‹ Les almanachs françaisChapitre 108 sur 521 · QUEL TEMS FERA-T-IL CE MATIN, CE SOIR, DEMAIN, ETC · texte numérisé non relu

QUEL TEMS FERA-T-IL CE MATIN, CE SOIR, DEMAIN, ETC

Présages utiles aux Laboureurs, Jardiniers, Voyageurs, Chasseurs, Promeneurs, etc., etc. Suivis des Prédictions de l’Ombre de M' Rabelais. Pour l’année bissextile M.DCC.LXXII. || A Londres, et se trouve à Paris, chez la veuve Duchesne, Libraire, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût.

In-24.

Calendrier. Naissances des princes et princesses. Table delà durée des jours pour tous les mois, et présages tirés du soleil, de la lune, des étoiles, des vents, des nuages, du brouillard, des pluies, etc. Présages pour les récoltes. Moyen de connaître l'heure du jour par les fleurs, quand elles s’épanouissent, quand elles se ferment. Les prédictions de « l’Ombre de M. Rabelais » sont, est-il besoin de le dire, des prédictions plus que comiques.

[Curieux : 10 à i5 fr.]

[Coll, baron Pichon.]

489. — LE SECRÉTAIRE DES MES- SIEURS, ou Recueil de Poésies agréables,

etc., etc. Avec Tablettes Économiques.

Pour servir à déposer comme dans le sein d’un Ami fidèle les secrets et les sentiments du cœur. [[ A Paris, chez Desnos, Libraire, Ingénieur-Géographe du Roi de Danemarck, rue St-Jacques, au Globe et à la Sphère. Pour la présente année(i772).

Se vendait, relié en veau 3 liv., en maroquin 4 liv,, et avec fermeture et pointe à diamant 6 liv.

Frontispice allégorique signé Derais inv. et Wallaert sc. (Jeune homme écrivant devant une table tandis qu’un petit Amour lui lance une flèche). Titre gravé auquel est joint un titre imprimé.

En tête est une curieuse préface que je crois devoir reproduire in extenso :

ci L’accueil que le Public a bien voulu faire au Secrétaire des Dames, nous engage à lui présenter actuellement le Secrétaire des Messieurs. Nous désignons, par ce titre, des Tablettes dans lesquelles on peut déposer, comme dans le sein d’un ami fidèle, tous les sentimens, tous les secrets de son cœur.

« Des Tablettes sont, en effet, le confident assuré de nos pensées. Si les Dames n’en avoient pas d’autres, elles craindroient moins les indiscrétions.

« Nous conseillons aux Hommes à bonnes-fortunes, aux agréables du siècle, et même aux amoureux, de ne découvrir leurs pensées qu'à des tablettes. Si le conseil que nous donnons pouvoit être suivi, quelle obligation ne nous auroit pas la Société ! A quel débit prodigieux le Libraire de ce petit ouvrage auroit-il lieu de s’attendre!

et Ces Tablettes sont composées d’un papier d’une nouvelle invention, sur lequel on peut écrire, ainsi qu'effacer, tout ce qu’on voudra. On écrit avec un stilet (sic) fait exprès, adapté à chacune de ces tablettes; et l’on efface par le moyen d'une légère éponge imbibée d’eau; en sorte qu’une page noircie par la couleur du stilet, peut être rétablie dans sa première blancheur, et souffrir jusqu'à huit, dix lavages et plus, et recevoir autant de fois les caractères qu'on désirera y tracer, sans la moindre altération du papier. L’utilité dont le tout a déjà paru au Public, nous dispensera d’un détail plus étendu.

« Nous observerons que nos Tablettes en général jouissent d’un avantage unique et qui les distingue singulièrement. Elles sont le type de l’instabilité du cœur humain, qui change à tout moment d’idées, et dans lequel un sentiment est bientôt effacé par un autre plus vif. On aura donc l’agrément de les voir se prêter à notre inconstance naturelle, et se pénétrer, pour ainsi dire, de nos pensées dans l'instant qu’elles nous affectent ; précieuses qualité que n'ont pas toujours les amis qui deviennent nos confidens.

« Comme l'amour est le sentiment auquel les | hommes résistent le moins, et qu'il est le plus doux d’éprouver, nous avons crû ne rien devoir hazarder (sic) en mettant dans des Tablettes destinées pour les Messieurs, quelques expressions d'un cœur tendre. Un Auteur connu nous a ouvert son porte-feuille; et nous espérons qu’on distinguera ses Vers de ceux qui remplissent ordinairement les Almanachs.

