‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 15 sur 126 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

PHILIPPE

Mais, pardon, je conserve des goûts.

REAL

Et puis, voyez-vous, Madame, quelle que soit notre manière intime de voir, ce qu'on est convenu d'appeler le désordre et la gredinerie est d'un placement désavantageux dans notre société, ne serait pas la meilleure manière de mener à bon port son individualisme.

MARTHE

Bah ! avec des formes?

PHILIPPE

Ce serait bien fatigant. J'aimerais mieux rester honnête homme.

MARTHE

Mais voyons, il y a des tentations même pour les honnêtes gens.

PHILIPPE, dédaigneux.

Il y en a peu.

MARTHE

Pharisien ! Eh bien, je serais curieuse, infiniment curieuse de savoir, comment, dans un cas difficile, se comporterait Tun de vous. Messieurs, l'un de ces amoraux comme vous nous apprenez à dire. Oui, comment se comporterait dans une aiïaire de vie et de mort, la conscience affranchie d'un homme qui ne serait pourtant pas un misérable.

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