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HARMONIE FRANÇAISE

en un point, nous devenons sur ce point sans rivaux, irrésistibles. Nos grands triomphes militaires, politique», sociaux, intellectuels , littéraires ou scientifiques, sans exception, concordent avec les heures de puissante unité, tandis que les heures de division et de discorde sonnent toujours le glas de nos revers, de nos désastres, de notre décadence. IJ y a, certes, de la vigueur dans notre tempérament : elle s'accuse jusque dans nos excès mêmes et dans nos luttes intestines; il ne faudrait pas néanmoins jouer trop longtemps avec cette énergie. Les plus forts finissent, à ce jeu, par succomber.

Or, il semble que le temps est venu de songer à notre pacification et de travailler à la rétablir.

C'est un devoir patriotique. L'Allemagne en fait sentu: l'urgence à tout Français qui Ta étudiée de près et pris conscience, comme j'ai essayé de le faire, au cœur même du pays, de sa force et de ses ambitions.

La première condition pour travailler offica-

cernent à rharmonie nationale, c'est de la réaliser dans les esprits dirigeants. Et comme les vrais dirigeants d'un peuple sont ceux qui possèdent la plus haute culture, c'est entre eux qu'il faut essayer de mettre Taccord. La masse toujours passive et docile suivra ses guides. Mais comment accorder ceux qui ne se connaissent pas? Or, chose étrange, les Français ne se connaissent pas. Partagés en petites Eglises^ parqués eu sectes fermées, ils se font une guerre acharnée, et le plus souvent ils ne se sont jamais vus. S'ils se rencontrent, c'est trop tard, à Tàge où les formes se sont pour ainsi dire ossifiées, où les sentiments sont refroidis, où, enrôlés dans des partis, ils ne s'appartiennent plus. Je suis persuadé que, pour nous rapprocher, nous respecter toujours, et souvent nous entendre, il suffirait de nous mieux connaître.

Où donc se fera le rapprochement des esprits cultivés, destinés, par leur culture même, à la direction du pays?

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Dans la religion?

L'unité religieuse est brisée.

Dans un système de morale, de philosophie?

L'unité de la philosophie est plus atteinte encore que Tunîté religieuse.

Dans la politique?

Il serait ncdf de l'espérer : les partis politiques font rage.

Il faut se résoudre à se replier dans le respect du droit commun, garanti par la loi et libéralement pratiqué par l'État lui-même dans quelque haute institution d'enseignement supérieur.

Or, dans l'organisation de l'enseignement supérieur en France, on cherchera vainement ce qui peut répondre à cette mise en rapport des esprits. L'étude générale que nous en avons faite le prouve jusqu'à l'évidence. L'organisation est telle qu'elle isole, au lieu de rapprocher les esprits.

Je demande un complément à cette organi** sation.

Le but suprême de la réforme serait de réunir dans un même foyer les branches aujourd'hui séparées de la science supérieure, les étudiants d'élite qui les cultivent, les maîtres qui les enseignent.

L'institution nouvelle aurait un double avantage : sans apporter aucun trouble au système d'instruction publique en vigueur, elle préparerait, j'en suis sûr, dans un prochain avenir, rharmonie, la pacification des esprits, l'unité nationale.

Quoi de plus simple, par exemple, que de prendre le Collège de France pour base, de l'élargir, de le transformer en Collège universel de France? Pourquoi toutes les sciences composant l'enseignement supérieur n'y seraientelles pas enseignées? On les grouperait en

cinq facultés :

Faculté des sciences religieuses,

Faculté de droit.

Faculté de médecine,

Faculté de philosophie embrassant la lit té-

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