‹ Les almanachs franaisChapitre 296 sur 546 · LES VEILLÉES DE TIBULLE · texte numérisé non relu

LES VEILLÉES DE TIBULLE

Chansonnier Érotique. || A Paris, chez le

Fuel, Relieur-Libraire, Rue St Jacques, n* 54. (1817.) In-3a.

Titre en l.ltre. grevée. et 4 figure! une légen-

des, au pointillé.

Recueil de chansons d’Armand Gouffé, Charrin, M,,# Dea Bordes, Dclcroix, Mayeur, etc-, qui n*a d’érotique que le nom.

[Cat. 5 fr.)

1818. — VIVE LE ROI OU LE CRI ; DE LA FRANCE. || A Paris, chez Janet, Libraire, rue St Jacques, n* 5g. (1817.) In-3x.

Curieux petit almanach historico-politique avec 8 vignettes relatives aux membres de la famille royale : médaillons ronds au-dessous desquels de ; plUI Pelits médaillons donnent le portrait du per- | *>nnage représenté ; 1. Le Roi. — 2. Madame,— j 3. Le duc de Berry. — 4. Le prince de Condé. — 5. Le duc de Bourbon. — 6. La duchease de Ber- I r7‘ — 7- Le duc d’Angoulême. — 8. Monsieur.

Le texte gravé est entièrement composé de chansons relatives au retour des Bourbons : « Vive le Roi ! L’amnistie de la violette, Le retour de l'héroïne de Bordeaux, Appel aux guerriers, La rose d'Italie et les français, Aux Bourbons buvons! Couplets chantés au retour du Roi, de Madame ou de Monsieur, plusieurs signés par un soldat ou par un sous-officier dans la garde nationale •. Au recueil eat joint un cahier de chansons nouvelles

par H. Destouches. Voici, à titre de curiosité, deux chansons qui eurent, alors, une grande vogue ;

L’Amnistie de la Violette Air : De Darondeau.

Que je te plains, modeste fleur des champs :

Du Corse le sombre délire En te fondant un chimérique Empire A détrôné la Reine du Printems.

De fuir un éclat qu'elle abjure La vertu s’imposant la loi Ne fera plus son emblème de toi Ni la Bergère sa parure.

L’ambition sur le front des guerriers Vainement te place en trophée:

Bientôt mon œil te voit presqu’étoufTée, Coupable fleur, sous de sanglant lauriers.

Tu vas rentrer dans ta retraite Déplorant un affreux succès Et c’est pour fuir sa honte désormais Que se cache la Violette.

Mais sur la France un nouveau jour a lui,

Et lorsque chacun t’abandonne,

Dans la bonté de ce Roi qui pardonne,

Fleur de Printems, tu trouves un appui.

Un Prince généreux oublie Tous les torts dont nous t’accusons,

Et c’est lui-méme en répandant tes dons Qui te comprend dans l’Amnistie !

Mais pour reprendre à l’amour des Fran Des droits qui dureront sans cesse,

Implore aussi d'une auguste Princesse Et le pardon et même les bienfaits,

Oui soudain, si sa main chérie Sur son front place tes tributs Tu redeviens l'image des vertus.

El la fleur de la modestie.

La Rose d’Italie Et le Lis Français Sur un sol étranger Fleurissait une Rose :

Avant que d’étre éclose On la lit voyager.

Comme elle était jolie,

Pour trouver des Sujets

La Rose d'Italie

Vint près du Lis Français.

Le Lis voudrait partir,

Sachant qu’elle s'avance,

Mais du Pays de France 11 ne doit plus sortir ;

Enfin la fleur jolie Accepte nos bouquets :

La Rose d’Italie

Est près du Lis Français.

Pour bannir le souci Et causer en voyage,

Une fleur du même ige Vient avec elle ici.

Las ! le nœud qui les lie Va se rompre à jamais :

La Rose d’Italie S'unit au Lis Français.

Bientôt grande rumeur Dans l’Empire de Flore 1 Chaque fleur se colore D’une fraîche couleur.

Pudeur et modestie Font rougir à l’excès La Rose d'Italie Devant le Lis Français.

Sous des myrthes fleuris Une noble Immortelle D'une chaîne éternelle Serre les nœuds chéris ;

Et l’Enfant d'Idalie Va dans de verts bosquets Sur Rose d’Italie Greffer le Lis Français.

lEx. mar. r. cat. 12 fr.J

1819. - L'ABEILLE DES DAMES H A Paris, chez Le Fuel, Relieur-Libraire, Rue St Jacques, n° 5q. (1818.) ln-18.

Petit manuel d'histoire naturelle. « L' Abeille des jardins, dit l'éditeur dans un avis, compose son utile butin du suc de toutes les fleurs, Y Abeille de Chistoire naturelle s’est plu à rassembler dans un cadre resserré et agréable une légère notion de chacun des règnes de la nature, propre à amuser un moment la plus belle portion du genre humain, la femme. >

Avec 16 planches coloriées reproduisant les types des différents règnes et un litre également gravé synthétisant les règnes.

Exemplaires cartonnés ou reliés en soie, avec calendrier.

