DEUXIÈME PAKTIE. — CHAPITRE VIII
il fit à Abraham la promesse, parce qu'il ny avait personne au-dessus de lui par qui il pût jurer, jura par lui-même (1).
Tel fut, en résumé, ce livre de Bonacursus. Il était remarquable par la simplicité de l'argumentation. A un principe hérétique étaient opposés de nombreux passages de l'Ecriture pris du Nouveau Testament.' Les hérétiques n'admettaient pas, en effet, l'Ancien ; c'était donc comme une sorte d'argumentation ad hominem qui eût dû convaincre les adversaires. Mais où sont ceux qui, dans les passions de la lutte, cherchent sincèrement la vérité? D'ailleurs, il y a des positions que l'homme ne consent jamais à quitter ; il espère toujours la victoire, et sinon la victoire des armes, du moins cette victoire autrement glorieuse dont il croit cueillir les fruits en demeurant attaché à ses propres idées.
Vers le même temps, Ermengaud et Eberad de Béthune , écrivirent contre les hérétiques. C'était presque coup sur coup, quatre défenses: après les conciles, après l'expédition du légat Henri devant le château de Lavaur, l'Eglise, par la voix de ces hommes de talent et de vertu que Dieu ne manqua jamais de lui donner, faisait, entendre le fort langage de la polémique. Cette situation nous montre
(1) Hebr., vi, 13. Cf. Apoc, x, 5-6.
LKS ALBIGEOIS.
quelle était le grandeur du mal, et nul ne pouvait prévoir encore comment il finirait.
L 'Opuscule d'Ermengaud contre les hérétiques entrait dans plus de détails que celui de Bonacursus; mais au fond c'était la même argumentation : peu de raisonnements théologiques ou philosophiques ; la réponse est dans les livres du Nouveau Testament que les hérétiques admettent. Il serait superflu de citer encore tous ces témoignages. Le titre de chacun des chapitres de Y Opuscule suffît à nous faire parfaitement connaître l'hérésie, et nous constatons ici l'accord des auteurs catholiques sur leurs accusations. Preuve évidente, que, malgré la disparition des livres hérétiques, nous n'en sommes pas moins instruits sur tout leur contenu (1).
(1) Chapitre Ier. Dieu est le créateur de toutes choses. — Chap. II. Il n'y a pas deux Dieux. — Chap. III. La loi de Moïse a été donnée et faite par le vrai Dieu. — Chap. IV. Moïse n'a pas été un magicien. — Chap. V. Le mariage est licite. — Chap. VI. La conception et la nativité de Jean- Baptiste ont été annoncées par un ange bon. — Chap. VIL Le Christ s'est réellement incarné , il est réellement né , il a réellement souffert , il est réellement mort et ressuscité , il a. réellement mangé et bu. — Chap. VIII. Des églises faites de la main des hommes. — Chap. IX. Des autels. — Chap. X. Du chant ecclésiastique. — Chap. XI. Du sacrement du corps et du sang du Christ. — Chap. XII. Du sacrement de baptême. — Chap. XIII. Du sacrement de pénitence. — Chap. XIV. De l'imposition des mains.