« Mais on ne confiera pas seulement à nos Tablettes des secrets amoureux : on peut encore les faire dépositaires de toute autre chose; et nous répondons de leur fidélité : quel est le Secrétaire dont on ose rendre un pareil témoignage avec autant de certitude?

« Nous croyons ne pouvoir mieux faire que de renvoyer nos lecteurs au Secrétaire des Dames, qui est la première partie du Secrétaire des Messieurs, et qu'on trouvera augmenté de Poésies agréables. Chaque année nous ferons en sorte d’ajouter de nouvelles choses à nos Tablettes. »

Cette publication est accompagnée d'un cahier de poésies. C’était, en somme, la forme primitive de ce qui devait être, par la suite, les « almanachs Desnos. »

[Coll, de Savigny.]

490. — ALMANACH ANECDOTIQUE DU’ RÈGNE DE LOUIS XV jusqu’en 1772. Orné du portrait de S. M. || A Paris, chez Desnos, Libraire de S. M. Danoise, rue Saint-Jacques, au Globe. 1773. In-24.

Figure sur quelques catalogues de Desnos sous le titre différent de : Les Anecdoctes de Louis le Bien-Aimé .

491. — ALMANACH D’AGRICUL- TURE, nécessaire à tout laboureur, fermier, cultivateur, où l’on expose par chapitres, tous les éléments de cette science; tout ce qui peut concerner les bestiaux, la culture des terres, les engrais, les labours, les semailles, les récoltes, la conservation des grains, et généralement tout ce qui a rapport aux différents tra- : vaux de la campagne. || A Paris, chez j Despilly. 1773-1775, 3 années. In-12.

Les années portent la mention : premier cours, second cours, troisième cours. Sur le titre de ce dernier on lit : « par M. P. D. L. B. »

Cet almanach est mentionné dans la France Littéraire pour 1772 : il a pu paraître antérieurement.

4g2. — ALMANACH DE PARIS, Contenant la Demeure, les Noms et Qualités des Personnes de Condition dans la Ville ;

! et Fauxbourgs de Paris : Pour l’Année bissextile mil sept cent soixante-douze. || AParis, chez Moreau, Libraire-Imprimeur, rue Galande, et à l’Hôtel de Toulouse.

M.DCC.LXXII. 1773-1790. Pet. in-12.

Avec un calendrier. « Si l’Almanach dont on présente l’essai, » dit l’avertissement, « peut paroitre utile et agréable à la Noblesse, les Personnes qui voudront bien y prendre quelque intérêt, sont suppliées d’envoyer leurs Noms, Demeures et Qualités, chez le sieur Courtin, Suisse de son Altesse S. Mgr. le Duc de Penthièvre à l'Hôtel de Toulouse; L'auteur ne négligera rien pour sa perfection. »

Ainsi s’annoncait sous une forme plus ou moins anonyme, l'utile publication due à un sieur François Claude Mangeot, premier «Tout-Paris », élégamment imprimé, avec encadrement typographique à chaque page, et d’un format assez restreint pour être porté avec soi.

L’année suivante, on lisait sur le titre les mots « Corrigé et Considérablement augmenté », le prix 20 s. broché et 3o s. emboîté, puis, à la suite du nom du libraire-imprimeur Moreau, les mentions : « Et à l’Hôtel de Toulouse, chez Mm<> Mangeot, Femme de l’Auteur, sous le Péristile, et à Mademoiselle de La Marche, au Palais Royal ». L’auteur, «le sieur Mangeot qui a dirigé l’Almanach», porte l’avertissement, remercie ceux qui ont bien voulu faire parvenir leurs noms, un tel ouvrage étant l’œuvre du public lui-même.

Pour l’année 1774, dont le prix se trouve porté à 24 sols broché et 36 sols relié, la seule différence consiste dans un changement d'imprimeur. Au lieu de Moreau c’est Cailleau, rue St-Séverin, « dans la porte cochère à côté du Papetier, vis-à-vis des murs de l'Eglise ».

