LE BOUQUET DE ROSES OU LE CHANSONNIER DES GRACES
Il A Paris, chez Favre, Libraire, aux Neuf-Muses, Palais-Égalité, Galeries de bois, Not 220. An VI (1798). (An VI et suite.) In-18.
Frontispice gravé, qui variait chaque année. Celui de la seconde année est signé Binet del. Bovinet, sculp.; il représente l'Amour, la gaîté, le bon vin, la folie, dansant et chantant autour du dieu Momus.
Recueil de chansons par Legouvé, Mercier, Deschamps, Barré, Philippon de la Madelaine, Fabien Pillet, Antignac, Piis, faisant suite, dit l'éditeur, au Chansonnier Français « dont la collection complexe présente des roses à l'amateur, et à l'observateur le tableau des variations qui éprouve, chaque année, le caractère national toujours influencé par les modes, les romans, les pièces de théâtre et les événemens politiques. » Le rédacteur était le citoyen Chazet. Se vendait 1 fr. 20.
1279. — CALENDRIER DE ROME ANCIENNE ET MODERNE [pour l'année 1798], Suivi d'une Dissertation sur le Calendrier Romain ancien, et d'un Dictionnaire abrégé des Dieux, des Fêtes, des Cérémonies et des Usages des Romains, par J. P. L. Beyerlé. \\ A Paris, chez l'Auteur, rue et maison des Filles
S. Thomas, n° 88, et chez M"« Durand, Libraire, au Palais Égalité, galeries de bois. (1798.) In-18.
Donne le calendrier romain depuis Jules César, la concordance du calendrier romain moderne et de l'annuaire républicain avec le calendrier ancien, et le nécrologe des grands de la terre.
1280. — CUPIDON VAINQUEUR DES HÉROS ET DES DEMI-DIEUX. Almanach erotique avec figures. |j A Paris, chez Janet, rue Jacques, n° 3i. (1798.) In-32.
Almanach entièrement gravé qui n'a d* « erotique » que l'épithète du titre. Le sujet gravé du titre représente Hercule sur les genoux de Vénus, laquelle tient la massue du héros. i3 compositions représentant toutes des sujets mythologiques. — I. Ulysse et Circé. — 2. Achille et Briséis. —
3. Castor et Telaïre. — 4. Alcione et Ceïx. — 5. Protesilas et Laodamice. — 7. Télémaque et Eucharis. — 8. La Conquête de la Toison. — 9. L'Infidélité punie. — 10. La Constance couronnée.— il. Enée et Lavinie. — 12. Le Mariage impromptu. — i3. La Belle Bâchante.
Calendrier pour 1798.
1281.— LES DONS DE L'AMOUR ET DE L'AMITIÉ. Almanach nouveau sur les plus jolis airs. || A Paris, chez Janet, Libraire, rue St-Jacques, n° 3i. An VI, 1798. In-32.
Titre gravé, avec sujet, allégorique et 12 figures non signées : 1. La chapelle des Amours.— 2. La malice des filles. — 3. L'amant devenu buveur. —
4. Les amoureux transis. — 5. La dame conquise (une armée fait l'assaut d'un château-fort, la dame se rend et conduite par l'Amour, traverse le pontlevis au devant du capitaine ennemi). — 6. La nouvelle métamorphose de l'Amour. — 7. L'ami des femmes. — 8. Le repentir inutile. — 9. Le triomphe de l'esprit. — 10. Les femmes et la rose. — II. La sagesse d'une dame. — 12. La cage et l'oiseau. Ce sont les figures de l'almanach Toujours de l'Amour (voir, plus haut, n° 1268). Calendrier grégorien et républicain.
[Coll. de Savigny.]
1282. — ÉTRENNES AUX AMIS DU DIX-HUIT, ou Almanach pour l'an de grâce mil-sept-cent-quatre-vingt-dix-huit.
[Épigraphe :] Le vrai seul est aimable. Art Poétique. || A Paris, de l'Imprimerie des Théophilanthropes, à l'enseigne de
XVIIIe SIECLE
Polichinel. An VII de la République. In-18.
