois de Nancy le -24 avril 1658. (BH, 41.)
Nicolas Adnm, François Adam, Jean Adam,
menuisier, époui de maître charpentier, maître charpentier, llarhe de La Salle. (Hùle des bourgeois (iiûle des bourgeois de Nancy, llli, 41.) de Nancy, lill. 41.)
Sigisberl Adam, sculpteur. (Cité par M. THtiiKA', les Adam. p. 2-2.)
Fraiicois-Sigisbert Adam, baptisé le 17 juillet 1671, eut lin fils Lambert Adam, qui devint capitaine du cbàteau de Luneville.
Nicolas-François .Adam, baptise le 10 décembre 1673 (Saint-Sébastien de Nancy).
Claude .Adam, soiur jumelle de Lambert Adam, née le 28 avril 1640, à Nancy, paroisse Saint-Sébastien.
Lambert 11 Adam, -jodMr.
né le 28 avril ifii; (paroisse Saint-Sébastien de .\. py). mftrié a Anne Ferry, dite I)a.Btâ,Ter8 1669, mort à Nancy J, 13 avril 1721 (paroisse baint-.>«biilien).
Anne Ferry m,mrui i Nancy le 28 septembre ,'70.', -paroisse Saint-Sébastien ■ ; iisevroattrene enfants. Anne berry êtaitoéeà Nancy en 1645.
Fiàieoi»^ et Adaa.bap- Adai lise Hjoil- lise’ let l-:*3. 167t
1^ Jacob'-Sigisbert Adam, sculpteur, lils de Lambert .Adam, fondeur, et do Anne Ferry, dite Dauphin, baptisé le 28 octobre 1670 iSaint-Sébastien de Nancy), marié à Sebastienne Le Leal,le23 juin 1699, à Essey-lez-Nancy, qui mourut le 16 août 1736, à Nancy (paroisse Saint-llocb) . J. -S. .Adam mourut à Paris le 7 mai 1747. (Foir document II.) .
2^" Claude- Lambert Adam,
baptisé 21 septembre 1672 (Saint - Sébastien de Nancy).
3" Jean Adam, 4° Charlotte “ ^ Adam,
baptisé 18 oc- » n
tobre 1673 baptisée 25 avril
5° ilarguerite .Adam,
baptisée 2l juin 1679 (id.).
6° Dominique I 7- Ificolas-Fra Adam, a
» . » bapi sé 23 senti
baptisé 22 août (id. épousa Jeen 1681 (idj). née (irnlB, et fui
courdeXaocy, et
Nicotas-Josepb .Aénn, > baptisé le 12 juin i72â.«^' bs
1° Lambert - Sigisbert Adavi, sculpteur , baptisé le 10 octobre 1700, paroisse Saint -Fpvre de Nancy. Mort a Paris le ,13 mai 1759. (Voir documents III, IV, V.
'2° Marguerite-Françoise Adam, baptisée le 22 juin 1702, paroisse Saint-Epvrc de Nancy. Marraine : Marguerite Adam, sa tante.
(Voir document VI.)
3” Pai'be Adam, baptisée le 29 octobre 17ti3, paroisse Saint-Epvre de Nancy. (Voir document VIL)
40 Mcolas-Sébastien Adam, sculpteur, né le 22 mars 1705, paroisse Saint-Epvre de Nancy, a eu pour parrain Nicolas-François Adam, dvocatàla Cour, son oncle ; marraine : .Anne Ferry. Epousa, le I3 février 1757, Cbristine- Tbérese 1-euoir. Il mourut à Paris lo 27 mars 1778. (Voir documents VIII
iN.x.xr.)
50 Anu* Âdsi-..s, baplis’f'is 30 ma Sainf-^^ilîeQ de î Anne OUBS
le 30 cctobre 1725 ; dont ie dernier fut dion. Adamn
12 acn;! 1787. (Vo:
Aliche^'3odioo.j
Louis- Charles Adam, (îaspard Adam, baptisé le 2 septembre 1760, à Paris, paroisse Saint-dermain l’Auier- Kuis.
Jean - Cburlcs- .Adam.
NicoUi
Claude .Adam, joaillier, 1615,
échevin d’église en 1616.
DE A'AVCV