‹ Les Albanais et les grandes puissancesChapitre 13 sur 30 · tv Habhu · texte numérisé non relu

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Bérat les Albanais sont du ban du dernier empereur serbe Lazare Grbljanovic, qui le 15 juin 1389 esttombé sur le champ de Cassovie avec toute l'aristocratie et la gentry serbes. Cette victoire, le sultan Mourat lui-même l’a payée de sa vie (son tombeau à Kossovo fut visité par le sultan Mehmed V peu avant la débâcle de la Turquie européenne, et lorsque dernièrement l’armée serbe victorieuse conquit Koussovo, elle plaça un poste d'honneur devant le tombeau du sultan Mourat [*. Mais l'empire de Douchane restait définitivement brisé, et le royaume serbe, désormais petit territoire de despote, ne végéta plus que cent ans, jusqu'à ce que tous les pays et tribus serbes fussent devenus des provinces turques.

Mais, durant ces cent ans, nous trouvons encore quelques traces de domination serbe, du moins dans l’Albanie du Nord. Le gendre dû dernier empereur serbe Lazare, est encore seigneur de Skadar (Chkodra); mais voyant comment le déluge turc inondait toujours davantage la péninsule balkanique, eten vue de sauver au moins Zetta, pour intercaler entre lui et les

Turcs la puissance vénitienne, Georges Strasi-

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mirovié se décida de céder sa résidence Skadar. aux Vénitiens. Il l'échangea contre la placeh forte de Drivast et une « indemnité annuelle »" en 1394. Il reconnut bientôt combien peu on | pouvait se fier aux Vénitiens et tenta de reconquérir Skadar, mais sans succès. À sa mort il" laissait un fils mineur: et la fille du tzar Lazare, « régente de Zetta, mena une guerre sanglante" de plusieurs années contre Venise en vue de” reconquérir Skadar. Cette guerre fit d'Hélène, fille de tzar serbe et veuve de Strachimirovié,« une des reines les plus célèbres de son temps." Mais tous ses efforts ne purent aboutir à un résultat satisfaisant. Elle dut aller elle-même à Venise pour conclure la paix avec le doge, et pour sauver non seulement les États de son fils, mais même sa tête, sur laquelle la République avait mis un très haut prix. Après la” conclusion de la paix les choses en restèrent la M où elles en avaient été à l’époque de Georges Strachimirovié. Pour assurer le royaume à son fils, et pour détourner de Venise son allié. de la dernière guerre, Hélène épousa le duc bosnien Sandal Hranitch (1412). Sept ans après, . son fils avait recommencé la guerre contre M

Venise et enlevé Skadar à la République (1419).

Il alla ensuite chez son oncle, le despote serbe Stevan Lazarevié en Serbie, pour concerter

avec lui une action commune contre les Turcs,

mais il mourut à Smederevo en 1421. Immédiatement après la mort de ce dernier Balcha, Venise conquit Drivart, Antivari, Doulcigno, Alessio, Boudona et en dernier lieu Skadar.

Le despote serbe Georges Brankovitche qui régnait sur la Z/etta de 1421 à 1427, tenta de reconquérir Skadar, mais sans succès. Les Vénitiens gardèrent la ville jusqu'en 1479, où ils la rendirent aux Turcs.

Cela arriva après que les Turcs se furent rendus maitres de Kroya, héroïquement défendu par Georges Kastriota Skenderbeg (1443- 1467). Arrètons-nous un moment à ce € brillant » épisode.

