ETAT CIVIL DE LA FRANCE
CONTENANT «*. Les noms des honorables Membres de l’AfTcmblcc Nationale»
A*. Ceux des Membres des Aflcmb'écs Provinciales •,
|*. Des Officiers de MunicipaUrés 6' de Communes actuellement exilantes»
4*. Des principaux Officiers de Julbcc ;
j*. Des Sociétés Littéraires . Savantes , d’Agriculture St de Bicnfjifancc »
6*. L'Etat EccléOaftiquc de chaque Diocctc ;
7*. Enfin le Tableau du Commerce des principales Villes du Royaume , avec les noms 5; opérations des principaux Négocians*, le tout accompagné d’une analyle exaéle fit précifc des Coutumes. Régjcmens, & Evcncmcns particuliers à chaque Province .des Opérations N Décrets annuels des Aflcmblécs primaires 6t fccondaires.
Autre Vol. petit iibi z , d’environ 500 pag. même prix. S: fc trouve â Id même adrcfîc que I’Etat Militaire National.
Affiche destinée à annoncer deux publications du libraire Le Tcliier et imprimée egalement sur gros papier bleuté.
(Collection de l’auteur.]
* Celte affiche acquise par moi, tout récemment, m’a fait connoltre ces deux « Etat* » dont j'ignorais l'existence.
jusqu'alors, réservé aux publications d’une valeur plus considérable. « Les reports », dit M. Maindron, dans sa dissertation sur les affiches illustrées, < n'y sont pas toujours parfaits, les teintes rouges, bleues et noires qui les composent y sont quelquefois confondues, mais pourtant l’harmonie n'y est point trop maltraitée. Cette collection spéciale aurait, aujourd'hui, une réelle valeur. De ces premiers essais, nécessairement incomplets, presque informes, si on les compare aux résultats remarquables qu'on obtient aujourd’hui, date l’entrée en ligne de la branche lithographique. »
Intéressantes comme métier, toutes ces pièces sortant des ateliers de Ch. Fernique, ne sont pas moins précieuses à feuilleter, si l'on veut étudier le développement du sentiment artistique dans la publicité commerciale. D'abord signées de Vernier, de Cham, de Quillenbois (M. de Sarcus), d’Henri Emy, de Bertall, de Benjamin Roubaud, elles auront une ou deux belles pièces en noir d’Edmond Morin et de Nadar; elles donneront lieu à une production nombreuse de Stop, elles verront successivement Grévin, Henry de Montaut, Hadol, Mars, Draner, Frédéric Régamey leur apporter le concours de talents et de sentiments divers dans le domaine de la décoration ou de la fantaisie, jusqu’à ce que — dernière incarnation — des jeunes, tel de Feure, y fassent pénétrer le style fin de siècle.
Au point de vue du document, du renseignement, elles ne conserveront pas, jusqu’à nos jours, le même intérêt. A l’origine, l’on peut dire de 1840 à 1870, elles constituent une sorte de galerie illustrée par la plume et le crayon des nouveautés, des curiosités, des passions et des folies du moment. Quillenbois, Cham, Vernier, Bertall se servent de ces affiches-réclame pour donner libre cours à leur esprit inventif, et l’on ne sera pas peu surpris de voir, en les feuilletant une à une, que bien des choses alors prédites, sous une forme satirique, ont, depuis, pris corps et sont devenues des réalités. D’une lecture facile, comme toutes les estampes, elles offrent ce grand avantage de présenter ainsi, sous une forme condensée, les engouements et les ridicules humains, qu’ils soient éternels ou simplement particuliers à certaines périodes : ici, les extravagances des modes, les outrances de la gloriole militaire ; là, la ballonomanie, la coursomanie. Le Léviathan, cet ancêtre des cuirassés, les omnibus, les chemins de fer, les vélocipèdes, tiendront une grande place à côté des rêveries socialistico-humanitaires ou de la fièvre de l’or suscitée par la découverte des mines de Californie; Abd-el-Kader et M. Prudhomme s’y rencontreront avec les planètes de M. Leverrier ou les lions de M. Crockett ; la muselière des chiens viendra fréquemment rappeler que la peur de la rage canine fut, de tout temps, une obsession bien humaine ; les Aztecs et les Turcos permettront à Cham de donner libre cours à sa verve : la pieuvre de Victor Hugo, le fusil à aiguille des Prussiens, le canon rayé des Français serviront ainsi à caractériser certaines années, et le cheval Gladiateur dont les couleurs furent, un instant, si recherchées, passera à la postérité sur le même rang que le colonel Armstrong.
