‹ Les Adam et les Michel et ClodionChapitre 18 sur 32 · JABLONOSWKI A CLODION SCR CN MONUMENT DE COPERNIC · texte numérisé non relu

JABLONOSWKI A CLODION SCR CN MONUMENT DE COPERNIC

Du Havre, ce 6 août 1803.

Sixième pièce, cote trois.

Charmé de pouvoir me rappeller encore à votre amitié Monsieur Glodion, je m’empresse de vous envoyer en même tems les détails de la statue de Kopernic comme je désireroi de l’avoir groupée à la suite de la Machette que vous avez déjà arrangé d’après mon idée.

Kopernik doit avoir l’air et le maintient noble et une phisionomie fière, preocupée de quelque objet profond; l’attitude d’un homme qui met le pied droit en avant comme pour monter sur le demi-globe posé sur un piedestale quarré, l’autre pied est presque en l’air mais désiné noblement. — Il doit être costumé selon son portrait en estampe que M' le Professeur De la lande m’a promis de donner, mais si costume n’est pas assez noble il faut lui donner le manteau fourré de Docteur de l’Université puisqu’il a professé l’astronomie à Padoue. — 11 faut prendre des renseignements très exactes sur cela pour ne pas faire des anacronisme. Il faudroit voir si la fourrure Polonoise à manche très étoffée et doublée

d’une pelisse épaise partout et aux bords des manches ne ferpit pas bon effet, mais c’est alors quand on ne peut pas le costumer en manteau long académique. Kopernic doit tenir sa main droite en avant, un peu en attitude héroïque, dévançante le globe un peu pencbéee surtout les deux doigts comme s’il ordonnoit le mouvement à la terre. — De la main gauche il doit retirer en ariere le voile ou la drapperie qui couvre le trophée des différents instruments astronomiques.

Du côté gauche de Kopernic doit être posé un trophée différents instruments astronomiques inventés après le système de Kopernic et à la suite de son opinion. — L’arrangement de ce trophée doit être léger, beaucoup de transparence et qu’on doit voir de coté, tant que la drapperie épaisse puisse laisser le coté découvert. — La drapperie qui doit représenter le voile obscur d’ignorance doit être comme la nuit parsemé d’étoiles, et doit avoir des plies larges contrastantes par son épaisseur avec les plies multipliés et plus fiues de l'étoffe du manteau fouré académique qui doit être drapé noblement et élégamment pour faire harmonie avec le reste de la grouppe.

Du coté droit de Kopernic un peu plus en avant doit être placé le Préjugé dont l’attitude demande beaucoup des soins. Le Préjugé sera représenté sons la forme d’un vieillard, nerveux, musculeux, presque décharné large d’épaules et de corps, nue mais placé décemment, ses cheveux et sa barbe d’un grand abandon. — Il doit être accroupi, comme s’il prenoit racine mais ayant l’air d’être forcé par le système de Kopernic de s’élever. — La partie inférieure de son corps doit encore être presque acroupi, mais son indignation fait faire un mouvement à la partie inférieure de son corps qui le fait tourner un peu du coté opposé à la statue et un peu avancer en avant dépassant un peu la statue de Kopernic, ses mains levés inégallement une presque vis avis sa tête et un peu éloignée l’autre beaucoup plus haut que sa tête et tenant un livre ouvert é la main avec le passage de la Bible ou Josue s’écrie Sta sol, et la tournant du coté du soleil comme s’il protestoit. Il y a je crois une statue de la groupe de Niobé qui donne à peu près l’idée de l’attitude, mais elle doit être plus horrible qu’élégante. L’austre annonçoit Tétonuement et la crainte, celleci doit annoncer l’indignation et l’entettement. — Je ne sais s’il ne seroit pas plus beau de ne pas mettre aucune drapperie sur le corps du préjugé, mais si on ne peut pas la placer de rnanière à cacher sa nudité indécente il faut lui jeter sur l’épaule un pan de drapperie comme un manteau lyrrique autant qu’il faut pour qu’il tombe sans affectation sur ses nudités.

Le globe sous les pieds de Kopernic doit être dessine en carte géographique un peu en bas-relief. La Pologne pays natale de ce grand homme doit être au milieu dans la situation remarquable. — Il faudroit que le

modèle soit la sixième partie de la grandeur de la statue qui doit être de Douze pieds.

Je laisse a l’etendue des talents de Monsieur Glodion et au feu de son genie que j’ai distingué en lui dans le peu d’espace de temps que je l’ai connu, le développement avantajeux de mon idée que je lui confie pour être exécuté en modèle.

Je ne suis pas pressé pour l’avoir sitôt, j’aime plutôt qu’il soit soigné, mais si vous voulez m’écrire, Mossieur, pour quelque observation analogue je vous prie de faire remettre vos lettres chez M' Feratini Rue de Mariveaux n» 522 près le Théâtre Italien.

Je m’empresse en même temps de vous assurer de l’étendue du prix que je mets à votre talent et votre mérité étant. Monsieur,

Votre très dévoué et très obéissant serviteur,

Joseph Vie" Jabloxowski.

JABLOXOVVSKI A DELALANDE. - LE MONUMENT DE COPERNIC.

Ce 14 termidor an XI, Paris.

Septième pièce, cote trois.

Monsieur le Professeur Delalande,

Quand j’ai eu l’honneur de vous faire part de mon projet d’eriger une statue de bronze au célèbre Kopernick dans sa ville natale de Thorn comme hommage à celui qui honorât notre Patrie, j’étois tant flatté de l’aprobationd’un savant si renommé dans cette partie de hautes sciences que j’ai prié incessamment M" Glodion artiste distingué de m’en faire le modèle d’après mon idée, et de vous demander Monsieur le Professeur des instructions sur le costume convenable à cette statue et de vous prier de ma part de lui donner le portrait en Estampe de ce grand homme que vous avez bien voulu m’offrir. ’

Très peiné en même tems que pressé de quitter Paris je suis privé de l’agrément de venir vous voir chez vous et vous reiterer l’aveu des sentiments distingués qu’a l’honneur de vous porter. Monsieur le Professeur,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

Joseph Vie' Jablonowski.

BACCHAiV'TES ET F A t Ai ES AU HIBOU

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MARQUIS d’aRTIGUES. — PAYEMEXT A CLODION.

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Huitième pièce, cote trois.

Nous payerons au premier octobre mil sept cent quatre vingt cinq, moi ou ma femme que j’autorise à l’effet de ce présent billet solidairement l’un pour l’autre à Monsieur Clodion, ou ordre, la somme de cent vingt Livres, Valleur reçue comptant de mon dit Siéur. A paris le neuf Juillet mil sept cent quatre vingt quatre.

Le marquis d’ARTiGUES.

Approuvée l’écriture ci-dessus :

Bon pour cent vingt mille livres

MiRTRUD M"® d’AHTIGÜES.

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