En 1775, changement d’imprimeur et d'aspect typographique, les encadrements disparaissent. D’autre part l’éditeur Mangeot est mort, enfin les prix sont encore remaniés : 3o sols broché, 40 s. relié. Voici, du reste, les indications d’adresses :

« A Paris, chez Didot l’ainé, Imprimeur, rue Pavée, Humaire, Libraire, rue du Marché Palu, Gobreau, Libraire, quai des Augustins. Madame Mangeot veuve de l’Editeur, à l'Hôtel de Toulouse, sous le péristile, recevra les observations sur les noms et demeures. »

1776 : 36 sols broché, 42 sols relié. Pas d’autre changement. En 1778 le titre est modifié comme rédaction et typographie. En voici la reproduction exacte :

— Almanach de Paris, contenant La Demeure, les Noms et Qualités des Personnes de Condition et autres vivant noblement. Pour l'année 1778. Broché 36 s. relié 44 s. et en maroquin 3 liv. || A Paris, chez Quillau Imprimeur-Libraire, rue du Fouare ; la veuve Mangeot, Hôtel Toulouse, sous le Péristile, en vend toute l’année.

XVIIIe SIÈCLE

La veuve Mangeot, s'il faut en croire l’avertissement, ne serait plus qu’une simple dépositaire de l'almanach et cependant le privilège, renouvelé cette année même, est toujours à son nom. En effet, voici ce qu’on lit en ce dit avertissement : « Le nouveau rédacteur de cet Almanach a l’honneur de prévenir le Public qu’il contient cette année au moins 6000 adresses qui en rendent l’utilité incontestable. Il en garantit l’exactitude autant qu’on peut répondre de celle des Suisses et Portiers auxquels on s’est adressé. » D’autre part, le renseignement suivant est bien curieux comme faisant connaître les moyens qui servaient alors à l’orientation :

« Les chiffres qui suivent certaines adresses sont ou celui des lanternes les plus proches de la personne dénommée ou celui de l’Hôtel qu’elle habite lorsque ces demeures se trouvent dans des Fauxbourgs où les maisons sont numérotées. Il seroit à souhaiter qu’elles le fussent toutes, ainsi que les hôtels, à l’instar de la nouvelle halle; on éviteroit les méprises qu’occasionne la ressemblance des Noms des différentes personnes qui habitent ces mêmes rues. »

En 1779 le nom de le Veuve Mangeot disparaît entièrement. L’éditeur, quoique son nom ne figure nulle part, parait être un sieur Kremfeld, « attaché à la diplomatie pour l’électeur de Cologne » premier moteur, suivant Barbier, du numérotage des maisons de Paris.

On fait disparaître du titre, après « des personnes de Condition», les mots: « et autres vivant noblement », et l’adresse de vente est « chez le sieur Lesclapart fils, libraire, au milieu du quai de Gèvres, A la Sainte-Famille, vis-à-vis le Roi de Pologne », lequel restera éditeur de la publication jusqu’à la fin. Le calendrier contient la mention des choses curieuses de chaque mois. Les renseignements, d’après l’avis, devaient être adressés au sieur Lesclapart.

A partir de 1782 cette publication devient encore plus précieuse ; elle se double, je veux dire que l’almanach est divisé en 2 parties, l’une mondaine, l’autre commerciale, et se publie en 2 volumes dont voici les titres :

I. — Almanach de Paris. Première Partie contetenant la Demeure, les Noms, et Qualités des Personnes de condition, etc. Seconde Partie contenant les Noms et demeures des principaux Artistes, Marchands, Fabricants, etc... Broché 36 s. relié 44 s. et en maroq. 3 liv. Pour l’année 1783. Il A Paris, chez Lesclapart, Libraire de Monsieur, à la Sainte-Famille, rue du Roule,

IL — Le second volume, lui, a son titre ou plutôt le même titre débarrassé de toute la première partie et des mots : seconde partie , de façon à pouvoir se vendre seul, comme publication séparée. Il a même son calendrier.

Parlons un peu de ce «Tout-Paris commercial. »

Dans chaque classe de marchands ne figurent que les plus connus par leurs talents ou l'étendue de leur commerce, mais les divers états sont rangés par ordre alphabétique, et à la fin se trouve une table des métiers. Il y a là des divisions précieuses pour l’histoire du commerce en gros et au détail.

C’est ainsi qu’on y trouve, au point de vue instrumental, des facteurs de clavessins, de corps-dechasse (sic), d’instruments à vent, d’orgues, de fortepiano, de harpes, de serinettes, puis des papetiers et même des papetiers pour meubles.

Jusqu’en 1789 cette forme ne subit aucune modification, mais l’année 1790 vit, quoique publiée en 2 volumes, inaugurer une division toute différente.

(Voir, pour la suite, Almanach des Adresses de Paris et des Députés de V Assemblée Nationale n° 95o.