Mais, peu à peu, depuis 1870, cette excellente habitude de présenter en quelques rapides croquis, une revue de l'année, a disparu ; les éditeurs ont remplacé la primitive affiche annuelle par des compositions allégoriques destinées à jouer le rôle de passe-partout, deux ou trois médaillons servant uniquement à enregistrer les nouveautés du moment. Et c’est ainsi qu’à une période, à la fois documentaire et pittoresque, a succédé, pour l'affiche d'almanach, la période banale en laquelle nous nous trouvons, aujourd’hui.
Dans la description qui va suivre, on s’est donc surtout attaché aux pièces enregistrant les curiosités et les extravagances annuelles ; les autres dont l'intérêt n’est que secondaire ont été sommairement indiquées. Il suffisait
LES AFFICHES D ALMANACHS
grandement de constater leur existence pour ceux qui, se souvenant de l’opinion émise, en 1886, par M. Maindron, ont été pris, depuis quelques années, de la passion de collectionner les affiches. Et puisque je cite, à nouveau, le nom de ce collectionneur émérite, je tiens à le remercier de l'amabilité avec laquelle il a bien voulu me montrer scs richesses, en ce domaine spécial. Ses pièces réunies à celles de ma collection, à celles obligeamment prêtées par le libraire Sapin, à celles que j’ai pu trouver au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale (1) m’ont permis de constituer l’ensemble, assez important, dont la description suit (2) :
Almanach Astrologique.
— 1848. Composition de Bertall.
Un attrologut, à cheval sur la mappemonde. De petites vignettes personnifient la France, l'Angleterre. l'Italie, la Bavière, l'Espagne, tandis que tous les peuples s'inclinent devant une statue du veau d'or. Dans le haut, à gauche, la lune en femme ; à droite, le soleil, avec un lorgnon.
— i85i. Composition de Henri Émy.
Trois personnages s'élevant en ballon : l'un d’entre eux est monté sur un âne.
— i863. Composition de Cham.
« La santé de ta Lune donnant des inquiétudes, s'adresser, pour voir son bulletin, chez M. Pagnerre, rue de Seine, 18 >. (Un astrologue tâtant le pouls à la Lune.)
Tout autour petites vignettes : « Les habitants de la Lune envoient des pommes cuites aux astronomes ». — « La Lune en prenant à son aise maintenant que le gaz fait son ouvrage, etc. »
Litho noire et rouge.
Almanach Comique.
1847. Composition de Cham.
Reproduction d’après un original en couleurs.
fl) Le Cabinet des Estampes ne possède aucun recueil spécial consacré aux affiches d'almanachs ; rien ou presque rien au dossier de dépôt des imprimeurs: c'est donc dans l'ceuvrc des artistes qu'il faut chercher; mais â part Cham. assez copieusement représenté, à part deux ou trois pièces de Bertall et de Henry de Montaut, l'affiche est, en ce domaine, d'une déplorable pauvreté.
(3) En principe, toutes les affiches, ici décrites, sont des lithographies. Lorsqu'il en est autrement une note l'indique. En principe, également, elles sont tirées en deux couleurs, bleu et rouge. Toutes également sont en largeur, à moins d’indication spéciale.