BAINS CHAUDS
Excellent chose qu'un bain chaud, ou plutôt qu'un bain liede. A une température trop élevée, il ne tarde pas et) effet' à être suivi d'une fjruide faiblesse et pcul même occasionner des oppressions, de violents maux de léle, surtout si l'on n'a pas soin d'agiler l'eau afin de répailir une température Aniforme dans toutes ses couches.
N'y reste* pas non plus trop longtemps; une demi-heure suflil, et eu en sortant, essuyezvous rapidement avec des linges chauds et «ces.
Dr Tant-Mieux.
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Encadrement de mois pour VAlmanach du Chérubin (1867)
(i) L'habitude de joindre des almanachs-feuille aux petites publications d'étrennes, si répandue au xvm« siècle et jusqu'en 1840, disparut lorsque la mode des recueils annuels de poésies et des petits livres dont lesJanet, les Le Fuel, les Marcilly avaient la spécialité, prit fin à son tour. C'est la transition caractéristique entre l'almanachcadeau d'étrennes, et l'almanach de propagande, entre le petit Bijou, pouvant être de tous les temps, de toutes les saisons, et la publication suscitée par l'actualité.
L ALMANACH A TRAVERS LES AGES
soit le Monde Illustré publier, mensuellement, des allégories d'Edmond Morin, ce dessinateur modeste qui sera, quelque jour, considéré comme un de nos plus grands artistes.
Caractéristiques ces pages où les mois apparaissent avec les at ributs qui leur sont propres ; où les plaisirs des saisons se trouvent représentés avec une grâce, avec un charme particuliers.
Composition d'Edmond Morin pour « Les Mois », publiée dans le Monde illustré,
- Dans l'almanach, comme partout ailleurs, un renouveau se manifeste : les dernières années ont vu apparaître quelques sérieuses tentatives dans l'esprit aristocratique et luxueux du siècle antérieur. Telles à partir de 1880, les Étrennes aux Dames (1881), le Carnet mondain (i883), VAlmanach des Spectacles (1874), VAlmanach du Vieux-Paris
(1884), le Calendrier Parisien (1886) devenu, l'année suivante, Almanach Henri Boutet, V Almanach national de Jeanne d'Arc (1891) sur le modèle des publications allemandes, au point de vue du style et du format, V Almanach de l'Escrime dû, comme texte et illustrations, à deux spécialistes, également impeccables, A.Vigeant et Frédéric Régamey; Y Almanach Cycliste (1894), Y Almanach Parisien (1895); tentatives plus ou moins heureuses, qui durèrent un certain temps ou disparurent aussitôt, mais qui, toutes, laissent entrevoir la même recherche d'élégance.
D'autre part, Y Almanach Hachette, véritable encyclopédie pratique, avec son abondance de renseignements dans tous les domaines, pour toutes les circonstances de la vie, semble avoir réalisé l'idéal de notre société d'égalité et de suffrage universel, le livre écrit pour tous, lu par tous, dans les campagnes et dans les villes, dans les châteaux et dans les chaumières, en même temps que, par son enveloppe, par sa très harmonieuse couverture due à Giraldon, il répond à certaines tendances esthétiques nouvelles. C'est bien le livre qu'il fallait à une société qui vit de notions générales sans tenir à rien connaître, sans vouloir rien étudier de façon approfondie.
Mais l'almanach proprement dit n'est pas tout : à ses côtés, on a vu naître et grandir deux périodiques annuels, de nature bien différente, le Calendrier, agenda ou portefeuille, et l'Annuaire : c'est de ces spécialités qu'il me reste à parler.
Autrefois, on le sait par les Desnos, tout almanach se doublait, en quelque sorte, d'un agenda, c'est-à-dire que des feuilles pour l'inscription des notes et dépenses se joignaient au texte gravé ; l'agenda-calpin, le nécessaire, comme on l'appelait, était chose rare. Peu à peu, avec le siècle, l'agenda tendit, au contraire, à se vulgariser ; le premier Empire, avec son esprit précis, méthodique, semble avoir exercé une influence décisive sur le développement de ce recueil annuel qui n'est, après tout, qu'un livre de comptes, quoique l'on ait déjà essayé et qu'on semble, à nouveau, vouloir essayer d'en faire une sorte de livre de raison, pour les notes et les pensées individuelles. (Voir, entre autres, Y Agenda Général pour l'année 18 14). — Portefeuille avec calendrier, Almanach ou calendrier portatif, Souvenir, Agenda du commerce, Almanach de poche, Almanach journalier très régulier, Almanach de Cabinet, Agenda mignon; autant de livres destinés à qualifier la même chose.
