ALMANACH NOCTURNE à
l'usage du Grand Monde à l'instar de PAlmanachde Liège pour l'année M. DCC.
XXXIX. Enrichi de seize Centuries, d'une Historiette Nocturne à b fin de
chaque mois, de Prédictions nouvelles, de Remarques curieuses et d'Énigmes Nocturnes. Par Madame la Marquise D.
N. N. C. D Imprimé à Nuitz chez Scrotin Luna, au Vesper 1739. (Paris, Morel) 1739-1742,4 années in-12.
Recueil d'histoires et de fantaisies parisiennes (une pour chaque mois) : Le Gâteau des Rois, Le tour de Carnaval, Le poisson d'Avril, La fine veuve, Le faux prince allemand, etc. Sous le titre « Fastes nocturnes » sont rangés une série de petits racontars de la vie mondaine. On y trouve également des « Enigmes Nocturnes » empruntées à un précédent recueil de même nature publié en l633.
Le calendrier est conçu dans la forme satirique alors fort à la mode, c'est-à-dire qu'il annonce des éclipses de Raison, des éclipses de Bourse, des éclipses de Filles et autres de même sorte, puis des prédictions générales par les songes dans le genre de la prédiction suivante : « Une jeune pensionnaire rêvera qu'elle va à Rome avec un cavalier frère d'une de ses compagnes, elle en rira avec celle-ci et dira qu'on fait beaucoup de chemin en songe. Quelques mois après, elle verra que ce rêve avait raison et que ce cavalier l'aura menée loin en peu de temps. »
Almanach publié par le chevalier de Neufville- Montador et dont la marquise du Châtelet fut, un instant, soupçonnée d'être l'auteur. Cette supposition ne lui plut guère et elle protesta ainsi qu'on peut le voir dans ses lettres, (p. l33-l53).
L'auteur avait eu soin, du reste, de s'envelopper d'un anonymat pouvant prêter à double entente. En tête de l'année 1741 se trouve une préface dans laquelle, tout en critiquant les « écrivains femelles, fléaux de tous ceux qui les fréquentent, prétendant, seuls, à l'esprit et aux hommages de l'univers, » il continue à se faire passer pour femme.
145. — ÉTRENNES D'UNE JEUNE MUSE AU PUBLIC. Par M. Pesselier, Auteur de la Comédie de L'Ecole du Temps. Le prix est de 24 sols. || A Paris, Chez Prault Père, Quay de Gêvres, au Paradis. M. DCC. XXXIX. In-8.
Recueil de pièces de vers. Il s'ouvre par une « Dédicace au Public » que voici reproduite:
C'est au Public intelligent,
Bien moins qu'au public indulgent,
Que je consacre ces Etrennes:
Quoique fort au dessous de lui,
S'il les goûte, dès aujourd'hui
Je compte avoir reçu les miennes.
L'auteur Joseph Pesselier, de l'Académie de Nancy, a publié nombre de recueils poétiques.
XVIII SIECLE
146.— ALMANACH DE PRIAPE POUR L'ANNÉE M.DCG.XLI (sans indication de lieu). In-24.
Almanach erotique entièrement gravé, titre, texte et figures. Il s'ouvre par une pièce de vers: Sacrifice à Priape et se termine également par des vers : Carte de Vénus. A la fin est une grande planche se dépliant : Carte des Voyages de Vénus. Chaque page est avec entourage et petit sujet gravé dans la note des compositions de Gravelot.
[Coll. Régis.]
147. — ALMANACH DES COCUS OU AMUSEMENS POUR LE BEAU SEXE, pour l'année M. DCC. XLI. Auquel on a joint un Recueil de Pièces sur les Francs- Maçons. Ouvrage Instructif, Epigrammatique et Enigmatique, dédié à la Jeunesse Amoureuse, par un Philosophe Garçon. || A Constantinople (Paris), de l'Imprimerie du Grand Seigneur. M. DCC. XLI. Avec approbation des Sultanes. In-12.
Le frontispice Forges à Cornes (4 jambes entrelacées émergeant de derrière un fourré^ est la reproduction, sous une autre forme, de la célèbre gravure dite Des petits pieds qui se trouve à la fin de « Daphnis et Chloé, » édition du Régent. Nous trouverons, du reste, cette gravure dans nombre d'ouvrages galants de la fin du xvme siècle.
Ce livre dans lequel on voudrait, au lieu du calendrier habituel, un « Calendrier des Cocus >>, s'ouvre par une amusante pièce devers intitulée: « Placet des Maris Cocus au Libraire. »
Plaise à Monseigneur le Libraire, Qui doit faire voir la lumière A l'Almanach des Mariés, Que les noms de gens en ménage Comme suspect (sic) de cocuage, En soient tout à l'heure rayés ; Vous même, Monsieur le Libraire, Peut-être êtes-vous dans le cas.
Brûlés (sic) ce caustique exemplaire, Ou du moins ne l'imprimés (sic) pas, Car aujourd'hui c'est même chose, Que mariés, et que Cocus :
Pouvez-vous souffrir que l'on glose, Tant de Cornards qui sont connus, N'en faites rien, laissés (sic) ce livre, Evoyés (sic) paître son autheur (sic) (1), Sur le commun il aime à vivre.
Le Mariage lui fait peur ;
(i) Le placet mis en tête de l'Almanach du Mariage (voir n° 125,) s'arrête à ce vers et la réponse du Libraire suit comme ici.
Vous avés payés (sic) sa copie, Hé bien, nous vous rembourserons, Sauvés (sic) aux Maris mil affrons, Notre Bourse est des mieux garnie, Que chacun de nous seulement, Donne pour sa part une obole, Votre fortune en un moment Sera faite sur ma parole.