‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 64 sur 126 · ACTE II, SCÈNE V Mil® DURET · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V Mil® DURET

Une philosophie de goujat ! Fi donc...

Mais c'est ce que l'on fait de mieux, et, d'ailleurs, ils en sont tous là. Plus moyen de rien affirmer. Alquier est plus loyal et plus profond que les autres, voilà pourquoi il paraît plus négateur. La vie n'a qu'un but : être vécue. Y porter l'aspiration la plus pleine, les lèvres les plus savantes, et puis, par ci, par là, quelques beaux gestes dédaigneux. Mourir vous savez, de la mort du loup, c'est-à-dire avec la rage dans le cœur.

HÉLÈNE, profondément.

Et c'est la morale de M. Alquier?

Mlle DURET.

Je vous en donne ma parole d'honneur.

HÉLÈNE. (Même jeu.)

Eh bien, Mademoiselle Duret, si j'en étais là, je vous en donne ma parole d'honneur, ma vie serait autrement vécue. Il me faudrait de telles choses pour me remplir le cœur et me consoler de la mort. Je la vendrais plus chèrement qu'ils ne font, ma vie.

Mil® DURET. (Rire strident.) Parbleu !

HÉLÈNE, après un silence.

Pourquoi restez-vous auprès de lui? Cela doit être pénible à la longue de servir des idées qu'on ne partage pas.

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