L'ALMANACH A TRAVERS LES AGES LXXI
Jadis papetiers et libraires, éditeurs de colportage, e'diteurs de grande marque même, tels les Didot, publiaient des agendas. Aujourd'hui, à part les classiques petits portefeuilles des papetiers faisant le registre, ils sont devenus la propriété presque exclusive des magasins de nouveautés, et ils s'illustrent soit de petites vignettes, prises un peu de tous côtés, soit de grandes compositions sur les mois; et ils donnent des menus, des conseils d'hygiène, des recettes, des renseignements multiples.
Signalons, entre tous, le très remarquable calendrier pour 1886 avec des encadrements en couleurs de Grasset se rapportant à la flore de chaque mois, exécuté pour le Bon Marché (1).
Après l'Agenda, l'Annuaire, l'annuaire qui se contente d'abord de donner des renseignements généraux concernant le commerce et l'industrie, qui, peu à peu, englobe toutes les branches de l'activité humaine, qui sert de recueil aux sociétés savantes pour la publication annuelle de leurs travaux, qui maintenant, s'étend à toutes les associations fraternelles, de camaraderie, de secours mutuel ou d'encouragement, à toutes les corporations, à tous les groupes de fonctionnaires, à toutes les divisions administratives, à tous les cercles, à tous les clubs, à tous les sports, qui leur donne des agendas spéciaux, des vademecum; qui multiplie les listes de noms, les recueils de lois, d'arrêtés, de règlements, dans les domaines les plus différents, qui morcelle à l'infini ce qu'on avait jusqu'alors, tout au contraire, cherché à centraliser (2). L'annuaire, il semble que ce soit devenu le livre de
(1) Voir Agenda-Foyer de la maison du Petit-Saint-Thomas, Agenda-Buvard du Bon-Marché, Agenda des Grands Magasins du Louvre, Agenda de la Place-Clichy et les publications, annuelles d'industriels comme l'Entrepôt des charbons d'Ivry, par exemple, agendas-annuaires à la fois livres de comptes, de renseignements et de notices diverses. Quelques-uns, ceux du Louvre notamment, ont eu, à plusieurs reprises, des compositions pour les saisons, tirées en couleurs ou coloriées au patron, dues à Ferdinandus et à Mars ; d'autres fois, ce furent des reproductions d'estampes de Lancret ou de Boucher. On a vu également, pour les annuaires de la Place Clichy, des encadrements, avec poésies de Jean Richepin, Armand Silvestre et autres.
(2) Ce serait un travail, long et peu intéressant, que de donner la liste complète de tous les annuaires de sociétés, d'associations ou d'industries spéciales, publiés depuis le commencement du siècle. Contentons-nous de quelques courtes notes bibliographiques, plusieurs figurant déjà dans les colonnes de cet ouvrage.
I. — Annuaires de Cercles, de Sociétés Artistiques et d'Associations Amicales. — Almanach du Club de Valois (1790, voir n° 964). — Annuaire de la Société des Arts Graphiques (1809). — Annuaire de la Société des Amis de l'Humanité (1809). — Annuaire de la Société des secours mutuels dite calco graphique (1814). — Almanach du Cercle du Commerce de Paris (18 18). — Annuaire de la Société du Bon-Henri (1823). — Annuaire de la Société de Messieurs les Choristes (1823). — Annuaire de la Société des Arts graphilantropiques (1826). — Annuaire de la Société Polygrapkique
famille, en quelque sorte, de tous ceux qui appartiennent à un même groupe, le livre que l'on consulte pour les états de service, pour les origines, pour les renseignements personnels, le livre où
(1826). — Annuaire de la Société royale des Bonnes-Lettres (1826). — Annuaire du Cercles de Arts (i836). — Annuaire du Cercle agricole (i835). — Annuaire du Cercle des Conducteur-, des Ponts-et-Chaussées et des gardes-mines (i856j. — Annuaire du Cercle des Chemins de fer (i856). — Annuaire du Cercle de la Voile de Paris (i856).
— Annuaire du Cercle de V Union artistique. — Annuaire du Cercle des Patineurs.
