‹ Les affections parasyphilitiques [electronic resource]Chapitre 39 sur 68 · ARRÊTS DE DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

ARRÊTS DE DÉVELOPPEMENT

hérédo-syphililiques et chez les idiots, c'est un processus de même ordre qui préside à ces malformations dentaires.

Ce processus, en définitive, quel serait-il donc?

On a dit parfois : « C'est là un processus de dégénérescence\ c'est là une de ces déviations orffaniques qui sont d'observation commune chez les dégénérés. »

M. Magitot, par exemple, a formulé cette conclusion : « que les perturbations du système dentaire appartiennent à des individus en puissance tératologique complexe et représentant un degré plus ou moins avancé de dégradation de race ».

Processus de dégénérescence, je le veux bien. Mais ce mot ne traduit qu'une étiologie éloisnée et non un mécanisme. En sorte que, plus modestement et plus prudemment, il vaut mieux dire, je pense, en s'en tenant aux données de l'observa^ tion clinique : C'est là un processus de dystrophie et de dystrophie commune, banale; c'est là le résultat d'un trouble nutritif survenu, sous une influence morbide, dans le système dentaire.

XLin

Eh bien, ce trouble trophique d'un système n'est pas un fait isolé dans l'histoire de l'hérédosyphilis. Bien au contraire, ce n'est là qu'un trait

FouKNiEn. — À[[ecl. parasyphU, lo

AFFECTIONS PARASYPIIILITIQUES.

particulier dans un tableau qui abonde en phénomènes cliniques de même ordre. Il me reste en effet à vous montrer dans ce qui va suivre rinfluencé hérédo-syphililique se traduisant par toute une série de faits analogues ou semblables, à savoir par des arrêts ou des imperfections de développement, qui tantôt vont porter isolément sur tel ou tel organe et tantôt affecteront d'ensemble tout l'être, tout l'individu. Il me reste surtout à vous montrer comment cette action dystrophique est susceptible quelquefois, dans ses formes suprêmes, de se généraliser, de s'intensifier, au poiiit d'aboutir soit à l'étiolement, l'abâtardissement, la dégénérescence de l'individu, soit même à l'incapacité vitale, à la mort par dystrophie native.

Tous sujets, à coup sûr, bien dignes à divers égards de notre étude et de nos méditations; tous sujets qui, en ce qui nous concerne spécialement ici, vont nous représenter ce dont est capable la syphilis rien que par ses conséquences parasyphilitiques.

Voyons, en premier lieu, ce que réalise ou peut réaliser l'hérédo-syphilis relativement au développement physique.

Il est absolument certain que l'hérédo-syphilis se traduit en maintes occasions par des retards ou des arrêts du développement physique. — De cela voici la preuve.

Tout d'abord, interrogez les familles à enfants

ARUETS DE DEVELOPPEMENT.

syphilitiques sur la façon dont ces enfants se sont développés, et demandez surtout comment ils ont grandi. Très souvent vous apprendrez ceci : que ces enfants n'ont grandi que lentement et tardivement-, — que, de plus, leur développement a « traîné en longueur », comme s'il était enrayé et frappé d'inertie; — que, d'autre part, ils n'ont marché que tardivement, longtemps après l'époque où d'habitude se font les premiers pas ;

qu'enfin ils n'ont « percé leurs dents m et commencé à parler que sur le tard.

Exemples :

Un malade de nos salles ne marchait pas encore et même ne se soutenait que difficilement sur ses jambes à l'âge de dix-sept mois.

Un malade, cité par M. Jackson, ne commença à marcher qu'à 1 âge de deux ans.

Un autre ne marcha qu'à vingt-cinq mois, et n'ébaucha quelques paroles qu'à deux ans et neuf

mois

Dans une belle observation de MM. Barthélémy et Parinaud, relative à une syphilis cérébrale qui simulait une méningite tuberculeuse, nous voyons une . enfant née d'une mère syphilitique ne commencer à parler qu'à deux ans et à marcher que vers vingt-sept ou vingt-huit mois.

Et de même pour tant et tant d'autres exemples que j'aurais à citer.

Poursuivons.

— Au delà du premier âge, la

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