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ALMANACH DES MUSES

• C’est une corbeille de fleurs poétique, que Frère-Quêteur au Parnasse offre tous les ans au public. On appelle ainsi le rédacteur, parce que pendant toute l'année il sollicite les faveurs

à l'Amour et les fables du cit. Florian de prendre place aux côtés de dialogues pour la fête de Barra et de Viala ou encore de distiques pour Lepelletier et Marat.

Les volumes de l’An II et de l’An III ont tous les hymnes de Marie-Joseph Chénier ; celui de l'An IV, donne « la Jeune Captive » d’André.

La Révolution est passée, les noms nouveaux abondent : Ancelot, Baour-Lormian, de Bonald, Capelle, Goufie, M** de Salin (ci-devant Constance Pipelet), Alex. Dumas, Lamartine, Saintine, Chateaubriand, Corbière, Desbordes - Valmore , Miger, Pongerville, Victor Hugo, etc.

L’Almanach des Muses a été pris souvent à partie dans les publications du XVII I* siècle, et notamment dans le Petit Almanach de nos Grands Hommes (voir le n* 879) qui n'est pas tendre pour la plupart de ses poètes attitrés. Dans ce recueil annuel qui eut des commencements assez minces,

des enfans d’Apollon, qui contribuent de leurs travaux à former son recueil et son patrimoine. Il vit de quête.

« Frère-Quêteur prend et entasse au hasarJ toutes ces fleurs, sans assortir les couleurs; il en compose un énorme bouquet, à peu près comme le fait un paysan mal-adroit à la fête de son bailli, puis il le jette au nez du public la veille du jour de l'an. Les fleurs vives, les fleurs pâles, les fleurs inodores, les fleurs odoriférantes, les orties mêmes y sont mêlées indistinctement. Mais qu’importe au rédacteur ? Son bouquet n'est-il pas fait ?

■ On s'occupe de ce recueil les quinze premiers jours du mois de janvier ; puis, semblable à certains insectes éphémères, il pâlit et disparolt.

• Rien ne prouve mieux combien il y a de petits talens à Paris que cette foule prodigieuse de petits vers. Plusieurs petites réputations se contentent

XVIII' SIÈCLE

d'y briller une foi» l*an ; et comme ce» auteurs ont de l'esprit pour le premier janvier, ils persuadent facilement leurs petites coteries qu’ils en out ou peuvent en avoir toute l'année.

« Il y a des tics littéraires qu’il est si facile d'i- j miter, qu’ils deviennent épidémiques. C'est ce qu on remarque en lisant cet almanach, compose par tant de plumes différentes ; c'est une couleur, un ton uniformes. Vous jureriez que la moitié du livret est de la même main. On y apperçoit (rie) le meme tour, la même manière, la même prétention à l'esprit ; et jusqu’au choix des mots et des images, tout vous répète l’accent du persiflage à la mode.

■ Tout auteur veut y paroltre libertin, léger, quoique souvent il ne soit ni l’un ni l’autre. Ces poètes parlent des ris, des jeux et des grâces, qu'ils n'enchaînent que dans leurs hémistiches. Ils vous entretiennent de leurs fêtes et de leurs plaisirs, sans vous donner envie d'y assister ; car tout en disant aux autres, allons, mes amis, rions, chantons, abandonnons la gloire pour les beaux yeux de nos maltresses, leur visage salongc (sic) el fait la moue.

• On pourrait dire à ces muses grimacières ce qu'un homme disoit â une femme qui faisoil des mines : trompeuse , tu mens au rire.

• Ce recueil annuel et inégal, est suivi de petites notices sur les ouvrages de poésie et de théâtre, bien tranchantes, bien courtes, et toujours vuides d'esprit.

• Ce rédacteur est de plus compilateur de son métier, n’importe de quoi. Il va louant sa plume à tout journaliste pressé, ainsi qu'un manœuvre va cherchant un maître maçon. C'est l'emploi de ces écrivailleurs qui, bientôt désespérés de leur radicale impuissance, se font jugeurs ».

La peinture en est vive et quelque peu cruelle, surtout si l'on songe qu'il s'agit ici de VAlmj~ nach des Muses d'avant la Révolution. Qu'aurait dit Mercier aux approches de 1S20, alors que le pauvre « Almanach » n'était plus que l’ombre de lui-même. Reconnaissons du reste que les écrivains du premier Empire et de la Restauration, Jouy notamment, ne furent pas plus tendres pour cet ancêtre de la poésie.

