‹ Les affaires d'HaitiChapitre 9 sur 48 · I ES AFFAIRES D'HAÏTI · texte numérisé non relu

I ES AFFAIRES D'HAÏTI

Le 3 Août se voyant vigoureusement attaqués et chassés des remparts quHls avaient élevés à la hâte^ les insurgés se sont repliés sur le centre de la ville.

Entourés dans leurs nouvelles positions ils ont assassin» dans les prisons plusieurs vaillants officiers et honorables citoyens dont le seul crime était leur fidélité au gouvernement constitutionnel (1).

L'acte de sauvagerie commis par les soi-disant libéraux d;

(1) Voici le texte de la proclamation adressée au peujolc et à Varmé jxir le président de la République haïtienne pour porter à leiir coanair^ sance la noi^ivelle des événements dont Jacmcl jut le théâtre dans lus premiers jours du mois d'Août :

Haïtiens,

Les insensés qui, à Miragoâne, à Jérémie et à Jacmel, sont en armes contre le gouvernement légal et au nom, disent-ils des principes de Ut liberté et de la civilisation, viennent de donner la preuve la pluus écki^ tante qu'ils ne sont pas seulement des rebelles: ils sont aiLSsi et sn.irtou des assassins!!!

Attaqués à Jacmel par les forces du gouvernement le 3 de ce mois t) dix heures du matin^ et refoulés dans leurs derniers retranchements, ces misérables ont assouvi leur vengeance en égorgeant dans les prisons de cette ville les lieutenants et les amis d« gouvernement qu'ils avaient surpris au moment de leur prise d'armes, le 23 du mois dernier.

Les victimes, dont le seul crime était leur fidélité ati, gouvernement constitutionnel, sont : les généraux Joachim \/ériquain, chef de mon état.major, délégué du gouvernement dans l'arrondissement de Jacmel: Millien Jean^Jacques fils, commandant l'arrondissement: Pierre-Augustin Désiré ancieii commandant de l'arrondissement; Miaille Jean-Jacqiies. directeur de l'arsenal: Village Hilaire^ chef de la police administrative, Kernisan Etienne, contrôleur à la douane; Joinisse Sanmerville. sous.chcf

Jacmel a provoqué par toute la République une explosion d'indignation contre les scélérats qui en ont été les auteurs et contre leurs partisans.

La nation haitienne veut la paix. De tous les côtés, on demande au gouvernement de mettre promptement fin à la ré-

ie la police administrative; Merlo Maliqiie, dit Dumay, directeur de Vhôpital militaire; le citoyen Leclerc Merlo, comptable au Trésor de Jacmel et d^autres citoyens.

Haïtiens,

Un tel acte dépasse les bornes de l'imagination, lorsqu'on se rappelle surtout que le général Vériquain une des malheureuses et regrettées victimes de cette triste journée^ a toujours été respecté de ses ennemis tnêmes; qu'il a toujours couvert de sa protection et qu'il avait com,hlé de bienfaits ses assassins d^ aujourd'hui.

Le général Vériquain, comme les généraux Désiré, Millien Jean.. Jacques et autres ont d'autant moins mérité le sort qui leur a été fait à Jac7nel, quHls se sont toujours conduits dans l'accomplissement de leurs devoirs, de façon à satisfaire et le gouvernement et la société de Jacmel.

Le gouvernement, tout en poursuivant énergiqueinent la répression des révoltes de Jacmel, de Jérémie et de Miragoâne dénonce au pays et au monde ciinlisé le crime de Jacmel, contraire même à toutes les lois de la guerre.

Ha^itiens,

Vou^ avez été témohis de toutes les mesures qite j'ai prises pour éviter de terribles rnalheurs; à ma modération les rebelles ont répondu par un abominable assassinat, par le massacre de plusieurs de mes lieute. liants.

En face de cette nouvelle sitUM,tion que me créent ces iTisensés, je

bellion en ordonnant qu'on enlève d'assaut les villes de Miragoâne de Jérémie et de Jacmel. Il en sera ainsi fait car la mesure est comble. '

Les criminels qui occupent ces trois villes seront punis de façon exemplaire.

n''oublierai pas mon devoir: je l'accomplirai à la satisfaction de la patrie dont les destinées m'ont été librement confiées,

Mimgoâne, Jérémie et Jacmel, ces repaires d^assassins, se sont abrites sous le viême étendard.

C'est au nom de Bayer Bazelais, qu'ils se sont prononcés contre mon gouvernement. Une guerre à mort est donc déclarée entre eux et le pays dont je suis le chef; la victoire nous restera!!

Vive la souveraineté du peuple!

Vive la constitution!

Vivent la paix et la tranquillité!

Donné au Palais Nationnl de Port-au-Prince, le 6 Août 1883 an 80e de l'indépeiuiance ,

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