Almanach royaliste rédigé par l'abbé Guillon de Montléon. Avec un frontispice : Mahomet Théophilantrope, dont l'explication se trouve au verso du titre et qui est une très amusante caricature sur La Réveillère-Lepeaux. « Polichinel, costumé en Directeur et placé sur son point chéri du calendrier républicain, tient d'une main la France en équilibre et la fixe de l'autre main avec un sceptre de fer. Sa jambe, encore en l'air, vient de donner un coup de pied à la Constitution dont un feuillet précieux se déchire et s'envole. On voit, derrière lui, la chute de son prédécesseur. A droite est une botte de paille enflammée sur laquelle on lit, pour cause, 5oo. Le tas de bûches qui se trouve à gauche, s'appelle, dit-on, les 25o. »
Le texte, consacré en entier aux événements du 18 fructidor, s'ouvre par une amusante épître dédicatoire signée « Polichinelophilos à Polichinel, Directeur (des Marionnettes s'entend, car on sait bien qu'il n'y a pas plus de Polichinel que de Scapin, ni de Paillasse, au Directoire de la République). »
De i5 à 20 fr. non rogné.
[B. N. — Le", 3gi.]
1283. — LES ÉTRENNES DE L'AGE D'OR OU LES MUSES BERGÈRES. || A Paris, chez Janet, Libraire, rue Jacques, n» 3i. (An VII, 1798-1799.) In-64.
Titre gravé et 12 compositions de Dorgez, représentant : 1. Les Muses bergères.— 2. L'innocence
de la vie pastorale. — 3. Le Règne de la Vertu. — 4. La Parrure {sic) de l'Innocence. — 5. Regrets sur l'âge d'or. — 6. Les Plaisirs de l'Amitié. — 7. Le bon oiseleur. — 8. L'Art de retenir les oiseaux. — 9. Les soins récompensés. — 10. Les charmes de l'étude.— • II. Les pleurs de la nature. — 12. L'azile (sic) des Muses. — Aux illustrations correspondent des poésies portant les mêmes titres.
[Cat. 60 fr.]
1284.— LES ÉTRENNES DE L'INS- TITUT NATIONAL [ET DES LYCÉES] (1) ou la Revue Littéraire de l'an VIL [Épigraphe :] On sera ridicule, et je n'oserai rire ! Boileau. || A Paris, chez les Marchands de Nouveautés, puis chez Moller, Ans VII-IX. In-18.
Revue critique des principaux ouvrages parus pendant Tannée.
L'auteur commence ses Etrennes par une dédicace satirique : « Aux Membres de l'Institut. Grands Hommes des trois classes.
« Je voulais dédier mon livre au plus riche de nos crésus, croyant que je m'en trouverais bien, car vous savez, mieux que moi, que toute peine mérite son salaire; mais il a refusé mon hommage. Les nouveaux riches ne lisent pas, Et pour cause.
« Je l'ai offert à un magistrat puissant, espérant que, pour prix d'une grande bassesse, il m'offrirait une petite place. Hélas ! même refus. Il m'a tourné le dos, quand il a vu que cet ouvrage était une critique. Les hommes puissans n'aiment pas la critique, Et pour cause.
« Las ! où courir dans mon destin maudit ! Je me rendis chez un ministre qu'on disait protecteur des beaux-arts; ses manières honnêtes et son air doucereux me firent croire, un instant, que j'allais avoir part à ses dépenses, si bien nommées Secrètes. Quelle était mon erreur ! Ce ministre bénin, voyant que je ne flattais pas les mauvais poètes, se fâcha, Et pour cause.
« Je traversai une petite rue, et j'allai demander audience à un autre ministre... Une certaine habitude des affaires fit présumer à monseigneur qu'il s'agissait d'un marché à conclure, et, en conséquence, il crut devoir me demander un Pot Je vin. Je sortis indigné, et reprenant l'attitude d'un homme libre, je résolus de ne plus m'humilier. C'est aux talens seuls que je dois offrir mon hommage, c'est donc à vous qu'il appartient, savans illustres, penseurs profonds, poètes du premier mérite ; daignez regarder d'un œil favorable la Revue littéraire de l'an VII, dans laquelle vous devez nécessairement jouer un grand rôle. Je ne vous
(1) Cette adjonction au titre ne figure qu'à partir de la seconde année.
demande pas pour récompense une place dans votre académie, mon sort ferait trop d'envieux, et Palissot, qui ne veut pas mourir sans avoir été votre collègue, me donnerait une petite loge dans sa Dunciade.
