ALMANACH DE RÉBUS
Almanach dessiné par Oudry, le peintre en animaux, celui-là même qui peignit, depuis, les chiens du Roi et tous les grands tableaux de chasse pour Sa Majesté.
11 est cité dans les Mélanges historiques, satiriques et anecdotiques de M. de Bois-Jourdain (t. III, p. 60), mais il ne se trouve dans aucune collection publique ou particulière.
io3. — LISTE DES PRINCES ET SEIGNEURS Qui ont eu l'honneur de manger avec Le Roy. S. I. ni ind. 1723. In-12.
Il ne s'agit point ici d'un almanach mais d'une sorte de publication officielle qui donnait par ordre, et sans aucun autre détail, les noms des seigneurs admis à la table du Roi. Il est permis de supposer que cette liste devait être dressée annuellement, et c'est pourquoi je la fais figurer ici, afin du reste de rester conforme à la classification de la B. N.
[B. N. Années 1723 et 1735.]
104.— LE MIROIR DE L'UNIVERS, ou Calendrier et Almanach curieux. Paris, 1723. In-8.
Figures et entourages à chaque page.
[D'après un catalogue de libraire.]
io5. — CALENDRIER PERPÉTUEL ECCLÉSIASTIQUE ET CIVIL, dédié et présenté au Roy par le sieur Beaurain, Géographe de S. M. || A Paris, chez l'Auteur, rue Pavée, proche S.-André-des-
Arcs (1724).
[Mercure de France.]
106. — ÉTRENNES EN ÉCRANS, pour rafraichir la mémoire des Lectures qu'on a faits en toutes sortes de Manières. Il Etat de ce qui est contenu dans les sei^e Ecrans donner jusqu'à ce jour au Public. — I. Événements remarquables extraits de l'Histoire de France. — II. Histoire de France. Première et Seconde Race, précédée de Vers Techniques, qui donnent une idée des Trois Races. — III. Histoire de France. Troisième Race, jusqu'à présent. — IV. Principaux offices de France. — V. Histoire de l'Ancien Testament, depuis la Création du Monde jusqu'à la Dédicace du Temple.— VI. Histoire de l'Ancien Testament depuis la Dédicace du Temple jusqu'à la naissance de Jésus-Christ. — VII. Vers choisis des
meilleurs Auteurs modernes. — VIII.
Sentences, Bons Mots, etc. Sept contiennent par ordre Alphabétique les Evénements du Règne de Louis XIV, consistant principalement en plus de 400 Prises de Places, et i3o Combats, tant de Terre que de Mer ; par les armées d'Allemagne, des Pais -Bas, d'Italie, d'Espagne, et autres. Le dernier contient, d'un côté, L'Origine de la Maison du Roy Stanislas, avec les noms des personnes les plus considérables de cette Famille. Et, de Vautre côté, La Tige de la Princesse Marie-Sophie-Félicité Lesczinska ; D'où sont issus au même Degré les Ducs de Bourgogne, d'Orléans, et de Bourbon ; Réunis par le Mariage de cette Princesse avec Louis XV. || A Paris, Chez Rondet, Libraire-Imprimeur, rue Saint-Jacques, près la Fontaine Saint-Severin, au Compas. M.DCC.XXV. In-4.
Cet almanach contient 27 tableaux relatant les différentes matières annoncées sur le titre. Ces tableaux ont un cadre orné, avec le titre de chacun des articles. Le texte est disposé sur deux colonnes.
107. — ÉTRENNES MIGNONNES pour l'Année 1725. Augmentées de plusieurs Curiositez Utiles. || A Paris, chez François Jouenne, rue S. -Jaques, à S. -Landry. 1725 et suite. Pet. in-32.
Ces « Etrennes » ont dû paraître dès 17 16 jusque vers 1845.
Titre gravé, cartouches et soleil au haut. Frontispice avec le portrait du Roi, composé de 2 médaillons. En haut Louis XV entouré du Domine salvum fac Regem « la Prière de l'Eglise pour la conservation de Sa Majesté » ; Au-dessous les attributs des bonnes etrennes : « Ici sont encloses bonnes Etrennes » (deux mains se pressent en tenant un cœur) et la légende : « Constant, tendre, fidèle. Aujourdhuy et toujours ».
Le titre gravé variait alors chaque année et, presque toujours, l'année nouvelle portait « Augmentées et plus curieuses que l'Année dernière » ou quelque addition analogue.
L'année 1726 (titre double sur les 2 pages) donne les portraits en médaille du Roi et de la Reine.
A partir de l'année 1728 le titre se complète ainsi : « Etrennes Mignonnes, Curieuses et Utiles » (le frontispice donne les portraits accolés du Roi et de la Reine et de Mesdames de France.)
