‹ Les almanachs franaisChapitre 11 sur 546 · LXX1V · texte numérisé non relu

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nécessaire des dames, les jolis petits recueils gravés qui charmaient à la fois la vue et l’esprit, les chansonniers qu’on glissait si facilement dans la poche.

A part une ou deux publications de colportage, la chanson ellemême, la vieille chanson française n’a plus place dans nos almanachs. Et, chose à peine croyable, alors que les « années », ces sortes de revues spéciales, ces publications intermédiaires entre l'almanach et l’annuaire, surgissent de toutes parts, littéraires, géographiques, musicales, industrielles, politiques, scientifiques, photographiques, vélocipédiques même, l’image n’a pas encore son organe attitré.

L’almanach tel que le concevaient nos pères, l’almanach que recueillent aujourd’hui, pieusement, les amoureux des élégances passées, semble avoir à jamais disparu, et c’est l'annuaire qui a profité de tout le terrain perdu par lui.

Dè-s maintenant, la parole est au xx8 siècle, le laisse la plume à celui qui, dans cent ans, épris de la même passion que moi, voudra bien continuer mon œuvre ; à celui qui voudra bien prendre en main mon héritage littéraire. Puisse mon souhait se réaliser, comme je viens de répondre, en dressant ce monument, au désir jadis émis par M. de Bois-Jourdain, comme j’ai fait mon possible pour combler la lacune « Brunet » signalée par Brunet lui-méme, dans sa savante bibliographie.

eûtes, imprimés et distribués par des papetiers, des parfumeurs, lesquels ont, tout naturellement, inventé la spécialité des petits almanachs parfumés (voir, à ce sujet, au supplément, l'Almanach-Bouquet pour 1868), des confiseurs, des tailleurs, des cordonniers, des bouchers, des magasins de nouveautés. Un de ccs industriels offrit même, en i8g3, à sa clientèle, un calendrier gastronomique sur lequel chaque jour était représenté par un plat particulier. Et, d'autre part, en 1891, un journal, Vêcho de Paris, fit distribuer à ses abonnés un ravissant petit calendrier orné de compositions de Lucien Métivet, tandis que le chocolatier Lombart, reprenant la tradition du xvm* siècle, joignait à ses sacs de bonbons un petit bijou grave.

Peut-être l’imprimerie Pairault qui a entrepris, ces dernières années, la publication d'une collection de minuscules, voudra-t-elle bien nous doter d'un almanach lilliputien conçu avec goût sur le modèle des publications du temps jadis. Tentative intéressante et bien faite pour charmer les curieux !

LES AFFICHES D’ALMANACHS

Les affiches d'almanachs depuis la Révolution. — Leur importance en librairie. — Leur intérêt au point de vue document, renseignement, pour les actualités et les modes du jour. — Description iconographique des principales suites annuelles.

L’histoire de l’affiche de librairie n’a pas encore été faite et il n’entre point dans mon intention de l'entreprendre ici : ce que je veux, simplement, c’est dresser une sorte de catalogue, une iconographie détaillée, si l’on préfère, des affiches d’intérieur destinées à annoncer les almanachs. Durant tout le xviii* siècle c’est, purement et simplement, le prospectus-affiche, le petit carré sur papier vergé, qu’il s'agisse d’un livre ou d’une attraction nouvelle de la foire Saint-Germain. A la Révolution la petite feuille, imprimée tantôt en largeur, tantôt en hauteur, s’agrandit, et atteint au format des affiches ordinaires, politiques ou autres. Même aspect extérieur, même typographie soignée ; encore toutes les élégances de la belle époque. L’emploi de l’elzévir, le mélange heureux des caractères donnent à ces placards une couleur très spéciale. Leur arrangement général indique bien l’usage auquel ils sont destinés : d’aucuns conservent la mise en pages d’un livre, et présentent même tout l’aspect d’un titre ; telles les deux pièces ici reproduites dont l’une, avec son appel caractéristique : Avis à la Nation, laisse déjà entrevoir les formes nouvelles de la publicité. Ce n’est plus seulement l’appel aux « citoyens-libraires », — souvent rencontré sur les prospectus de l’époque, — c'est l’appel à tout le monde indistinctement, au public, dans son ensemble.

Sous le premier Empire, sous la Restauration, l’annonce de librairie, après s’être élevée jusqu’à l’affiche, paraît vouloir revenir à des proportions plus modestes : une annonce de Treuttel et WUrtz, pour l’Almanach des Dames, et différentes petites feuilles-affiches imprimées chez les Didot, destinées à d’autres publications similaires, m’ont passé sous les yeux, dans des formats dont on ne se soucierait plus guère, aujourd’hui. Et, à vrai dire, jusque vers 1840, l’affiche consacrée au livre, peu nombreuse du reste, n’offre qu’un médiocre intérêt. Les seuls ornements qu'elle se permette sont les encadrements typographiques, ces mêmes encadrements que l’on peut voir sur certaines couvertures de l'époque.

Mais, à partir de ce moment, l’affiche devient, pour ainsi dire, obligatoire, en même temps qu’elle se présente illustrée, et les almanachs, qui poussent drus, prennent l’excellente habitude d’annoncer leur apparition au moyen de placards annuels offrant, chaque fois, une composition nouvelle.

C'est l'iconographie de ces pièces, la description de ces feuilles volantes d'un intérêt tout particulier que j’ai donc entrepris de donner ici, comme j’ai cru devoir, plus haut, entrer dans quelques détails sur les cartonnages, c'està-dire sur l'enveloppe extérieure des almanachs, et sur les calendriers destinés à leur être adjoints.

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