« Je prie seulement le citoyen Mentelle de dire de mon livre ce qu'il dit de ses propres ouvrages.
« Je prie Isaïe Lalande, qui, malgré le proverbe, est prophète dans son pays, d'en annoncer le succès dans le Journal de. Paris.
« Je prie sur-tout Mercier d'en dire un peu de mal.
« Alors, pénétré de reconnaissance, j'élèverai jusqu'aux nues vos moindres productions, et si le courage ne me manque pas, je ferai plus, je les lirai. »
La dédicace de l'an IX conçue dans un esprit peut-être encore plus satirique, porte pour titre : « A l'Institut, L'élite de la Nation française, la lumière du monde, le bras droit de la Vérité. » Elle est signée : Jacques l'Inconnu.
[B. N. An VII, An IX. — % 228^1 S. 1. 2 J
1285. — LES FEMMES OU MESDAMES VOILA VOS ÉTRENNES. || A Paris, chez Janet, rue St-Jacques, n° 5g. (Vers 1798.) In-32.
Titre gravé : trois femmes, au premier plan, les mains pleines de roses ; dans le fond, à gauche, le temple de l'Amour. 12 compositions d' nt voici les sujets: I. Mesdames, voilà vos Etrennes. — 2. La Précieuse instruite à ses dépens. — 3. La Rose préférée. — 4. La Veuve Espagnole. — 5. Le Printems et la Violette. — 6. Le Oui et le Non des Dames. — 7. La Forêt périlleuse. — 8. La Rencontre heureuse. — 9. Madame Mathieu. — 10. L'Amitié consolante. — 11. Le Congé pris de bonne grâce. — 12. La Dame indulgente.
Comme toujours, à ces vignettes correspond un texte gravé de chansons, avec supplément imprimé. Suit le Secrétaire ou Dépositaire fidèle.
[Cat. de 3o à 40 fr. suivant l'état.]
1286. — LES GRANDS EXEMPLES, suite des Parfaits Modèles Choisis dans les saints Personnages. Etrennes Édifiantes. H A Paris, chez Janet, Libraire, rue St-Jacques, n° 3i. (Vers 1798.) In-32.
Petit almanach religieux avec titre gravé et 12 compositions dont voici les sujets : 1. Saint Etienne (lapidé). — 2. Sainte Anne. — 3. Conversion de saint Paul. — 4. Sainte Clotilde {sic). — 5. Saint Charlemagne. — 6. Sainte Agnès. — 7. Saint Grégoire. — 8. Sainte Elisabeth. — 9. Saint Nicolas.— 10. Sainte Cécile.— 11. Saint Martin (partageant son man.eau avec le pauvre). — 12. Sainte Agathe (mise en croix).
1287. — INDICATEUR DRAMATIQUE OU ALMANACH DES THÉÂTRES DE PARIS, Contenant les noms et demeures des administrateurs, artistes, musiciens, etc. L'analyse des pièces nouvelles et les débuts qui ont eu lieu pendant l'an VI. Présenté au Ministre de l'Intérieur François (de Neuf-Château), Membre de l'Institut National. Prix : 1 fr. 25 centimes. Il A Paris, chez Lefort, Libraire, place du Carrousel, etc. An VII. In-18.
Almanach dû à Fabien Pillet. Avec un calendrier des beaux-arts où figurent nombre d'acteurs et actrices: la Saint-Huberti, Lekain, Vestris, Pérignon, Maillard, etc. « J'ai cru, » dit l'auteur, « qu'on se rappellerait avec plus de plaisir le courage de Marceau, la vertu de Malesherbes, l'aimable Ninon, le talent de Saint-Huberti, les charmes et l'esprit de Beauharnais (Bonaparte) que l'abandon de Marie l'Egyptienne, les tours de force de Siméon Stilite.
