Voyage dans l'Empire othoman, II. p
LA QUESTION CRETOISE 85
haut le massacre général. Le jour du Baïram, le 24 mai, ils le tentèrent et, après avoir assassiné les deux cawasdes consuls russe et grec, ils marchèrent sur le quartier chrétien de la Canée^. Mais ils furent reçus à coups de fusil par les chrétiens armés, et l'arrivée des vaisseaux européens arrêta pour quelque temps leur ardeur.
Ils continuèrent du moins de brûler les villages chrétiens, et, en juin, les consuls prévoyaient de nouveaux désordres « avec l'entente des soldats et des musulmans indigènes^ ».
A chaque concession imposée par l'Europe, les beys «télégraphiaient au Sultan que les privilèges accordés précédemment aux chrétiens ont causé la situation actuelle et demandaient l'établissement d'un gouvernement fort* ». Quand l'Europe eut bien déclaré son intention de passer outre et d'établir un gouvernement régulier, quand les commissions européennes eurent pendant trois mois discuté et établi les détails de la future organisation, le jour oii les chrétiens allaient enfin recueillir le prix de leur sagesse, « des placards appelèrent les musulmans à la guerre sainte et les invitèrent à massacrer les