‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 29 sur 126 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

tju'à l'intérieur de nos maisons, surtout de nos maisons étrangères.

PHILIPPE

Vous aurez été les plus éprouvées.

l'abbesse.

Nous étions les plus riches. Trop d'héritières avaient peuplé nos abbayes. Aussi ai- je ramené la dernière, la plus jeune et la plus dotée; si je puis, de mon plein gré, au moment de la débâcle, la rendre, sinon au monde dont elle ne veut plus, du moins à un ordre français, au service de la France, on me reprochera moins amèrement ma carrière de captations monastiques.

PHILIPPE

N'aurez-vous pas fait un peu scandale, ( 53 )

comment a-t-on pris ce retour dans l'Eglise? Qu'ont dit vos frères et collègues nos seigneurs les évêques?

L ABBESSE

Il n'y a pas de scandale pour une religieuse à quitter le cloître par raison de force majeure. Les supérieurs, en outre, sont toujours un peu mêlés au siècle. Sauf la clôture, j'observerai mes vœux dans le monde.

PHILIPPE

Je vous envie, Madame, quelle que soit l'actuelle spoliation, vous avez connu l'amour des foules et l'œuvre qui survit. Vous aurez fait beaucoup pour vos fils et vos filles. C'est une belle chose que la vie d'un grand Ordre gardien des rites, d'un Ordre qui prie et se souvient.

Page 1