[Ex cart., cat. 5 fr.J

1820. — ALMANACH DE LA BONNE COMPAGNIE, ou Anecdotes Tirées des éditions originales de Racine, Madame de Caylus, H ami 1 ton, Madame de Sévignc, La Fontaine, Molière, etc. Avec un Calendrier et un Souvenir gravés. || Paris, Le Fuel, Libraire, rue Saint Jacques,

XIXe SIÈCLE

11*54. Delaunay, Libraire, au Palais-Royal, (a. d.) Vers 1818- In-3î.

Frontispice grave : Idée des Liaisons de Paris : M"* du Deffand et Pont de Veslc. — Recueil d'anecdotes extraites des éditions originales des meilleurs auteurs français.

1821. — ALMANACH DES ADRESSES DE [TOUS LES COMMERÇANS DE1 PARIS pour Fannie 1818. || Divisé par ordre alphabétique d’étals et de noms et contenant des détails sur le commerce des négocians, banquiers, agens d 'a liai res, libraires, commissaires de roulage et en marchandises, fabricans et marchands de tous genres de Paris et indiquant tous les commcrçans compris sur la liste des éligibles et tous les électeurs faisant partie des collèges électoraux de Paris. || Ouvrage utile aux commcrçans et marchands de Paris et de la province, et particulièrement aux étrangers. || Première année : Cet almanach fait suite à V Almanach des 35fooo Adresses de Paris. || Par M. H. D. (Henry Dulac) rédacteur de l'Almanach des 25,ooo adresses des non commerçans. Paris, chez C. L. T. Panckoucke, Editeur. 1818-1826. 9 années.

In-!2.

Véritable tableau de l'industrie parisienne dans toutes scs branches, initiant le public à des métiers depuis longtemps disparu* et absolument ignorés de nos jours. Tels, par exemple, les inventeurs fabricant* et marchands d'j ugustincs (chaufferettes économiques), les fabricants de café-chicorée (quel est le falsificateur, de nos jours, qui oserait avouer pareil mélange ?) le fabricant de chaussures dites corioclaves. Les parfumeries sont déjà riches en eaux de toutes sortes, en pâtes, cosmétiques, élixirs. Mais, dans ce charlatanisme encore naïf, la palme revient à ceux qui, de la façon la plus naturelle, mélangent l'art et le commerce. Tel un artiste peintre restaurateur de tableaux, « seul successeur de son père pour la composition d'un beaume propre à guérir en peu de temps un grand nombre de maux externes. »

h' Almanach Jet Commerçant n’a pas de calendrier.

[B. N. — collection.]

1822. — ALMANACH DES SPECTA- CLES par K et Z [puis K, Y, Z, dès la 2e année]. || A Paris, chez Janet, Libraire, rue St*Jacqucs, n° 5q. [A partir de la

seconde année, chez Louis Janet, successeur de son père.] (1818-1825, 8 années.) In-24.

Très intéressant almanach, attribué à Charles Malo suivant M. de Manne, à Lcewc-Wcimar suivant M. Filippi, donnant la revue sommaire des scènes pari-iennes, des théâtres de province, des jugements sur les pièces et leurs interprètes, des notes sur les débuts et le répertoire.

La première année s'ouvre par un article d'ordre général sur les théâtres :

Au Français, plus que Romain,

Le spectacle suffit sans pain.

• Sans théâtres que de gens ennuyés, j’allais dire ennuyeux! que de mortels désœuvrés ! que de sujets piquans de conversations, que de malices d'esprit enfin perdus pour no* salons 1 Et les journaux eux-mêmes! à quoi les réduirons-nous ? Otons leur les théâtres, privons-les de cette source pour eux intarissable d'observation*, d'à-propos, de gaîtés, d'intérét, nous les réduirons à un état de langueur voisin de la mort. — Ne vivront-ils que de littérature ? Eh, bon Dieu ! qui de nos jours perd son temps à lire ? — Nous nous moquons vraiment bien des savants et des ouvrages... Il faut qu’on nous amuse. >

Cet almanach récolta soigneusement durant son existence les épigrammes et les bons mots ; il est donc à ce point de vue précieux à parcourir. Du reste ses articles étaient le plus souvent conçus dans un esprit satirique, et aucun théâtre ne parait avoir échappé aux malices de ses rédacteurs. En 1818 c'était l'Odéon, en 1821 ce fut l'Opéra.

Salle fort belle, acteurs généralement supportables, pièces pour la plupart au-dessus de la médiocrité, on accordait tout cela à l'Odcon, € dont le caissier, un modèle, ne demande que de l’occupation. > « Pourquoi Jonc l'Odéon e*t-il abandonné? Pourquoi scs premières et ses baignoires sont-elles le plus souvent vides ? > C'était déjà le grand mystère de la rive gauche !