— Annuaire du Cercle Saint-Simon. — Annuaire du Cercle des Beaux-Arts. — Annuaire du Cercle des Deux-Mondes. Annuaire du Cercle de la Presse. — Annuaire du Cercle National des armées de terre et de mer. — Annuaire de l'Union des femmes de France. — Annuaire du Photo-Club de Paris. — Annuaire de la Société de tir au canon de Paris (1892). — Annuaire de l'Académie d'Armes. — Annuaire des Maîtres d'escrime des armées de terre et de mer (1894). — Annuaire des Sociétés de tir, civiles et militaires, de France et des Colonies. — Annuaire de la Société fraternelle dts anciens officiers des armées de terre et de mer membres de la Légion d'honneur. (Depuis 1875, nombre d'officiers de régiments, dans la territoriale, particulièrement, ont formé des réunions amicales dont la nomenclature n'aurait que faire ici). — Annuaire de l'Association des artistes inventeurs et industriels (i85o). — Annuaire de l'Association des Voyageurs (1857). — Tous les annuaires des associations amicales d'anciens élèves des écoles du gouvernement (Prytanée militaire de la Flèche, École des mines, École Polytechnique, Faculté des lettres, Faculté des sciences et de droit, École de Saint-Cyr, etc.) Chaque promotion de cette dernière école a son annuaire particulier : citons, entre toutes, les promotions du Djurjurah (i856-58), de YIndoustan (1857-59), de Turquie (i853- 55), de Nice et de Savoie (1859-61), d'Ajaccio (1864-66), de la Vénétie (1865-67), du Sultan (1866-68), de Mentana (1867-69), de Sue% (1868-70), de la Revanche (1870-72), de la Dernière de Wagram (1875-71), des Kroumirs (1880-82). — Tous les annuaires des associations amicales d'anciens élèves des lycées et collèges de Paris, des lycées départementaux et communaux, des écoles et facultés libres.
— II. Annuaires de spécialités industrielles ou commerciales. — Guide de l'Acheteur (H. Agnus) (i855). — Annuaire de V Ameublement et de V Ebénisterie (1862). — Annuaire des Chiffoniers français (i865). — Annuaire Brierre: Cuirs, peaux, chaussures et industries qui s'y rattachent. — Annuaire de la Bonneterie et du Tricot, édité par « le Moniteur de la Bonneterie ». — Annuaire du commerce de la Boucherie française, publié par la chambre syndicale de la Boucherie de Paris, faisant suite aux anciens annuaires sur la matière. — Annuaire de la Brasserie et de la malterie. (1894). — Agenda-Répertoire de l'Épicerie. — Annuaire technique, industriel et commercial, de la Savonnerie et de la parfumerie. — Annuaire de la Boulangerie de Paris (faisant suite aux anciens annuaires sur la matière). — Annuaire delaChambre syndicale de la charcuterie (faisant suite aux précédents annuaires). — Annuaire des ports de la navigation intérieure servant à l'approvisionnement de Paris, publié par les Syndicats réunis des commerces de bois (vers i855). — Annuaire de la Bourse du Travail. — Annuaire de V Union des syndicats du Commerce et de l'Industrie. — Annuaire de V Industrie Française et du commerce d'exportation. — Annuaire de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale. — Annuaire de la réunion des fabricants de bronzes. — Annuaire du Syndicat professionnel des industries électriques .
— Annuaire du Syndicat général des grains, graines et farines. — Annuaire des Jouets et jeux français. — Annuaire des Laitier s-Nourrisseur s. — Annuaire de la Quincaillerie et des Métaux. — Annuaire des pâtissiers et boulangers-pâtissiers. — Annuaire des produits chimiques. — Annuaire de la Teinture, de l'impression, etc,. — Annuaire de la Verrerie et de la Céramique. — Annuaire de la Filature et du Tissage. — Annuaire de la Carrosserie, de la Sellerie, etc. — Annuaire des Transactions commerciales, industrielles et financières.— Annuaire de la Meunerie française. — Annuaire géologique universel. — Annuaire des Concours hippiques. — Annuaire du Cuir et de la Chaussure (Ch. Vincent). —Annuaire de la Chambre syndicale des marchands de beurre, œufs, fromages et crémiers de Paris, et toute la série des Annuaires par professions (parfumerie, coiffure, verrerie, jouets, etc.) publiés sous la rubrique :
L'ALMANACH A TRAVERS LES AGES LXXI1I
chacun, noyé dans le grand tout démocratique, espère laisser une trace quelconque de son passage. Jadis, c'étaient les calendriers, les indicateurs de la Cour, un personnel trié sur le volet : aujourd'hui, c'est tout le monde jusqu'au plus infime.