« Lorsque — raconte Siebertz, {. c. p. 60 — le 3 novembre 1443 l’armée turque fut complètement battue à Nissa (Nisch) par les Serbes, Skenderbeg (qui, comme ôtage, avait passé quelques années chez les Tures), une nuit, força le secrétaire particulier du sultan, qui se trouvait juste avec l’armée, sous menace de mort,

de lui écrire un ferman où de la part du sultan il était donné ordre au gouverneur de Kroya de livrer à Skenderbeg la forteresse et le gouvernement de Kroya. Avec 300 compatriotes 1 Skenderbeg, profitant du désarroi de la fuite, « quitta l’armée, arriva en sa patrie le septième jour, où, à l'aspect de l’ordre seigneurial le souverneur turc rendit la forteresse sans rien soupçonner. Les Albanais entrèrent dans la ville, les Turcs furent massacrés, à moins de“ se convertir à la religion chrétienne. Ceci arriva le 13 novembre 1443 et de ce jour date l'indépendance de l’Albanie, l’époque héroïque dans l’histoire du peuple albanais. »

Nous ne voulons pas nous engager dans une polémique avec Sieberts, à savoir si la lutte pour Kroya a véritablement été le commence-" ment de l'indépendance de l'Albanie; car sa seconde assertion, à savoir que la lutte de Skenderbeg est le seul épisode héroïque de l'histoire albanaise, est tout à fait hors de doute. D'autant plus honteux pour les Albanais est ce“ que Siebertz dit à la page 178 : « Si un frère franciscain ne s'était trouvé comme biographe de Skenderbeg, si les Albanais émigrés en

LES ALBHBANAIS. j #0

Calabrie n'avaient conservé le souvenir de cet 1omme dans un poème recueilli plus tard par le Prada, le monde aussi bien que les Albanais ux-mêmes ne sauraient rien aujourd hui de ce nétéore d'envergure dramatique. »

Il n'est pas connu à Siebertz, mais il est significatif que deux de nos poètes ont chanté Skenderbeg, le Croate Kacié-Miosié et le Serbe lovan Sto. Popovic, et qu'un professeur serbe ich. J. Gjorgjevié a publié une étude histoique sur Skenderberg.

Il y a deux raisons pourquoi les poètes erbes ont chanté des épopées entières sur skenderbeg! où ils glorifient chacune de ses jatailles avec les Turcs : a) parce que nos joètes nationaux chantent aussi tous les héros les pays voisins, comme les Voyvodes rounains Bogdan et Mirtché ont chanté le héros nagyar Hunyadi (Sibinjanin Janko), etc., et en rénéral tout héros qui a combattu pour le chrisianisme coutre l’islamisme; b) parce que

1. O0. Andrije, Kaciéa-Mosica Razgovor ugodni naroda Sloinskoga, Zagreb, Lav. Hartmann, 109-175. Ces chants comnençaient ainsi : « Vojislava, la fidèle épouse du roi d’Épire, éva une fois qu’elle avait mis au monde un dragon dont les iles couvraient tout l'Épire, mais dont la tête qui allait usqu’à Constantinople dévorait des Tures vivants.

Skenderbeg s'appelait de son vrai nom Gjorgie

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Kastriotié, parce qu'il était Serbe. Au fond il nous est désagréable de devoir revendiquer pou" nous cet unique héros que les Albanais pen” dant tant de milliers d'années de vie ont pur produire, car dans la lutte de six cents ans que nous soutenons contre les Turcs, de Kossovo à Koumanovo, nous avons tant de héros natio:

naux, que nous n'avons certainement pas besoin du seul Skenderbeg. Mais pouvons-nous falsis fier l’histoire par déférence pour les Albanais?

Théodore Spanduzzi, un écrivain italien du xvi° siècle dit :

« Skenderbeg, un homme très brave, était d'origine serbe et était d'une si haute valeur qu'il n’est pas seulement estimé des Albanais, mais aussi d'autres peuples !. |

» Skenderbeg, prince d'Épire, était fils d’Ivan Kastriota, qui régnait à Matje (Emathia) et Umenestia (Wmenestia). Sa mère était Wojis lava, la fille du souverain de Polog, d’uné partie de la Macédoine et de la Bulgarie. 2»

1, Dans Francesco Sansovino, Historia universale dell origine et imperio de’ Turchi, Venezia, 1573, feuille 196. 2. Ibidem, feuille 272. Nous sommes fort obligés, pour la communication de ces deux citations, à l’académicien

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