‹ Les almanachs françaisChapitre 100 sur 521 · ÉTRENNES DU SENTIMENT · texte numérisé non relu

ÉTRENNES DU SENTIMENT

Almanach chantant de la Sagesse. L’amour vous le donne. || Chez Cailleau, rue du Foin-St-Jacques, à Paris. Pour la présente année (1770, 1777, 1783 et années suivantes). In-32.

Titre gravé. Suit un litre imprimé, ainsi conçu : — Le Triomphe du Sentiment, Almanach des chieurs, contenant ce qu’il y a de plus agréable sur cette matière utile, précieuse et odoriférante. Enrichi de la Foiropédie et de Chansons choisies et de goût. Suivi de l’Art de Péter. Le tout dédié à tous les nez et aux lécheurs. |) A Merdiphopolis, chez Foirencul, rue des Etrons moisis, à la Bouche ouverte. Avec permission des Vuidangeurs.

Comme on le voit, ces « Etrennesdu Sentiment » ne sont pas d’un sentiment absolument délicat et surtout inodore. C’est un choix, d'une lecture quelque peu embrenante, d’odes et d’épigrammes, sur la nécessité de ch... On y respire même le parfum de la nature en une poésie qui tombe à plat : Agréable et verd Boccage Qu’avec l’Art Nature orna !

Vous qui retracez l’image Des riants sommets d’Ida Beaux lieux !

Beaux lieux 1

Qu’il est doux sous votre ombrage,

De faireà loisir Caca.

O beautés de la nature ! O charmes du sentiment ! O mystères des bosquets parfumés !

[Voir les n°s 5o5 et 53Q.]

436. - LES JEUX DE LA PETITE THALIE, Théâtre de la Vie Humaine, représentée Par les Jeux de l’Enfance, ou les Amusemens de la Jeunesse, Nouvelles Variétés Amusantes de l’Ambigu- Comique. Étrennes chantantes, convenables aux deux Sexes de tout âge, composées de Devises propres à tirer l’horoscope des Dames sur les numéros de la Loterie Royale de France, en cinq parties, qu’ils vendent ensemble ou séparément, avec Tablettes économiques, Perte et Gain, et Stylet pour écrire. || A Paris, chez Desnos, Ingénieur-Géographe et Libraire de S. M. le Roi de Danemark, rue S. -Jacques, au Globe. (1770.) In-24.

Recueil de 90 poésies, destiné à accompagner l’ Almanach de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire. Le titre, avec sa succession de qualificatifs, donne bien l’idée du pathos dans lequel se complaisait souvent l’éditeur Desnos.

437. — ALMANACH COULEUR DE ROSE, ou les plus jolies étrennes chantantes, Sur des airs choisis et nouveaux, avec des énigmes. || A Amathonte, chez Flore, au Temple des Grâces, et à Paris chez Cailleau (1771-1778, 8 années). In-24.

Frontispice gravé. L’almanach est entièrement imprimé en rouge.

Fut remplacé en 1778 par lesuivant :

— Nouvel Almanach couleur de Rose, par M. Cailleau. Paris, 1778. In-32. — lequel se vendait 12 sols, et paraissait encore en 1784.

438. — ALMANACH DE CALEM- BOURGS contenant des détails historiques, civils, militaires et monastiques (sic). Enrichi de charades dédiées à M. de Boisflotté. |] A Paris, chez Bon-Débit, rue Barbe, à l’Esprit-de-Vin. 1771. In- 12.

Avec la clef des charades. — Très probablement le même que l’Almanach du marquis de Bièvre (Voir n° 423).

Cat. 5 et 6 fr.]

439. - ALMANACH GÉNÉRAL DES MARCHANDS , NÉGOCIANS , ARMA- TEURS, ET FABRICANS de la France et de l’Europe, et autres parties du monde ; Année 1774. Contenant l’état des principales villes commerçantes, la nature des Marchandises ou Denrées qui s’y trouvent, les différentes Manufactures ou

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Fabriques relatives au Commerce ; Avec les noms de leurs principaux Marchands, Négocians, Fabricans, Banquiers, Artistes, etc. Dédié à Monseigneur Trudaine, Conseiller d’Etat et ordinaire au Conseil Royal du Commerce, et Intendant des Finances, Prix 4 livres 10 sols , broché. || A Paris, chez Grangé, Libraire, au Cabinet Littéraire, Pont Notre- Dame, Près la Pompe. (1771 à 1784, puis 1785 et suite). Gr. in-8.