Et ces annuaires que multiplie à l'infini une soif de classement et d'enregistrement, très curieuse à noter, permettent encore de constater l'apparition puis le développement des grandes découvertes scientifiques, de certaines industries nouvelles, de certains goûts particuliers. En notre siècle, les chemins de fer, le télégraphe, et, plus près de nous, l'électricité, la photographie, la vélocipédie, les courses, le yachting, tout ce qui, de près ou de loin, touche aux sports athlétiques.
Jadis, les « Etats » des corporations, souvent pleins de renseignements curieux, qui se présentaient sous l'aspect coquet d'un in-24 : aujourd'hui, d'énormes annuaires in-8, de 4 à 5oo pages, dans lesquels l'annonce, la réclame tiennent une place considérable. L'esprit commercial a remplacé l'esprit d'élégance et, déjà, on peut prévoir le moment où le commerce également, peu à peu, remplacera la fantaisie : les annuaires de l'épicerie, de la savonnerie, du fabricant de sucre ont tué le petit Almanach lilliputien (1) qui se portait en breloque ou se plaçait dans le
Guides de poche Dentu. (Voir, à ce sujet, la liste des annuaires que donnent régulièrement le Bottin et les publications de même nature).
— III. Annuaires de sociétés de prévoyance ou de secours mutuels. — Annuaire de V Association générale de prévoyance et de secours mutuels des médecins de France (1859). — Annuaire de l'Association générale des pharmaciens de France. — Annuaire de l'Association amicale des fonctionnaires du ministère des affaires étrangères. — Annuaire de la Société de secours mutuels des corroyeurs-maroquiniers et autres professions. — Annuaire de la Société de secours mutuels des enfants de la Nièvre. — Annuaire de la Société du Dîner ardennais (1888) (avec gravures). — Annuaire de l'Auvergne, Société amicale de secours mutuels et de retraites (1882). — Annuaire de V Association amicale béarnaise et basquaise (1881). — Annuaire de la Société amicale et philantropique de Saône-et-Loire. — Annuaire de l'Association Vosgienne de Paris (1866). — Annuaire de la Pomme, société littéraire et artistique (1877). (L'annuaire publie des nécrologies). — Annuaire de la Société de prévoyance et de secours mutuels des Alsaciens-Lorrains (1873). — Annuaire de l'Association amicale du Calvados (i885). (L'annuaire de 1892 contient une notice sur les origines du département du Calvados.) — Annuaire de l'Association Corré\ienne (1870). (Depuis 1880 le bulletin annuel publie la biographie d'un homme illustre de la Gorrèze.) — Annuaire des Gaudes, société franc-comtoise (1881). (L'annuaire de 1893 a publié des notices nécrologiques, des rapports sur les concours artistiques ouverts par la société, et les compte rendus de quelques-uns des dîners mensuels). — Annuaire de la Société amicale des enfants de l'Isère (1881). — Annuaire de la Société amicale des Foré\iens (i885). (L'annuaire publie des chroniques sur les œuvres littéraires et artistiques des Foréziens habitant Paris.) — Annuaire de la Société amicale de la Marne (i883). (L'annuaire publie, quelquefois, les discours prononcés aux banquets.)
(1) Plus privilégié que d'autres, le calendrier lilliputien n'a point entièrement disparu; mais, lui aussi, il a dû se commercialiser; c'est ainsi qu'à côté du Guide-Bijou de Susse, mentionné plus loin, (voir page 625), du Porte-Bonheur d'Alphonse Giroux (voir supplément, année 1854) chaque année voit apparaître des petits minus-
nécessaire des dames, les jolis petits recueils gravés qui charmaient à la fois la vue et l'esprit, les chansonniers qu'on glissait si facilement dans la poche.
A part une ou deux publications de colportage, la chanson ellemême, la vieille chanson française n'a plus place dans nos almanachs. Et, chose à peine croyable, alors que les « années », ces sortes de revues spéciales, ces publications intermédiaires entre l'almanach et l'annuaire, surgissent de toutes parts, littéraires, géographiques, musicales, industrielles, politiques, scientifiques, photographiques, vélocipédiques même, l'image n'a pas encore son organe attitré.
L'almanach tel que le concevaient nos pères, l'almanach que recueillent aujourd'hui, pieusement, les amoureux des élégances passées, semble avoir à jamais disparu, et c'est l'annuaire qui a profité de tout le terrain perdu par lui.
