II
savoir pourquoi. L’acte est inconscient, du moins le croit-on encore, bien que la psycho-physiologie n’ait pas dit son dernier mot sur cette névrose si intéressante. Chez ces malades pas de jugement, du moins apparent, pas de délibération prise avant d’accomplir la fugue. C’est le triomphe du réflexe. L’oubli des faits domine la scène après le retour à la raison.
Chez les Captivés, la représentation, le jugement et la délibération sont normaux, mais ils peuvent être déplacés par l’imposition d’une idée fixe, impérieuse, dominante, cette idée pouvant provenir chez les hystériqu es d’une suggestion venue d’une personne étrangère. Il y a inhibition et pénétration d’une volonté dans une autre, quelque chose comme un viol de domicile avec ligature et séquestration des maîtres de la maison pendant que l’intrus commande en chef aux domestiques. Chose étonnante, celui-ci étant sorti, les séquestrés, bien que rendus à eux-mêmes, lui obéissent encore inconsciemment, à un moment donné, sur l’ordre qu’ils en ont reçu. Des faits paraissant reconnaître un mécanisme analogue peuvent se produire en dehors de l’hypnotisme. Chez Albert la provocation initiale ne s’établit pas brutalement, elle arrive lentement, elle s’insinue sous la forme d’un désir devenant de I plus en plus impérieux. Ce n’est plus l’assaillant armé de toutes pièces, mais le tartufe cauteleux qui ayant été admis au foyer, finit par imposer ses volontés et commander aussi en tyran. Ici maîtres et domestiques obéissent.
Dans ce cas, le déterminisme des voyages accomplis par notre sujet diffère un peu du précédent et beaucoup de tous les autres.
Conclusion : Notre malade est un captivé. Quant au traitement, nous continuerons à appliquer la suggestion puisqu’elle nous a donné de bons résultats jusqu’à ce jour.