Les premières années contiennent l'hommage à Trudaine, signé : « Les auteurs de l’Almanach général des Marchands ». L’année 1776 a sur le titre la mention : <1 Nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée». L'avis des éditeurs pour les années 1771 à 1774 porte textuellement: « L’almanach ne doit être encore regardé que comme des essais que le temps seul peut perfectionner «.L’avis de l’année 1776 se plaint que beaucoup de négociants aient négligé de répondre aux demandes de renseignements qui leur avaient été adressées.

L’esprit de cette publication annuelle se trouve ainsi exposé dans un discours préliminaire : « Former, de tous les Négocians nationaux et étrangers, une seule et même famille, faciliterentre les membres actifs de cette famille une correspondance qui soit également utile au Cultivateur, au Négociant, au Fabricant et au Consommateur ; indiquer les nouvelles fabriques, les nouvelles productions que l’industrie a produites, pour contenter les besoins du citoyen ; exciter ses désirs, augmenter sa jouissance ; enfin rassembler les richesses du Commerce, en donner un détail satisfaisant à ceux qui sont intéressés à en connaître la bonté et la qualité ; indiquer les Manufactures, les Comptoirs et les Atteliers (sic) les plus accrédités : voilà le plan que nous nous sommes proposé de remplir dans l’Almanach général des Négocians et Fabricans. ..

« Un avantage considérable que présente notre Ouvrage est d'indiquer les Artistes, les Fabricans ; enfin les premièresmains d’où sortent les marchandises qui circulent dans le Commerce ; cette indication ne peut être que très agréable au Marchand détailleur et à tous Citoyens, qui souvent sont obligés de payer les marchandises un tiers de plus parce qu’ils ignorent la fabrique d’où on les tire, l’Artiste ou le Fabricant qui les mettent en œuvre : ils sont obligés de s’adresser à des Commissionnaires intéressés, et toujours attentifs à laisser ignorer l’ouvrier industrieux, pour le retenir dans une espèce de dépendance. Ces Commissionnaires se placent entre le Cultivateur, le Fabricant et le Consommateur qui, non seulement, paye les objets de commerce à un plus haut prix, mais est encore privé de la liberté du choix ».

On peut voir par ces quelques extraits que l'idée de lutter contre les intermédiaires n’est point une

idée moderne, et que, de très longue date, on s’étai1 enquis des moyens pour mettre en rapports directs le producteur et le consommateur.

Cet almanach est divisé en deux parties. La première donne des notions générales : commerce de la France, consuls étrangers, juridictions consulaires, monnaies et changes des principales places, escomptes, poids et mesures, foires et marchés. La seconde donne une liste, classée alphabétiquement par villes, des négociants et fabricants. Il y a là de précieuses notices sur les industries spéciales à chaque contrée, qui peuvent être consultées avec fruit, aujourd'hui encore, et qu’on ne trouverait nulle part ailleurs.

Les adresses de Paris sont bien curieuses à parcourir. Ici, c’est un cordonnier qui recommande ses bottes 11 dont les semelles passées au suif, d’une manière qui lui est particulièrement connue, les rend très souples, à l’épreuve de Peau» ; là, c’est un coutelier « inventeur des rasoirs à rabot, qui possède le secret de polir l'acier à telle perfection », dit-il, « qu’il en forme des miroirs dont la réflexion est aussi naturelle que celle des plus belles glaces de Venise » ; ailleurs, c’est un diamentaire en pierres fausses travaillant « une composition qu’il fait avec des pierres dont il possède le secret, les pierres sont aussi brillantes que le diamant » (comme on le voit, rien n’est nouveau sur terre : le diamant de Bluze a des prédécesseurs) ; autre part enfin, c’est un ferblantier qui se dit 11 auteur des petites lanternes que l’on met à la boutonnière », un fabricant de papier qui » pose le papier sans le coller », un autre qui vernit les papiers, et « on peut les laver quand ils sont sales ».

Tout un côté de la vie intime se trouve ainsi mis au jour par ces almanachs.

D’après Quérard cet almanach de Grangé se serait continué sous le même titre: c’est ainsi qu’il indique les années 1785 et 1786, éditées par un M. E.-J. Bouillot, avec « Supplément à l’édition de l’année 1786 », puis 0 l’Almanach général des Marchands et négocians de la France et de l’Europe », par MM. G. R. L. V. (Grangé, Rei et Le Vent). Paris, chez Grangé, 1788, in-S».