L'introduction mentionne l'existence à Paris de 26 spectacles. L'almanach qui se termine par quelques poésies fugitives porte, en lre page, cette dédicace au citoyen François (de Neuf-Château) :
Quand les uns sur un ton guerrier Avec les filles de mémoire Célébrant Mars et la Victoire Chantent Bonaparte et Berthier ; Dans le silence, il en est d'autres Qui compilent des Ahnanachs.
Je vous offre le mien, ne le dédaignez pas; Nul, plus que moi, ne croit aux vôtres.
Les acteurs, hommes et femmes, sont appelés : Citoyens artistes et citoyennes artistes. Il est fait exception pour les danseuses qui, on ne sait trop pourquoi, ne sont pas gratifiées de cette qualification.
[Cat. 4 fr.]
[B. N. Il Coll. Arthur Pougin.]
1288. — MELPOMÈNE ET THAL1E VENGÉES ou Nouvelle Critique impartiale et raisonnée, Tant des différents Théâtres de Paris que des Pièces qui y ont été représentées pendant le cours de l'année dernière. Deuxième année. || A Paris, chez Marchand, Libraire, Palais- Égalité, Galerie Neuve, n° 10. An VII.
In-18.
Suite des Etrennes Dramatiques (c'est dans ce sens qu'il faut interpréter la mention du titre : Deuxième année). Le titre courant est ainsi libellé : « Mémoires historiques et critiques sur les théâtres de Paris. » Frontispice de Binet gravé par Bovinet : Melpomène et Thalie s'enfuyant avec effroi
XVIIIe SIECLE
poursuivies par le Drame qui, une torche et une épée en main, semble vouloir les anéantir. Derrière le Drame les personnages des pièces contemporaines, avec leurs costumes habituels, le Moine, Victor, Robert, la Nonne sanglante, Montoni, Frédégilde. Comme les Etrennes Dramatiques c'est
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une série de lettres sur les théâtres, sur Tivoli, Mousseaux, l'Elysée et autres jardins champêtres, « dont on peut regarder le règne comme à présent passé », dit l'auteur, « et qui n'auraient plus aucune vogue sans les tours de force des entrepreneurs, » sur les Fantoccini, les Ombres Chinoises « spectacle favori des bonnes et des enfants ». Le théâtre des Marionnettes était établi depuis peu.
Se termine par un catalogue de toutes les pièces jouées de décembre 1797 à décembre 1798.
[Coll. Arthur Pougin.]
1289.— PETIT THEATRE DU MONDE, om Étrennes politiques de l'Univers. || (Paris, Demoraine, 1798-1799.) In-32.
Frontispice allégorique avec cette légende : La fortune ne suit que son caprice, mais Tout lieu lui est égal, Cabanes et palais, Range-toi seulement, beau compère, de sorte Que tu puisse la voir lorsqu'elle est à ta porte.
Contient quelques notions sur les états de l'Europe et des petites anecdotes.
Calendrier extrait de la « Connoissance des temps ». pour la VIIe année de la République. [B. N. — Le" 642.]
1290. — RÉPERTOIRE OU ALMA- NACH HISTORIQUE DE LA RÉVOLU- TION FRANÇAISE contenant tout ce qui t'est passé dans la Révolution depuis 1787 jusqu'à ce jour. [Épigraphe :] Currit eundo. || A Paris, Moutardier, puis Lefort. Ans VI-VII, 1798 et suite. G vol. In-18.
Attribué par Barbier à Hullin de Boischevalier.
Il a été publié en l'an IX par le même une suite sous le même titre, «contenant ce qui s'est passé depuis l'an VII jusqu'à la paix générale et au rétablissement du culte. » Le second volume a des notices sur les revenus et charges publiques.
[Vente Vît».]
1291. — LES SECRETS DE L'AMOUR DÉVOILÉS, ou le Mot pour Rire. Almanach nouveau chantant, pour les amans et les maîtresses. Étrennes amusantes et récréatives à nos jolies concitoyennes.
