ETAT DU MALADE
[. — A sonentrée,le malade présentait de l’agitation, des idées délirantes, de la désorientation, de la mégalomanie, avec euphorie et affaiblissement intellectuel ; idéation rapide, fuite et incohérence des idées. Il parle de milliards, de constructions, d’aéroplanes.
Inégalité et paresse des pupilles. Très peu d’accrocs de la parole. Réflexes presque abolis. Peu de tremblement. II marche, et il a de l'excitation motrice. :
IF — Examen actuel (juin 1914).
a) Somatique. — Anisocorie, la pupille droite est plus. grande que la gauche. Signe d'Argyll.
Quelques mouvements fibrillaires de la langue.
Réflexes tendineux forts, cutanés diminués. Pas de leucoplasie. Pas d'accrocs de la parole. Pas de tremblements. Il marche bien. Pas de lésion organique. Il semble bien portant.
b) Psychique. — Gros troubles de l'idéation ; délire mégalomaniaque et de jalousie; amnésie presque totale ; troubles. de l'attention qu’on ne peut fixer même un instant. Confus, désorienté dans le temps et dans l’espace.
Hallucinations de l’ouie et de la vue. T..: se lève la nuit ; il va vers quelqu'un qu'il croit entendre parler. Perversion de l’affectivité. Son activité est en excitation ; troubles idéatoires du langage, mais non moteurs; quelquefois actes délirants de violence.
Euphorie ; au sujet même de sa syphilis, qu’il ne nie pas, il dit en riant l'avoir « attrapée avec une maîtresse char-
mante, une belle brune, qui avait les nichons durs».
7. — CONSIDÉRATIONS CLINIQUES La paralysie s’est produite après onze ans d’une période
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latente qui ne présenta aucun accident externe cutané ou muqueux ; et aujourd'hui le malade n’a pas de leucoplasie buccale.
Hérédité similaire : tendance héréditaire aux excès ‘sexuels.
Nervosité constitutionnelle; bonneintelligence. La paralysie générale débuta par de l'excitation mégalomaniaque, de l'hyperactivité avec délire de jalousié etméchanceté ; absence d'ictus, de tremblement, d’accrocs aux mots d’épreuve et de toute maladie organique.
Ni la femme ni l'enfant n’ont été contaminés. Celui-ci a présenté une notable dysharmonie de développement neurologique ; chétiveté, précocité intellectuelle, mais pas de signes d’hérédo-syphilis. Actuellement(1916) on remarque, au point vue somatique, une assez bonne santé ; pas de tremblements, une marche assurée, une parole sans accrocs ; au point de vue psychique, au contraire, gros troubles de l’idéation, de la mémoire, des perceptions et du sens affectif avec mégalomanie.
. P..., quarante-huit ans. Marié à vingt-quatre ans et demi. Employé de commerce. Entré le 21 septembre 1912 à l'asile.
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1. — ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES
Renseignements fournis par sa femme. — Le père mort à soixante-quatre ans à Bicêtre, de « ramollissement du cerveau ». Mère morte à quatre-vingts ans. Un oncle paternel mourut dans un asile d’aliénés. Une sœur morte à vingt-
sept ans d'un cancer du rectum.