Enfin, en 1788, l’almanach aurait été repris par un M. Gournay et publié par lui sous le titre de :

— Tableau général du Commerce, des Marchands, etc., connu ci-devant sous le nom d’ Almanach général du Commerce, pour les années 1789 et 1790.

Une collection complète ne s’est pas encore rencontrée en vente publique. Les années se paient séparément 3o et 40 fr. [Année 1776 : 20 fr. Cat. Alex. More; 3q fr. Cat, Alisié. Année 1781 : vente Vitu, 10 fr. (n° 1 1 53)] — [Exemplaire relié de l’annés 1774, aux armes de M. de Sartines, avec les petites sardines sur le dos, chez M. Bégis.]

[B. N. Années diverses, depuis 1778].

(Voir, d’autre part, le n° 470).

XVIIIe SIÈCLE

440. — LES AMOURS DE VILLAGE, OU LE DEVIN VILLAGEOIS. Almanach chantant. Pour la présente Année.

Par M. B*** habitant des bois, qui dit ce qu’il pense. || A Venise, Et se trouve à Paris, Chez la Veuve Duchesne, Libraire, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût.

(1771). In-32.

Recueil de couplets en forme d’oracles, conçus dans un esprit léger, et divisés en cinq classes : pour les Femmes mariées, pour les Hommes, pour les Filles, pour les Garçons et pour les Veuves.

Voici, à titre de curiosité, quelques couplets qui montreront l’esprit dans lequel étaient conçues les publications de cette espèce, si nombreuses au xviii' siècle :

Pour les Hommes.

La Fontaine nous dit,

Que n’est nullement sage,

Qui pour femme volage S'attriste ou se maigrit.

Vois le ridicule D'en prendre souci;

Gobe la pilule,

Prends ton parti.

Pour les Femmes mariées.

Un pucelage

N’est pas un mets d’époux,

Cet avantage,

Amants, est fait pour vous :

Le premier jour,

Ton mari fit tapage ;

Mais tu calmas bientôt l’orage;

Et ce fut ton tour.

Pour les Filles.

Pourquoi montrer tant de dédain?

A Dorimon donnez la main.

Faut-il être si difficile ?

Ne ressemblez pas au héron,

Qui méprisant carpette, anguille,

Se contenta d’un limaçon.

[Coll, de Bonnechose.]

441. - LES BONNES ÉTRENNES, UTILES AUX CHRÉTIENS, ou le Bon Paroissien à l’usage de Rome et de Paris, [Dédié à M. le Marquis de Miromenil.] [| A Paris, chez Valade, Libraire, rue Saint- Jacques. (1771 et suite). In-24.

L’épitre dédicatoire à M, le marquis de Miromesnil se termine ainsi :

« Quel que soit l’état auquel la Providence daigne un jour vous destiner, vous vous souviendrez de vos anciens Emules ; et pourriez-vous les

oublier d’après l’exemple que vous en donne un Père chéri de toute la France? c’est pour vous apprendre à marcher de bonne heure sur ses traces qu’il veut que vous restiez avec nous, afin de naturaliser dans votre âme ces sentimens d’égalité, de bienveillance et de modestie, qui sont, avec la science et la vertu, la véritable et la seule Noblesse à laquelle tous les bons Citoyens ont droit de prétendre. »

[Coll, de l’auteur.]

442. — CALENDRIER PERPÉTUEL ET TABLETTES POLYPTIQUES et Économiques pour l’année 1771. Il A Paris. In-8.

[D’après la France Littéraire.]

443. - CALENDRIER RÉCRÉATIF ou Choix d’Anecdotes curieuses et de bons mots. || A Amsterdam et se trouve à Paris chez la Veuve Duchesne, Libraire, rue St. -Jacques, au Temple du Goût.

1771 . In-24.

En tête de l’ouvrage se trouve une dissertation sur les almanachs et leur origine, dissertation peu intéressante du reste.

444. — ÉTRENNES A LA POSTÉ- RITÉ, ou Calendrier Historique et Généalogique de toutes les Maisons Souveraines de l’Europe, depuis J.-C. jusqu’à la présente année. Précédé D’une autre Chronologie de toutes les anciennes Monarchies avant Jésus-Christ. |] A Paris, chez J. -P. Costard, rue Saint-Jean-de-Beauvais.

(1771). In-18.

Extrait d’un Essai d’Histoire Universelle que l’auteur de ces « Étrennes » devait publier plus tard. C’est une simple liste chronologique des souverains européens. En tête on trouve une chronologie des anciens royaumes indiquant seulement le premier et le dernier souverain.

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