Sur le titre de l'année 1736 se trouvent diverses épigraphes : « J'aprête (sic) à penser » — « Etrenne
bien qui aime bien. » Frontispice allégorique (un ange venant couronner le Roi et la Reine).
« Les Etrennes, » lisait-on à l'intérieur, 0 seront agréables à ceux qui les recevront, il j a bien des articles nouveaux. Elles apprêtent à penser à bien des choses utiles ou nécessaires dans le cours de la vie et font souhaiter d'acquérir ce qui sert à orner l'esprit. Elles vous offrent sincèrement :
Un cœur constant, tendre et fidèle Et qui toujours se renouvelle. »
Chaque année avait, soit une carte de France (ecclésiastique, civile ou militaire,) soit une carte des environs de Paris. Le texte, en plus des fonctions officielles, donne l'origine de différentes eu-
Titre dessiné par Cochin et gravé sur bois.
riosités, des usages, des arts, une chronologie des choses remarquables. On y trouve quelquefois un article intitulé : « Idée et détail de Paris. » L'année 1726 publie la liste des bibliothèques « où les Gens de Lettres sont reçus obligemment. » — Obligemment est un rêve.
D'autres années abondent en renseignements curieux sur des découvertes ou des inventions dans les domaines les plus divers. Témoin les lignes suivantes qui se rencontrent dans l'almanach de 1776 : « Le sieur de Fasting, colonel d'un régiment d'infanterie nationale, natif de Berghen, en Norwège, a inventé une arme à feu avec laquelle on peut tirer 18 à 20 coups dans une minute ; l'arme n'est pas plus pesante qu'un fusil ordinaire, et il s'occupe actuellement d'une autre machine à
peu près semblable, avec laquelle on pourra tirer 3o coups dans une minute. »
L'année 1741 a une figure de Cochin, dont le sujet se trouve ainsi expliqué dans le catalogue de l'œuvre de ce peintre, publié par Jombert en 1770 (p. 3l) : « Un frontispice où l'on voit l'histoire qui s'élève par le moyen du Temps jusqu'à l'éternité et un cartel environné de petits amours. Comme ces estampes devaient êtrejirées au nombre de quarante ou cinquante mille, M. Cochin a gravé sur le même cuivre quatre fois ces mêmes dessins. »
L'année 1742 donne comme frontispice «Monseigneur le Dauphin présentant ses respects au Roi pour la nouvelle année. »
Rien m vaiil tant qu'un ùon- ami
Frontispice gravé sur bois pour les Etrennes Mignonnes de 1 74 1 .
L'année 1743 (Collection du baron Pichon), a un frontispice plus une gravure : « Audience donnée par le Roi à l'ambassadeur de la Porte ». Ces deux estampes sont *ans signature.
A partir de 1750 on ne rencontre plus ni titre gravé, ni frontispice. Mais, imprimé, le titre ne varia pas moins. Tantôt, ce sont, sans autres détails, les mots « Etrennes Mignonnes », quelquefois avec l'épigraphe Nec mandare libris voluminosis ; tantôt, c'est un sommaire, avec force détails, des principales matières.
Sur le titre de l'année 1792 on lit : « Etr. Mign., etc., contenant les événements les plus remarquables et les principaux décrets de l'Assemblée Nationale, et Augmentées des Prédictions du véritable Almanach de Liège. »
A partir des premières années du xtxe siècle, elles sont appelées: « Curieuses, Utiles, et Amusantes. »
Imprimées depuis l'origine en petit texte avec encadrement à chaque page, les Etrennes Mignonnes ne modifièrent jamais leur aspect typographique.
Acres Jouënne elles furent éditées chez Lambert et Durand (en la boutique de M. Jouënne), chez Claude-Jacques-Charles Durand, rue du Foin-St- Jacques, à St-Landry et au Griffon [plus tard : au Griffon seul], par la suite Crapart et Durand, puis, à partir de 1787, chez Guillot, libraire de Monsieur, rue St-Jacques, (ensuite rue des Bernardins,) enfin chez Demoraine, aux Associés, rue du Petit- Pont. C'est là que nous les retrouverons au xixe siècle.
Les Etrennes Mignonnes se vendaient 8 sols brochées.
On rencontre quelquefois des exemplaires du xvm* siècle avec une petite glace. Ces exemplaires, très rares, valent de 40 à 45 fr. Presque toujours ils sont cartonnés, avec des figures en couleurs sur les plats. C'est ainsi que M. Gaston Tissandier possède un exemplaire orné d'amusants dessins populaires : au-dessous de deux personnages allant puiser de l'eau on lit, ainsi coupée, la légende suivante :
Toutes les fois que je Suis au puits, votre Bidet à la pépie.
[B. Ars. A. 1725, 1726, 1735, 1741. H B. N. A. depuis 1800.]