III. — Microdontisme \ — voire nanisme dentaire
IV. — Amorphisme dentaire, caractérisé par des déviations de type et des anomalies, des bizarreries de configuration, aboutissant parfois à de véritables monstruosités (dents en cheville, en fer de hache, dents absolument informes, etc.).
V. — Vulnérabilité du système dentaire, se traduisant par l'usure précoce (dénis « courtes », dents en plateau, dents « de vieux »), par l'inva-
I. Voir mon livré sur la Syphilis hércdi taire tardive, p. 70 à 1461 pour la description de toutes ces variétés, comme aussi des diverses anomalies qui vont suivre.
AIFECTIONS PAnASYl'lULJTIQlJlJS.
sion rapide de la carie, la destruction et la caducité prématurées,
^I- — Ajoutez enfin à ces chefs principaux quelques particularités d'observation plus rare, telles que, par exemple, irrégularités d'implantation et de disposition réciproque; — anomalies ou arrèls de développement des arcades dentaires; — absence permanente de certaines dents, etc.
Toutes ces curieuses malformations du svslème dentaire, qui servent si utilement à éclairer le diagnostic rétrospectif de la syphilis héréditaire tardive, je vous les ai décrites in extenso^ Messieurs, dans une série de conférences antérieures. Je les juge donc connues de vous et me bornerai ici au simple énoncé qui précède.
Mais il est un point sur lequel, à leur propos, je dois insister actuellement, en le recommandant ù voire attention. C'est que de tout cela rien n'est syphilitique d'essence, de nature. C'est que, dans tout cela, il n'est rien qui appartienne en propre à la syphilis. La syphilis s'approprie ces lésions, ces anomalies de développement, ces dvstrophies, et se les approprie même souvent, plus souvent que ne le fait pour son compte n'importe quelle autre maladie. Mais toutes ces lésions n'en restent pas moins des lésions de nature banale, n'avant avec la syphilis qu'un lien d'origine et non de nature. Ce sont donc là, purement et simplement, des lésions parasypliilitiques.
SI ALFO U M \T10 N s D EM" A I n lîS .
Et, en efFet, qu'est-ce donc en définitive, pour pi-endi-e un exemple, qu'une érosion dentaire, comme qualité, comme espèce de lésion? C'est une lésion de nutrilion^ et pas autre chose. Le mécanisme de cette érosion, nous le connaissons actuellement; nous savons qu'il consiste en une interruption accidentelle et momentanée survenue dans le processus normal de denlifîcation. A une certaine étape de son évolution, la dent n'a plus reçu la somme de matériaux nutritifs indispensable à sa formation intégrale et correcte; comme conséquence, elle s'est constituée vicieusement, incomplètement, et ce trouble nutritif, cet arrêt de développement s'est alors inscrit, imprimé sur la couronne dentaire par une zone atrophique^ laquelle n'est autre que l'érosion.
Or, a priori^ serait-il possible d'admettre que la svpliilis ait seule le privilège de déterminer un Irouble nutritif vers le système dentaire? Manifestement, non, de par le simple bon sens.
Et, d'autre part, a posteriori^ n est-il pas démontré par la clinique que l'érosion dentaire est susceptible de dériver de causes étrangères à la syphilis, de causes autres que la syphilis? Que de fois ne l'a-t on pas rencontrée sur des sujets non syphilitiques et issus de parents non syphilitiques! A.U point que des citations particulières seraient ici superflues. On l'a même rencontrée, lors de fouilles pratiquées dans un vieux cimetière galloromain, sur la mâchoire d'un jeune Franc de l é-
AFFECTIONS PARASYPHILITIQUES.
poque mérovingienne % époque où l'humanité (quoi qu'on en ait pu dire) était encore exempte de la vérole. On l'a même rencontrée sur les animaux (bœuf, chien), qui ne sont pas susceptibles de vérole ^
A cela s'ajoute encore un témoignage des plus curieux que je me garderai d'omettre, tant il est de nature à vous convaincre une fois de plus que la syphilis réalise souvent des lésions qui ne sont en rien de nature syphilitique. Le voici.
Dans ces derniers temps plusieurs observateurs, notamment notre distingué collègue M. le D"" Bourneville et son élève M' Alice Sollier' ont publié de très intéressants travaux sur l'état du système dentaire chez les idiots. Or, comparez, je vous prie, le résumé que je vous présentais tout à l'heure relativement aux malformations de ce système chez les hérédo-syphilitiques à ce qu'on oljserve chez les idiots de naissance, et vous serez frappés de l'identité des résultats constatés de part et d'autre. Jugez-en.
D'après M. Bourneville et M' A. Sollier, ce qu'on observerait dans l'idiotie congénitale comme arrêts de développement, anomalies ou lésions de l'appareil dentaire, consisterait surtout en ceci :
1. Y . Syphilis kérêditaire tardive^ p. m, où cette curieuse mâchoire se trouve figurée.