Dès maintenant, la parole est au xxe siècle. Je laisse la plume à celui qui, dans cent ans, épris de la même passion que moi, voudra bien continuer mon œuvre ; à celui qui voudra bien prendre en main mon héritage littéraire. Puisse mon souhait se réaliser, comme je viens de répondre, en dressant ce monument, au désir jadis émis par M. de Bois-Jourdain, comme j'ai fait mon possible pour combler la lacune « Brunet » signalée par Brunet lui-même, dans sa savante bibliographie.
cules, imprimés et distribués par des papetiers, des parfumeurs, lesquels ont, tout naturellement, inventé la spécialité des petits almanachs parfumés (voir, à ce sujet, au supplément, VAlmanach-Bouquet pour 1868), des confiseurs, des tailleurs, des cordonniers, des bouchers, des magasins de nouveautés. Un de ces industriels offrit même, en i8g3, à sa clientèle, un calendrier gastronomique sur lequel chaque jour était représenté par un plat particulier. Et, d'autre part, en 1891, un journal, YEcho de Paris, fit distribuer à ses abonnés un ravissant petit calendrier orné de compositions de Lucien Métivet, tandis que le chocolatier Lombart, reprenant la tradition du xvnr siècle, joignait à ses sacs de bonbons un petit bijou gravé.
Peut-être l'imprimerie Pairault qui a entrepris, ces dernières années, la publication d'une collection de minuscules, voudra-t-elle bien nous doter d'un almanach lilliputien conçu avec goût sur le modèle des publications du temps jadis. Tentative intéressante et bien faite pour charmer les curieux !
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LES AFFICHES D'ALMANACHS
Les affiches d'almanachs depuis la Révolution. — Leur importance en librairie. — Leur intérêt au point de vue document, renseignement, pour les actualités et les modes du jour. — Description iconographique des principales suites annuelles.
L'histoire de l'affiche de librairie n'a pas encore été' faite et il n'entre point dans mon intention de l'entreprendre ici : ce que je veux, simplement, c'est dresser une sorte de catalogue, une iconographie détaillée, si l'on préfère, des affiches d'intérieur destinées à annoncer les almanachs. Durant tout le xvme siècle c'est, purement et simplement, le prospectus-affiche, le petit carré sur papier vergé, qu'il s'agisse d'un livre ou d'une attraction nouvelle de la foire Saint-Germain. A la Révolution la petite feuille, imprimée tantôt en largeur, tantôt en hauteur, s'agrandit, et atteint au format des affiches ordinaires, politiques ou autres. Même aspect extérieur, même typographie soignée ; encore toutes les élégances de la belle époque. L'emploi de l'elzévir, le mélange heureux des caractères donnent à ces placards une couleur très spéciale. Leur arrangement général indique bien l'usage auquel ils sont destinés : d'aucuns conservent la mise en pages d'un livre, et présentent même tout l'aspect d'un titre ; telles les deux pièces ici reproduites dont l'une, avec son appel caractéristique : Avis à la Nation, laisse déjà entrevoir les formes nouvelles de la publicité. Ce n'est plus seulement l'appel aux « citoyens-libraires », — souvent rencontré sur les prospectus de l'époque, — c'est l'appel à tout le monde indistinctement, au public, dans son ensemble.
Sous le premier Empire, sous la Restauration, l'annonce de librairie, après s'être élevée jusqu'à l'affiche, paraît vouloir revenir à des proportions plus modestes : une annonce de Treuttel et Wurtz, pour YAlmanacli des Dames, et différentes petites feuilles-affiches imprimées chez les Didot, destinées à d'autres publications similaires, m'ont passé sous les yeux, dans des formats dont on ne se soucierait plus guère, aujourd'hui. Et, à vrai dire, jusque vers 1840, l'affiche consacrée au livre, peu nombreuse du reste, n'offre qu'un médiocre intérêt. Les seuls ornements qu'elle se permette sont les encadrements typographiques, ces mêmes encadrements que l'on peut voir sur certaines couvertures de l'époque,
Mais, à partir de ce moment, l'affiche devient, pour ainsi dire, obligatoire, en même temps qu'elle se présente illustrée, et les almanachs, qui poussent drus, prennent l'excellente habitude d'annoncer leur apparition au moyen de placards annuels offrant, chaque fois, une composition nouvelle.
C'est l'iconographie de ces pièces, la description de ces feuilles volantes d'un inte'rêt tout particulier que j'ai donc entrepris de donner ici, comme j'ai cru devoir, plus haut, entrer dans quelques détails sur les cartonnages, c'està-dire sur l'enveloppe extérieure des almanachs,et sur les calendriers destinés à leur être adjoints.