L'article sur l'Opcra est assez drôle et vaut la peine d'être reproduit dans scs parties essentielles: on verra ainsi de quelle façon les questions théâtre étaient alors traitées.

c Les réformes qu'cffectae. de jour en jour, M. Viotti, jointes à l'cxigufté présente de la satlc de Favart, ont donne lieu de penser que l'Administration se pourrait bien défaire d'une multitude d’objets dont ses magasins sont bien inutilement encombres. On lui proposa d'abord amicalement de troquer scs partitions d ArmiJe, d'Alceste, à' Orphée, d' Iphigénie en TauriJe , contre celles d’autant d'ouvrages italiens pour le théâtre des Bouffons; le bûcher de Didott, contre un pocle pour le grand vestibule de la petite salle Favart ; l’Olympe de Castor et Poltux, contre des banquette* rembourrées pour le Paradis de ladite salle; la

grande conque de Vénus contre une dsyère d’huîtrcs, pour cct messieurs de la danse et du chant ; le tonneau des Danàidef, contre une pièce de vin de Bordeaux, pour les messieurs de l'orchestre; l'clcphant de Tamerlan , contre un chien dogue pour la porte du comité de lecture ; la forêt de la Jérusalem Délivrée , contre quelques cordes de bois supplémentaires, attendu qu'on est obligé de faire du feu dans les loges de certains acteurs, été comme hiver; les brouillards d'Ossian , contre du papier analogue à la comptabilité ; enfin l'enfer de Psyché, contre des fourneaux pour les cuisines de messieurs tels et tels. >

« Plus tard, il a circulé quelques autres listes de ventes, qui ne sont assurément pas officielles ; voici l'une d'ellea: /* Lot: un Olympe en bon état, si ce n'est qu'il manque i Neptune son trident et à Mercure son caducée ; le premier ayant été emprunté par un aspirant à l'Académie Française entré dans la Société de la fourchette, et le second ayant été pris, lors du déménagement, par un particulier très-connu dans les coulisses de l'Opéra. — 3* Lot : un soleil un peu taché par la pluie; plusieurs lunes, toutes en croissant ; un tonnerre dans son étui, des éclairs en bouteilles; et un arc-enciel aux sept couleurs: ce dernier article pouvant convenir i beaucoup de monde. — 3 * Lot : un trône oriental avec un assortiment de chaînes ; la couronne, le sceptre et le manteau de Sémiramis, avec tous les costumes des seigneurs et dames de sa cour, auxquels on pourra joindre des masques de toute espèce et une grande quantité de fil d'archal achetée dans les temps pour le ballet de Zépkirs et Flore. — 4* Lot : des vents et des démons, des jeux et des spectres, une Thémis et une Chimère, le tout à bon marché. — 5* Lot: enfin tout le peuple de Babylone, peint à l'huile, les trois Gr&ces au vernis.

a Nota. Il se trouve, par hasard, une Vertu, mais elle est à la détrempe. >

< Ces divers bruits de vente et d'échange, tout sages qu'ils sont pour le moment, méritent confirmation. Les idées rétrécies de ('administration de Favart n’auront peut-être rien de commun avec celles du directeur de l'Opéra de la rue Grange- Batelière... Espérons tout du temps.»

Après le texte, l'illustration, qui tient une assez grande place et se compose, invariablement, de 12 ou 9 portraits en pied, très finement coloriés, d'acteurs et d'actrices ; chaque année ayant sur le titre même, invariablement gravé aussi, un petit buste de personnage ancien ou d'auteur roodornc.

t'* Année. — Sur le titre, buste de Melpomène.

— t. Lavigne (Opéra), rôle de TancrèJe ( Jérusalem délivrée ). — 3. Bigotini (Opéra), rôle de Nina [La folle par amour). — 3. Fleury (Français), rôle du marquis de Moncade ( Ecole des Bourgeois). — 4. M11* Mars, rôle de Marie ( Madame de Sévigné) .

— 5. Talma (Français), rôle de Manlius. — 6. Martin (Opéra-Comique), rôle du Sénéchal [Jean de

Paris)— 7. Mm» Gavaudan, rôle de Margot ( Diable à quatre). — 8. M“« Catalani (Opéra-buffa), rôle d'Aristea(// fanatieo per la musica). — 9. M“« Rivière (Vaudeville), rôle de Lucette (La jolie Fiancée).

— 10. Joly (Vaudeville), rôle de Gaspard (Gaspard l’ Avise). — U. Pauline (Variétés), rôle d’Henriette [Jarretière de la Mariée). — 13. Potier (Variétés), rôle de Lantimèche ( Combat des Montagnes).

2* Année. — Sur le titre, Amour tenant d'une main une couronne, de l'autre un masque. 1. Dérivis (Opéra), Alemar (Abcncerrages). — 2. M** Branchu (Opéra), Hippermnestre [Danoîdes). — 3. Paul (Opéra), Zéphire (Psyché). — 4. MIU Duchesnois (Français), Alzire (tragédie de ce nom.) — 5. Lafond (Français), Tancrède ( tragédie de ce nom). — 6. Chenard (Opéra-comique), Prince de Catane ( opéra de ce nom). — 7. Mu* Fleury (Odéon), Suzanne (Famille Glinet). — 8. Mu« Perrin (Vaudeville), Elvina (Le petit Dragon .) — 9. Gonthier (Vaudeville), Comte Ory ( vaudeville de ce nom). —

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