ALLIAGES D'ETAIN, DE BISMUTH ET DE PLOMB
plomb diminue la ductilité. Un alliage de 2o parties d'étain et 1 de bismuth est légèrement ductile. D'après Lewis, un alliage de 3 parties d'étain et 1 de bismuth fond à 199° G. Un alliage de 3 parties d'étain et i de bismuth est pulvérisable, d'une cassure gris foncé ; son poids spécifique est 7,776. Un alliage de 2 parties d'étain et 1 de bismuth fond à •166° C. Un alliage de 1 partie d'étain et 1 de bismuth est parfaitement cassant, pulvérisablc, avec une cassure d'un grain fin ; son poids spécifique est 8,345. Il fond à 138° C, d'après Lewis, et se dilate beaucoup en se solidifiant. Dœbereiner a trouvé que l'alliage Sn^Bi^ fond entre 131» C. et {37° C.
Alliages d'étain, de bismuth et de plomb.
§ 103. — Les alliages contenant ces trois métaux sont plus fusibles que ceux qui n'en contiennent que deux. Ils sont utiles pour vérifier une température donnée ; — pour faire facilement des métauxïplastiques afin d'obtenir des coulées d'objets délicats qui peuvent être endommagés par une trop haute température ; — pour faire des soudures tendîmes très fusibles ; — et enfin, comme mesure de précaution, pour des appareils susceptibles d'être détruits par une augmentation subite et excessive de température. Dans cet ordre d'idées, peuvent être citées les soupapes de sûreté fusibles des chaudières, qui furent d'abord très employées.
Les alliages fusibles sont fondés sur la propriété qu'ont certains métaux de devenir plus fusibles à l'état combiné. Le bismuth, l'étain et le plomb suivent spécialement cette règle. Si l'on ajoute du cadmium, l'alliage est encore plus fusible. Il est difficile d'obtenir ces alliages dans un état parfaitement homogène, car ils ont une tendance à se décomposer pendant la solidification, le plomb se séparant d'abord au fond de la
ALLIAGES METALLIQUES
masse. L'alliage le plus fusible de plomb, debismutb et d'étain consiste en parties égales de plomb et d'étain. et deux fois la quantité de bismuth ; il fond à 94° C. Selon Erman, il se dilate d'une façon anormale lorsqu'il est chauffé. Il se dilate régulièrement do 32° à 95" C, puis se contracte graduellement jusqu'à 131° C. ; à ce point, il occupe un volume moindre qu'à 32° ; il se dilate ensuite jusqu'à 174°, et à partir de ce point, la dilatation devient régulière. A cause de cette propriété de se dilater pendant le refroidissement, étant encore à l'état mou, il est très employé pour prendre des empreintes ; les lignes les plus fines sont reproduites avec beaucoup de fidélité. Une particularité de cet alliage est qu'il devient encore chaud, assez pour brûleries doigts, après qu'il a été refroidi dans l'eau. La cause de ce phénomène est attribuée à un effet de chaleur latente. Pendant la solidification et la cristallisation des parties internes de l'alliage, la chaleur latente de ces parties est immédiatement transmise à la surface refroidie.
M. Darcet a étudié les propriétés des alliages suivants :
1° Bismuth, 70 ; plomb, 20 ; étain, 40. Se ramollit à 100° C. sans fondre et peut être pétri entre les doigts, ceux-ci étant protégés.
2° Bismuth, 80; plomb, 20; étain, 60. Se ramollit à 100° C. et est facilement oxydé. Il y a cependant trop d'étain.
3" Bismuth, 80; plomb, 20; élain, 40.
4° Bismuth, 160 ; plomb, 40 ; élain, 70.
5° Bismuth, 90 ; plomb, 28 ; étain, 40.
Ces trois alliages deviennent plus ou moins mous à 100° C. Le n° 4 devient plus mou que les n°* 3 et 5.
6° Bismuth, 160 ; plomb, 50 ; étain, 70. Devient presque fluide à 100° C.