‹ Les agrandissements et les projectionsChapitre 16 sur 28 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Progrès des projections.

Obtention des clichés.

Il est incontestable que l'enseignement parles projections est précieux, et leshommes qui, comme moi, se sont dévoués aux conférences scientifiques le savent bien (1).

« Il faut avoir été au village, dit M. Édouard Petit, inspecteur général de l'Université, dans un rapport qu'il adressait au ministre de l'instruction publique, il faut avoir assisté à une conférence illustrée, dans un préau d'école, souvent dans une grange où l'on s'entasse à étouffer, pour comprendre combien l'on aurait tort de marchander leur joie et aux auditeurs et aux conférenciers. La conférence, pour le paysan, devient le journal parlé —

(1) L'auteur de ce livre peut en parler avec connaissance de cause. Depuis une quinzaine d'années, il a fait environ deux mille conférences scientifiques presque toujours accompagnées de projections.

(N. DE l/E.)

102 ENCYCLOPÉDIE DE l'AMATEUR PHOTOGRAPHE

un journal qui laisse de côté la politique, — un journal pittoresque et explicatif. Elle remplace la veillée d'autrefois. Elle fait diversion à la monotonie de l'existence ruraie. C'est réjouissance publique quand on sait que le soir, sur la blancheur du drap, les vues arrivées de Paris, enfin, défileront. »

Les conférences populaires avec projections vont se multipliant avec une extrême rapidité sur tous les points do la France ; elles sont devenues le plus merveilleux instrument de vulgarisation qu'il soit possible d'imaginer.

Tout récemment, pour favoriser le développement de ce genre de conférences, le ministère de Tinstruction publique envoyait à chaque département une lanterne à projections et deux cents vues sur verre destinées à circuler un peu partout dans les limites du département.

D'autre part, il existe un certain nombre de sociétés privées d'instruction populaire qui se sont donné pour tâche de vulgariser « la conférence illustrée ».

M. Édouard Petit donne des chiffres significatifs sur l'œuvre des principales d'entre elles :

C'est la Ligue de l'Enseignement qui en 1895-1896 a cédé 477 lanternes, effectué 380 prêts d'appareils qui n'ont cessé de circuler, cédé près de 600 vues à ses adhérents, qui en!in en a prêté près de 48,000.

C'est la Société havraise de l'Enseignement par l'aspect qui, du 15 octobre 1895 au 15 avril 1896, a prêté 3,548 collections, formant un total de 88,700 vues.

C'est enfin la Société nationale des conférences populaires qui, du 1"' novembre 1895 au mars 1896, a acheté, pour les prê'er ou céder, 399 appareils. Du 13 novembre 1895 (début du service) au l""' mars 181)6, elle a prêté 898 collections, soit 17,840 vues.

PROGRÈS DES PROJjICTIONS

Les résultats d'une telle activité ne se sont pas l'ait attendre, encore que le mouvement soit à ses débuts.

C'est ainsi que contre 10,377 conférences (jui avaient été faites en 1894-1895, il y en a eu, en 1895 1896, 61,176, dont 14,000 environ avec projections.

Le progrès, on le voit, a été considérable. Une récente amélioration du service des conférences à projections va encore l'accélérer. Ce n'est généralement pas la lanterne qui fait défaut, ce sont les vues sur verre.

Aussi le Musée pédagogique vient de recevoir une quantité considérable de photographies sur verre qui lui ont été envoyées, soit par la Société nationale des conférences populaires, soit par la Société havraise de l'enseignement par l'aspect. A ce premier fonds viendront s'ajouter les vues acquises ou données, et cela constituera une immense collection destinée à voyager continuellement par séries sur tous les points du territoire 011 des conférenciers sérieux en feront la demande.

Les vues sont contenues par séries de vingt dans de petites boîtes en bois. De même que les bibliothèques roulantes sont expédiées momentanément aux instituteurs qui ont des examens ou tout autre travail à préparer, de même on expédiera par séries des collections de vues destinées à illustrer des conférences populaires : grâce à une entente entre le Ministère de l'instruction publique et l'administration des postes, la franchise est accordée, tant à l'aller qu'au retour, aux vues voyageant ainsi.

Il faut donc mettre encore à l'actif de la photographie, qui n'en est plus à compter ses succès, cette oeuvre éminemment vulgarisatrice qu'il faut soutenir et répandre le plus possible.

Pour l'obtention des clichés pour projections on se ser-

104 ENCYCLOPÉDIE DE l' AMATEUR PHOTOGRAPHE

vira de photographies ordinaires qu'on réduira soit à la chambre noire, soit à l'aide d'un réducteur automatique comme le Minorai. (Voyez p. 26.)

Lorsque les clichés négatifs seront de dimensions restreintes, on pourra obtenir des vues pour projections par contact en les exposant dans un châssis-presse, pendant quelques secondes, à la lumière du gaz ou d'une lampe à pétrole. On vend dans le commerce des surfaces spéciales pour projections, et comme chaque fabricant donne la formule qui convient à ses préparations, il est préférable de suivre ses instructions (1).

On peut, sans les photographier, reporter directement sur une plaque de verre des dessins imprimés à l'encre typographique. Ce moyen, indiqué par le journal la Nature, est fort simple.

On recouvre d'une couche de vernis blanc une surface de verre, puis on donne une seconde couche et on fait humecter la gravure à reporter avec une éponge. Au moment où le vernis est presque sec, on reporte la gravure, face contre face, on met par-dessus une feuille de papier buvard épais et on fait pression avec la main, de façon que la feuille de papier adhère complètement avec la surface vernissée du verre. On laisse sécher trois ou quatre heures, suivant l'état de la température.

Après, avec une éponge humide, on mouille le papier, on l'enlève délicatement et le dessin est reporté sur la plaque de verre (à l'envers, par exemple, ce qui n'a pas une très grande importance pour les projections).

On monte ensuite cette plaque avec un verre mince comme pour les vues ordinaires de projection.

(1) Voir le volume de l'Encyclopédie trailant des clichés négatifs.

Page 1