OBSERVATION III
(Dr Thirion.) (2)
Adénopathie post-scarlatineuse
Le 18 décembre 1905, au matin, je suis appelé auprès du petit Maurice F..., âgé de quatre ans. Hier cet enfant avait bien mangé, s'était promené dans l'après-midi, quand, à 4 heures, il avait été brusquement pris de vomissements. On le couche, on lui trouve 40 degrés. L'enfant a eu un grand frisson pendant qu’on le déshabillait. Il passe une mauvaise nuit, demande à boire à plusieurs reprises et le lendemain on m’appelle parce qu’il a toujours beaucoup de fièvre.
En déshabillant l'enfant pour l’ausculter je m'aperçois que le dos et la poitrine sont le siège d’un érythème scarlatineux ; la rougeur est plus marquée aux aines, aux coudes. L'exanthème buccal, l’état de la langue, l'existence d’une angine avec des productions blanchâtres à l’orifice des cryptes, ne peuvent laisser aucun doute sur le diagnostic. Température, 39°5.
419 décembre. — L'éruption atteint la face et les extrémités des membres, ,
20 et 21 décembre. — L’éruption s’atténue et a complètement disparu le 22.
En somme, le malade fait une scarlatine régulière et béni-
1. D° Thirion. Adénopathie post-scarlatineuse. Pédiätrie pratique, 15 août 1905.
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gne ;iln'y a pas eu d’albumine dans les urines. La desquama-
tion commence le 26, la température est prise régulièrement
matin et soir, les urines examinées tous les deux jours, rien ne trouble la convalescence. Le traitement a été très simple durant la maladie ; maintenant je conseille un régime aussi peu chloruré que possible.
Mais, le 11 janvier, c’est-à-dire vingt jours après la fin de l’éruption, l'enfant est chagrin, refuse les aliments, demande à rester couché, il a 3802. A l'examen, je remarque un peu de tuméfaction des deux régions sous-maxillaires, mais il n’y a rien à l’intérieur de la gorge. Le soir la température est à 3803. La tuméfaction du cou a augmenté et toute la chaîne ganglionnaire du coa est nettement prise. Il n’y a pas d’albumine dans les urines.
12 janvier. — 38°5 le matin, 39 degrés le soir. Le facies de l’enfant est absolument celui d’un albuminurique : le teint est pâle, les paupières, les lèvres bouffies, toute la figure est boursoufflée, les ganglions sont toujours tuméfiés et douloureux : il semble que tout le système lymphatique de la face et du cou est engorgé.
Les urines examinées par un pharmacien et par moi-même ne dénotent aucune trace d’albumine.
18 janvier. — La température baisse : 38°3 à 3805. La figure est encore soufflée.
47 janvier, — Tout rentre dans l’ordre.
La convalescence se poursuit ensuite sans le moindre incident.
Pendant toute cette adénite, ni après, il n’y a pas de trace
d’albumine, ni d'angine.