Pour ce siècle voir les années 1820, 1831 et 1822 avec poésies de Casimir Delavigne, Désaugiers, Lamartine (Le Lac), Legouvé (La mort de Laocoon), Saintine, l’année 1823 avec La Fille d'Oiaïli de Victor Hugo, l'année 1824 avec Le Papillon de Lamartine et plusieurs pièces de L. Halévy, l'année 1825 qui donne Les funérailles de Louis XVIII et l'ode sur le sacre de Charles X par Victor Hugo, enfin l'année i83o avec nombreuses poésies de V. Hugo, Alex. Dumas, Lamartine, Saintine.

L'almanach se vendait 2 livres [quelques années I liv. 10 sols] 11 fut fait, pendant plusieurs snnées, un tirage à 5oo exemplaires sur Hollande lesquels, se vendaient, brochés, 4 livres. Par la suite l’éditeur annonça les prix suivants pour un ensem-

ble de volumes : les i5 premières années (176S- 1779} pouvaient être achetées pour 19 livres 16 sols; les 20 premières années (1765-1785} 27 livres 10 sols ; les 3o premières années 54 livres. L'année 1784 en indiquant les prix des 20 volumes parus à ce moment, nous apprend qu’il y avait des collections en maroquin, en veau fauve doré, en veau écaille doré, en veau rouge sur tranches, lesquelles valaient de So â 40 livres.

Voici, d'autre part, quelques plaquettes se rapportant à cette volumineuse collection.

1. Pièces échappées aux seixe premiers volumes de l’Almanach des Muses (recueillies par Sautereau de Marsy). Paris, 1781. In- 12.

2. La Pantoufle d’Apollon ou Examen critico-comico-impartial du plus élégant des volumes de la Bibliothèque bleue vulgairement appelé Al manach des Muses, avec des gravures en tailledouce, si fines qu'elles ne seront visibles qu'aux yeux de l'imagination, par un commerçant d’ouvrages d'esprit. A Bibiiopolis, chex les march. de nouv., rue de la Critique, 178t. Petit in-12.

C’est la critique de plusieurs pièces contenues dans l'Almanach des Muses pour 1781.

3. Dialogue entre ÏAlmanach Royal et VAlma nach des Muses , 1781.

Consulter également • Esprit de l'Almanach des Muses depuis sa création jusqu'à ce jour • (par René Allisson de ChazelJ. Paris, Chaumerot. S. d. 2 vol. in-18.

[Collection complète en bonne reliure, de 5o à 60 fr. Quelques années séparées (A. 1793, 1 825, i83o), de 5 i to fr.

(B. N. Années 1765 (réimpression), 1788, 1820 à 1826.]

378. — ALMANACH DU WHISK (sic), ou Traité du Jeu du Whisk, contenant les Loix de ce Jeu et des Règles pour le bien jouer par Edmond Hoyle. Traduit del’Anglois. [Nouvelle Édition, revue, corrigée, augmentée.] || A Amsterdam, Et se trouve à Paris, chez Musicrtils, Libraire, Quaides Augustins, au coin de la rue Pavée. Et chez Fournier, Libraire, rue du Hurpois, à la Providence. M.DCC.LXV.

In-24.

La titre de départ porte : « Traité du Jeu du Whisk » et la page est numérotée 1 1. L'introduction du volume a été remplacée par un calendrier.

En somme, c’est la mise en vente sous forme d'almanach d'un traité relatif à ce jeu spécial, qui a dû paraître déjà antérieurement. On se contentait de changer le calendrier.

[Coll, de Bonnechose.J

379. — ALMANACH ICONOLOGIQUE pour l'année 1763 orné de figures avec leurs explications par M. Gravelot [et Cochin] (1). [| A Paris, chez Lattré graveur, rue St-Jacques, à la Ville de Bordeaux, (1766-1781 : 17 années). In-24.

Le texte de celte intéressante suite est également entièrement gravé. Il y a un frontispice général et un portrait de Gravelot en tête de l'année 1765. Le frontispice porte : ■ Iconologie. Première

suite des Arts, dédiée à M. le Marquis de Mari* gny, conseiller du Roi... par ses très humbles et très obéis, serv. Gravelot et Lattré •. Indépendamment de cela, chaque année contient un titre gravé, 12 ligures et 1 calendrier, à l'exception toutefois, de l'année 1766 qui forme deux parties ayant, la première 12 figures, la seconde 8. Les titres des dix premières années sont différents: à partir de l'année 1775 le même titre sert jusqua la fin. Au total 12 titres et 204 figures.

Les dessins de Gravelot et de Cocbin ont été gravés par Aliamet,Baquoy, ChoffarJ, Ducios, Du* Dos, Gaucher, de Ghendt, Godefroy, Halbou, In* gouf, de Launay, Legrand, Lemire, Le Roy, Leveau, Lingée, de Longueil, Masquelier, Massard, Née, Nicollct, Ponce, Ponce, Prévost, Rousseau, de Saint-Aubin, Simonet, Vauvillé.

Voici, d'autre part, les litres des figures de ces 17 années ou parties :

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