Pour la présente année. || A Paris, chez Ouvrier, Libraire, rue André-des-Arcs, n° 41 (an VII, 1798-1799). In-32.
Le calendrier forme, au milieu, un cahier à part, avec la loi sur les fêtes nationales.
1292. — SOUVENEZ -VOUS -EN, OU ÉTRENNES DE MADAGASCAR, Pour l'Année 1798. An VI de la Rép. Contenant un Précis des événemens arrivés depuis 1789, jusqu'en 1797. || A Paris, chez les Marchands de Nouveautés. In-18.
Avec la devise: « Aux Français. Peuple insouciant, il te faut des almanachs. Eh bien ! lis. Celui que je t'offre est écrit avec ton sang. »
Résumé historique, mois par mois, des principaux événements delà Révolution, avec extraits de discours, proclamations et autres actes officiels.
Calendrier grégorien et républicain.
[Cat. de 3 à 4 fr.]
[B. N. - Le" 387.]
1293. — L'UNION DE L'AMOUR ET DES ARTS, ou l'Empire des talens. || A Paris, chez Janet, Libraire, rue St-Jacques, 3i. 1798-1799. In-24.
Titre gravé : Amours peignant, sculptant et bâtissant. Gravures d'un burin assez faible, dont voici les légendes : 1 . L'Union de l'Amour et des Arts. —"2. L'Amour exclusif ou tout pour Thémire. — 3. La Brune et la blonde ou le choix décidé. — 4. L'Amant peintre et poëte. — 5. La Guérison impossible ou les feux de l'Amour. —
6. Avis aux Compatissans ou la Compassion fatale. — y. La Séduction involontaire. — 8. Le Berger bien attrapé. — 9. Le Prix de l'Inconstance. — 10. Les Remors (sic) de l'infidélité.
Le texte, imprimé, est un choix de fades pastorales.
Calendrier et feuilles de « perte et gain » avec les jours et les mois suivant le calendrier républicain, fait qui se présente rarement pour ces sortes de tablettes.
[Coll. Paul Eudel.]
1294. — LES VAUTOURS DU XVIIIe SIÈCLE ou les Crésus Modernes au Tribunal de l'Opinion publique. Almanach orné de Gravure. Dédié à cette Classe de bons Français qui abhorent (sic) le crime et aiment sincèrement leur Patrie. Par A. -A. Denis. [Épigraphe :] Dicam illis non quod volunt audire (Senec). Je leur dirai ce qu'ils ne veulent pas entendre. Il Paris, à l'Imprimerie de la Société typographique des Trois-Amis et chez tous les Libraires qui vendent des nouveautés. An VI de la Rép. Fr. 1798. In-18 (1).
Avec un frontispice au burin représentant un personnage soutenu par une femme (personnification de la République) qui vomit dans un coffre
(1) Sur un autre tirage figure seulement la date 1798.
les écus par lui indûment amassés. Comme légende on lit :
Les Veautours (sic) (2) du xvill0 siècle. La Justice offre ici la preuve manifeste Que le bien mal acquis est toujours indigeste.
Le texte de l'almanach est, du reste, un violent pamphlet contre les agioteurs, contre tous les enrichis du temps :
cette vile engeance
De qui le luxe scandaleux Insulte à la probe indigence.
Un long catalogue fantaisiste énumère les richesses artistiques et autres des modernes Crésus, tandis que les pronostications pour 1798 annoncent la recrudescence des haines, jalousies et défiances réciproques.
On y trouve encore un couplet en faveur de Buonaparte, favori de Mars et de Vénus, à propos de l'île de Ceriga (ou Cythère) acquise à la France. Puis vient, comme document, le Tableau nominatif des membres du nouveau Tiers, exclus du Corps législatif, par suite des journées des 18 et 19 fructidor, la nomenclature des journaux supprimés, les noms des rédacteurs déportés.
Voici, d'autre part, le morceau étant assez curieux, et faisant bien connaître l'esprit des publications satiriques de l'époque, quelques extraits du soi-disant catalogue des richesses d'un ancien fermier général.
