‹ Les Allocations Familiales et les Caisses de CompensationChapitre 5 sur 31 · MANS SD · texte numérisé non relu

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Ces allocations furent instituées en conséquence d’un accord avec les syndicats ouvriers. Elles demeuraient donc à leur origine une modalité particulière du salaire et, bien qu'issues de la liberté patronale, elles restaient soumises ou susceptibles d'être soumises au contrôle ouvrier.

Eñ même temps, quoique complètement privé de communications avec le reste de la France, un groupe d'industriels de Roubaix-Tourcoing prenait la même décision.

De nombreux entrepreneurs suivirent cet exemple, mais au bout de quelque temps l'institution fut complétée par une réforme essentielle, fondamentale. Des indices permettaient de craindre que certains chefs d'industrie s’efforçassent de recruter leur main-d'œuvre parmi les célibataires et ouvriers peu chargés de famille.

On eut l’idée de supprimer l'intérèt d’un tel calcul en créant entre les employeurs une sorte de mutuelle contre les risques d’inégalité dans les charges de famille de leur personnel. Ce résultat fut obtenu par la constitution d’une Caisse centrale, appelée par les fondateurs Caisse de Compensation, à laquelle s’affilièrent les industriels désireux d'organiser chez eux le régime des allocations; les charges afférentes à ce régime sont supportées non plus par chaque établissement mais par la caisse elle-même.

Le mouvement né ainsi dans la région de Grenoble

PUNT Érn en

prit rapidement, la guerre terminée, une extension remarquable. L'Union des industries métallurgiques et minières le faisait connaître par circulaire à ses Chambres régionales adhérentes en insistant pour que l'exemple de Grenoble füt suivi. Le mouvement ne fut d’ailleurs pas limité à la métallurgie ; l'institution nouvelle fut le plus souvent organisée dans le cadre régional et non professionnel.

La première caisse créée fut celle de Lorient en janvier 1918, puis en 1919 celles de Saint-Dizier, d'Epernay, de Rouen et de Nantes ; 1920 vit se multiplier ces institutions, À nouvelles au 1° mars 41920, 26 au 4er juillet, 54 au 1° janvier 1921. On en compte à l'heure actuelle 72, non comprises celles dont on ne connaît pas encore officiellement l'existence et une vingtaine en formation ou en projet.

Plus de 75 millions de francs sont distribués à un million de bénéficiaires. Ces chifires ont leur éloquence.

Le mouvement ne s’est pas cantonné dans l’industrie aux branches déjà si vastes. Récemment l’agriculture est entrée dans le mouvement ; 3 Caisses sont déjà en fonctionnement, celles de l’Ile-de-France, de Tours et de Bordeaux (vignobles). Le commerce commence également à coopérer au mouvement. Aucune Caisse proprement commerciale n’existe encore, maïs toutes les grandes maisons de commerce font elles-mêmes le ser-

vice d'allocations. Un projet cependant est tout près

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