LA PHILOSOPHIE
pour base les mathématiques et se développant comme le monde lui-même par voie de corn-plexité croissant^, depuis le règne inorganique assujetti au nombre, au poids, à la mesure^ jusqu'au règne de la vie la plus haute, telle qu'elle se produit dans les sociétés intelligentes et dans l'humanité même, depuis la physique et la chimie jusqu'à l'anthropologie et la sociologie : toute cette synthèse immense vient se ranger sous la philosophie proprement dite et constitue cette quatrième faculté qui contribue le plus à donner aux universités allemandes leur caractère d'universalisme.
En Italie, comme en France, on a adopté la distinction toute matérielle de sciences et de lettres : on a groupé les mathématiques pures, les sciences physiques et naturelles, ou mieux expérimentales et positives, sous l'étiquette de sciences, et la philosophie, l'histoire, la littérature et les langues, sous celle de lettres,
Ot^ chercherait vainement une signification, une idée quelque peu profonde sous cette clas-
sification sans portée. Elle n'a fait, selon nous, que briser la grande unité logiqii 8 du savoir, et contribué à répandre dans l'opinion ce préjugé que la science vraie est tout expérimentale , et que le reste est du domaine de l'idéologie et de la chimère.
Il y a, au contraire, une vérité profonde à faire de tout le savoir supérieur un arbre unique, aux rameaux indéfiniment multiples, se rattachant au tronc même de la philosophie.
Toute science poussée à un degré de profon-^ deur, tel qu'il convient de la cultiver et de la traiter dans le haut enseignement, ne se ramène^t-elle pas h la philosophie ?
Qu'estrce que philosopher, sinon voir de haut et voir loin, saisir le principe premier et Ja conclusion éloignée ? Gomme il y a une philoso* phie universelle, abstraite, métaphysique, il y a une philosophie pour chaque science en particulier et pour toute science en général. La phi* losophie se mêle à tout; et une science n'est parfaite qu'autant que la philosophie l'éciaire.
LA PHILOSOPHIE let
Laissée à ses procédés techniques, toute science peut suffire à devenir l'objet d'une haute écolo; en se mêlant à la grande unité universitaire, elle doit revêtir le caractère supérieur d*une
philosophiez
Qu'est-ce qu'une littérature qui se contenterait d'admirer ce qu'on appelait autrefois les beautés littéraires d'un ouvrage? Je veux qu'on la vante comme un art, une branche de l'es- Ihétique, mais non comme une science ; elle est une question de goût, de sentiment artistique ; or le goût se cultive et se forme par réducation, il ne s'enseigne pas plus que le génie.
D'ailleurs, nous avons expérimenté tout ce qu'il y a parfois de conventionnel, d'arbitraire, de vide dans ce travail qui, n'ayant rien de scientifique et de philosophique, pouvait aisément s'égarer; aussi avons-nous imprimé aux