« Catalogue de quelques Tableaux, Dessins, et d'une nombreuse et belle collection d'Estampes, en feuilles et en recueils, provenant de la succession d'un moderne Fermier-Général, natif de Saint- Flours, département du Cantal; dont la vente se fera le premier janvier 1798 (v. st.) et jours sui-
vans de relevée, dans l'hôtel du défunt, rue
« Depuis la vente de M. Mariette, il ne s'en est pas fait une aussi considérable, pour le choix et la quantité des estampes, que celle que nous offrons aujourd'hui aux amateurs. C'est le fruit d'un travail de plus de deux ans, pendant lequel on n'a rien négligé pour rendre précieuse cette collection. En général, les épreuves y sont belles et bien conservées; le recueil des portraits, surtout, y est très étendu. Nous pouvons dire, avec vérité, que le défunt était connoisseur, qu'il était doué d'une grande probité, et jouissait de l'estime générale. Il est encore regretté des personnes dont il faisoit les commissions, et chez lesquelles il étoit chargé d'apporter de la véritable eau de la Seine.
Tableaux.
1. Un Renar 1 et un chat faisant la chasse à des poules, par Nicasius.
2. Le portrait d'une dame vêtue en satin ; elle est assise et vue jusqu'aux genoux. A côté d'elle sont ses premiers habits que l'on reconnoît pour
(2) Un errata à la fin du volume rectifie cette orthographe fantaisiste.
XVIIIe SIÈCLE
avoir été ceux d'une marchande harangère. Par J B. N. A. Ricco.
3. Jésus-Christ chassé du Mont-Valérien avec les deux larrons. Tableau sur toile mesurant 3 pieds de haut sur 2 pieds 5 pouces de large.
Deux tableaux pendans ; l'un représentant Carybde, et l'autre Sylla.
Dessins en feuilles
Neuf dessins, formant un même sujet; c'est la Descente de l'agiotage aux enfers, par le Guide.
Le Jugement dernier, par Huret.
80775 Académies d'hommes, de femmes et d'enfans, à la sanguine, par Boucher, Lemoine, le Lorrain, etc., etc.
Estampes encadrées.
La Chute des rentiers, imité de Rubens.
Le Père de famille, lisant à ses enfants le moyen de parvenir.
Vignettes pour l'histoire de France, par Cochin, au nombre de 78000 pièces, pour l'édition in-folio.
Estampes en feuilles.
L'Enlèvement des farines; le Jugement de Paris, avant la lettre.
Recueil de têtes. Quatre-vingt-dix-neuf estampes.
Epreuves.
La chute des Géans, par Pasinelli.
L'Enlèvement d'Europe, la mort de Charlotte Corday, les Noces d'un banquier, le Divorce d'un agioteur, la Mort du frère d'Abel, les Riboteuses françaises, la Toilette d'une petite maîtresse, la Main dans le sac; de différens auteurs.
Quatre-vingt-deux Estampes, dont les caractères des passions, habillemens grecs et hollandais, avec des figures françoises ; l'Enseigne de Lyon, les Sermens, l'Académie des Sciences, avant l'ombre continuée, par Sébastien Leclerc.
Les Vendeurs chassés du Temple; et la Guérison des malades; d'après le tableau des Chartreux, par Jouvenet.
La Fortune distribuant ses dons au perron du Palais-Royal, imité de Bernard Picard; Comparaison du portrait de l'agioteur avec celui du Seigneur Quinquempoix, par le même.
Soixante-six animaux, dont le plus féroce est représenté sous la figure d'un usurier, par O. Fialetti, Bamboche, etc., etc.
Quarante-un Almanachs, servant à l'histoire de France et des autres états de l'Europe.
Un Porte-feuille, contenant 294 pièces, et deux suites d'estampes pour servir à l'histoire des modes de France dans le xvme siècle, par Trouvain, Bonnart, Lingée, Malœuvre, etc.
Mariages, Divorces, Ambassadeurs, Fêtes, Cavalcades, Sièges, Batailles ;
Pompes funèbres, Tombeaux, Charges, Plaisanteries, Cris divers;
En tout 1584 pièces, renfermées dans six portefeuilles.
[B. N. — Lc22 71.]