‹ Les affiches illustrées (1886-1895) Ouvrage orné de 64 [i.e. 72] lithographies en couleur et de cent deux reproductions en noir et en couleur d'après les affiches originales des meilleurs artistesChapitre 64 sur 241 · JULES CHÉRET · texte numérisé non relu

JULES CHÉRET

L'OEUVRE MURALE DE JULES CHÉRET

Jules Chéret est né à Paris, le 3i mai i836.

C'est de i855à 1867 qu'il a produit ses premières affiches. Elles restent introuvables, et l'auteur lui-même en a oublié les titres: il sait cependant que, destinées à l'annonce de romans, elles sont au nombre d'une quinzaine environ, probablement de format demi-jésus et qu'il les a faites, presque toutes à la plume, pour Simon jeune, imprimeur lithographe, rue Vide-Gousset, n" 4, à Paris. Aucune de ces affiches ne se trouve au Cabinet des Estampes; j'en possède une seule : celle du Yc:iu d'or, de Frédéric Soulié. Sans qu'elle fasse prévoir les succès que l'avenir réservait à Chéret, elle montre déjà le soin qu'il apportait à l'exécution de ses pierres.

En i858. Chéret a fait paraître pour Orphée aux enfers, la première œuvre dont il ait gardé le souvenir. Imprimée par Lemercier, celle-ci était de format colombier, et comportait trois couleurs : brun-rouge, vert et noir. Elle a été réimprimée avec de sérieuses modifications en 1866. C'est cette composition, et non aucune autre, qui marque le point de départ de Chéret et sa prise de possession de la couleur appliquée à l'affiche lithographiée.

Jules Chéret a quitte Paris en 1809 pour aller s'établira Londres, où il est resté jusqu'au commencement de l'année 1866. Chez nos voisins, il a dessiné un assez grand nombre de titres et de couvertures de romances pour l'éditeur Cramer et une vingtaine d'affiches pour des Opéras, des Cirques ou des Music-Halls.

Tout cela est d'une insigne rareté et il n'en existe aucune collection complète.

Revenu à Paris, plus maître de lui. Chéret se fixa, au 1 tr juillet 1866, rue de la Tour-des-Dames, n" 16; il y resta jusqu'au 3i décembre de

[90 l.l S \l FICHES II.I.I STREES (i886-i8o5).

l'année [867. Les affiches qu'il a publiées à cette adresse doivent donc

être datées de l'IW) et de i86~.

De la rue de la Tour-des-Dames, l'artiste a transféré ses ateliers aux Ternes, rue Sainte-Marie, n° 18. Il est entré là au mois de janvier [868.

La rue Sainte-Marie ayant pris le nom de Brunel, par arrêté préfectoral du in août [868, les affiches qui portent l'indication de : rue Sainte- Marie, ont été exécutées du mois de janvier au mois d'août 1868.

A partir de cette époque. Jules Chéret. sans avoir changé de local, habite rue Brunel, n" 18. Sa situation ne se modifie plus qu'en 1 ; ' — — ; il est bon de noter cependant qu'en 1H71. un certain nombre des affiches qu'il publie portent la mention suivante : Imprimerie J. Chéret, Paris- Londres. Sauf cette particularité, du mois d'août [868 à l'année [877, Chéret signe : Imprimerie Chéret, n" î.'î. rue Brunel, à Paris.

En [877, sa réputation s'accroît: il songe alors à donner plus d'extension à ses travaux et prend un associe. Ses affiches signées : J. Chéret et Cie, ont paru pendant les années [877, 1878, [879.

En 1879, Chéret reprend seul la direction de la maison qu'il a créée, et cela jusqu'au mois de juillet [881 ; pendant cette période, ses affiches portent de nouveau la mention : Imprimerie J. Chéret. n" 1!!. rue Brunel, a Paris.

