INSUFFISANCE DE RENSEIGNEMENTS KÉTÉOROLOGIQUES
L'ascension du 12 septembre a prouvé une fois de plus que le vent n'a pas la même vitesse à une certaine altitude qu'à 20 mètres du sol. Les indications de l'anémomètre sont donc insuffisantes pour les aéronautes.
La connaissance de l'état de l'atmosphère est pourtant une des assises de l'aéronautique.
Justement préoccupé de cet état de choses, le colonel Laussedat avait chargé, en 1878, le
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capitaine de La Haye d'organiser à Chalais un service météorologique.
Ce dernier avait été voir, à Londres et à Bruxelles, les directeurs des observatoires de ces villes, et avait obtenu que des renseignements sur l'état probable de l'atmosphère lui fussent expédiés chaque jour à Chalais. Le bureau central de Paris envoyait également chaque matin une dépêche à Meudon.
On avait ainsi certains éléments pour la prévision du temps.
Mais ces éléments étaient fort incomplets, car la vitesse des vents supérieurs échappe généralement à l'observation.
Pour combler cette lacune, le capitaine de La Haye voulait employer le moyen suivant :
Lâcher chaque jour, à des heures déterminées, un ballon d'enfant porteur d'une carte postale.
Sur cette carte était Tindication suivante :
« Le maire de la commune où cette carte a été trouvée est prié de la renvoyer à Chalais^ en indiquant le lieu et Fheure où elle est tombée. »
En supposant qu'une carte sur dix ait été renvoyée, on aurait eu des indications précieuses sur les courants supérieurs.
Ces ballons eussent permis, en outre, de faire des observations sur la vitesse des vents élevés : il suffisait de suspendre la carte par un fil très-long (10 mètres par exemple); en notant, à chaque départ, les diminutions successives de la longueur apparente du fil à l'aide d'un instrument spécial, on pouvait calculer la vitesse avec laquelle était entraîné le ballon.
Il est regrettable que ce service n'ait pas
été organisé à Meudon, par suite du départ de M. de La Haye.
Les personnes qui s'intéressent aux progrès de la science météorologique pourraient facilement établir chez elles des départs de petits ballons: la dépense serait minime; d'ailleurs M. Cochery, qui est le ministre le plus intelligent auquel nous ayons eu affaire depuis longtemps, se ferait certainement un plaisir d'accorder la franchise aux cartes météorologiques.
Grâce à ce système, toutes les brises régulières seraient cataloguées dans quelques années, et les gulf-streams de l'atmosphère seraient reportés sur les cartes aériennes.