‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 81 sur 126 · ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII

Du tout. En ce cas vous auriez des coquilles. Mais vous interprétez, et Dieu sait de quelle façon... Vous ne comprenez donc pas ce que vous lisez?

M^l® DURET.

Je n'ai qu'un regret, c'est de trop bien le comprendre.

PHILIPPE, distrait, mais tout de même insolent.

Vous n'approuvez pas mes articles, Mademoiselle Duret?

Mil® DURET.

Je serais infiniment plus heureuse s'ils me révoltaient (silence de Philippe), au moins m'apprennent-ils la conduite à tenir... Je ne parle pas de ce dernier qui n'est qu'une feinte envers vous-même, car vous avez toujours

enseigné, dans vos leçons entre autres sur Léonard de Vinci et César Borgia, qu'en présence d'un espoir, d'un désir, l'essentiel est de l'atteindre. Que « s'infliger le soufflet d'une abstention » — je vous cite — n'est rien d'autre que déchoir pour l'âme la plus élevée en organisation, Qu'il faut vouloir tous ses vœux. Que nos passions et nos passions seules, sont les messagères véridiques de la vie, et nous désignent le but sinon le chemin. Que notre élan, notre adresse, notre persévérance à les suivre, sont les seules mesures de la force, de la valeur, de l'âme en nous... Eh bien, ma passion, ma force et mon âme, c'est mon amour pour vous, et je vous le dis, Philippe Alquier, parce que, quels que soient son orgueil et sa sécheresse, un homme n'est jamais indifférent à une femme qui s'offre.

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