Au mois de juillet [881, en pleine maturité artistique. Chéret désire conquérir une part d'indépendance ; il cède son imprimerie à MM. Chaix etC'et en conserve la direction. A partir de ce moment, ses œuvres sont signées ainsi : Imprimerie Chaix [succursale Chéret), n" 18, rue Brunel, à Paris.

Cet état de choses dure jusqu'au mois de mai [890, époque à laquelle la maison Chaix décide de reunir la succursale Chéret à ses ateliers de la rue Bergère.

Du mois de mai [890 jusqu'à ce jour, les affiches dessinées par Chéret ont pour signature : Imprimerie Chaix [ateliers Chéret), n" 20. rueBergère, à Paris.

I >e ce qui précède, il résulte que l'œuvre do Jules Chéret doit se classer tout entière à l'aide du tableau suivant :

L'ŒUVRE MURALE DE JULES CHERET. 191

i855 à 1857. — Imprimerie Simon jeune, rue Vide-Gousset. n° 4, à

Paris.

j85g — Imprimerie Lemereier, rue de Seine. n° r>~. à Paris.

i859 à 1866. — Séjour à Londres:

1866 (juillet) à 1867 (décembre). — Imprimerie J. Chéret, rue de la Tour-des- Dames, n° 16, à Paris:

1868 (janvier à août). — Imprimerie J. Chéret. rue Sainte-Marie, n" 18,

à Paris:

1868 à 1871. - ■ Imprimerie J. Chéret. rue Brunel. nn 18, à Paris: 1871. — Imprimerie J. Chéret. Paris-Londres (rue Brunel. n" 18, à

Paris) ;

1871 à 1877. — Imprimerie J. Chéret. rue Brunel. n" [8, à Paris:

18 — à 18-9. — Imprimerie J. Chéret et Cie, rue Brunel, n" i!î. à Paris:

[879 a juillet 1881. — Imprimerie J. Chéret. rue Brunel. n" 18, à Paris;

1881 (juillet) à 1890 (mai). — Imprimerie Chaix (succursale Chéret), rue Brunel. n° 18. à Paris;

1890 (mai) à ce jour. — Imprimerie Chaix (ateliers Chéret), rue Bergère, n" 20, à Paris.

Dans le catalogue qui suit, en mentionnant chacun des documents qui le composent, j'ai pris le soin de conserver la disposition de la lettre et ses abréviations, en différenciant les caractères typographiques de manière à fixer l'attention sur le titre principal de chaque pièce. C'est grâce à cette lettre, en effet, qu'on pourra facilement reconnaître les affiches dont la seule analvse aurait pu amener des confusions.

J'ai aussi avec intention négligé les marges des affiches; les mesures que je donne sont celles des dessins eux-mêmes: je me suis appliqué en outre à indiquer les dates de publication des œuvres du maître. Le dépouillement des registres commerciaux conservés par Jules Chéret et mes recherches personnelles m'ont fourni des renseignements qui ne peuvent être contestés. Cependant quelques lacunes y existent encore, mais elles pourront être aisément comblées, je l'espère, par la lecture de cette courte note.

i9a I.KS AITK HKS [LUSTRÉES (1886-1I

Encore un mot. Dans le beau travail consacré à l'œuvre de Jules Chéret par M. Henri Beraldi (Les Graveurs du XIX siècle ; Paris, Conquet, 1885-1892, 12 volumes in-8°), l'auteur considère comme existantes et mentionne dans son Supplément, en même temps que la plus grande partie des titres de romances publiées à Londres, les affiches suivantes :

r David Copperfield, avec le portrait de Dickens (T. X, page 26, n°83o);

20 Panorama historique du siècle, par MM. Stevenset Gervex(T. X, page 27, n' 863);

3" Lawn tennis Je Madrid, bois de Boulogne (T. X, page 3o, n" 926).

Ces trois affiches ont été vues, en effet, par M. Henri Beraldi. mais à l'état de croquis seulement: elles n'ont jamais été exécutées.

G BOUDET. Editeur

Imprimerie < u \ix

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