[B. Carn. Années 1773, 1774, 1773, 1777 : collection complète depuis 1781. || Coll, baron Pichon. || Coll. Paul Lacombe.]

493. — ALMANACH FORAIN, OU LES DIFFÉRENS SPECTACLES DES BOULEVARDS ET DES FOIRES DE PARIS, Avec un catalogue des pièces, farces et parades tant anciennes que nouvelles, qui y ont été jouées et quelques anecdotes plaisantes qui ont rapport à cet objet. || A Paris, chez Valleyre Painé, Imprimeur-Libraire, rue de la Vieille Bouderie, à l’Arbre de Jessé. Et chez les libraires qui débitent les Nouveautés. 1773*1775, 3 années. In-24.

Cette première année ne contient que le calendrier, les noms des acteurs et actrices de l’ Ambigu Comique, les titres des pièces jouées audit théâtre, les noms des grands danseurs de corde, quelques anecdotes, une note sur « l’Eléphant vivant qui fut transporté des Indes jusqu’à Paris » et, enfin, le divertissement comique intitulé : Les Farces de V Amour et de la Magie. Rédigé par Arnould Mussot. D’après Pougin, Barrett, auteur de pièces de théâtre et de diverses plaquettes, ( 1 728- 1 795) y aurait également collaboré.

A partir de l’année 1775 le titre fut complété comme suit :

— Almanach Forain ou les diffèrens Spectacles des Boulevards et des Foires de Paris , Avec le catalogue général des Pièces, Farces et Parades, tant anciennes que nouvelles, qu’on y a jouées; l’Extrait de quelques-unes d’entre elles; des Anecdoctes plaisantes et des recherches sur les Marionnettes, les Mimes, Farceurs, Baladins, Sauteurs et danseurs de corde, anciens et modernes. Troisième Partie. Pour Tannée 1775. || Le prix est de 24 sols broché. Il A Paris, chez Quillau, libraire, rue

Christine, au Magasin littéraire. Veuve Duchesne, libraire, rue St-Jacques.

En tête se trouve un avertissement dont nous extrayons les lignes suivantes : 0 Ce petit ouvrage n’a aucun rapport avec V Almanach des Spectacles de Paris. On ne parle dans celui-ci que des spectacles subalternes ; c’est-à-dire de ceux dont il n’est point fait mention dans l’autre. On y verra chaque année tout ce qui concerne un genre d'amusement très curieux et qui distingue autant la capitale de la France que toutes les beautés qu’elle renferme. C’est surtout de l’ Ambigu Comique et des grands sauteurs et danseurs de Corde que nous nous proposons particulièrement de parler. La partie du Public qui se plaît à ces deux spectacles, où l’on trouve toujours la gaieté, nous sçaura peutêtre gré de lui en offrir un détail amusant, et de conserver ce qu’ils offrent d'intéressant chaque jour.»

[B. Carn. Années 1773, 1775. || Coll. Arthur Pougin.]

[Les trois années de i5o à 200 fr. — Année 1773 Vente Sapin 38 fr.]

[Voir, pour la suite, n° 568.]

494. - CALENDRIER INTÉRESSANT OU ALMANACH PHYSICO-ŒCONO- MIQUE par M. R***. Prix : 20 sols broché, 28 sols relié. || A Paris, de l’Imprimerie de Quillau, rue du Fouare, à l’Annonciation. M.DCC.LXXIII. In-24.

Almanach de même genre, de même nature, — de même titre du reste, — que celui figurant sous le n°43t. « Collection de secrets», disent les éditeurs, « que nous avons nous-mêmes éprouvés ou qui ont été communiqués par la voie des ouvrages périodiques. Nous ne craignons pas de dire que nôtre almanach est fait avec beaucoup plus d’exactitude que celui de la Société typographique de Bouillon : nous nous sommes bien gardés de chercher à accréditer la possibilité de la pierre philosophale. »

495. — LA CHRONOLOGIE RENDUE SENSIBLE; ou Nouveau Calendrier perpétuel, enrichi d’observations intéressantes sur les années des Anciens et des Modernes, sur leurs mois, leurs semaines et leurs solennités; sur les constellations, sur les phases des corps célestes, et sur les divers points du Ciel, dont la connaissance est essentielle à la Chronologie. — Ouvrage distribué dans la forme la plus commode et la plus simple, en faveur des enfants de l’un et de l’autre sexe auquel il est principalement destiné.

— Prix 36 sols broché. || A Paris, chez tous les marchands de Nouveautés. (1773- 1777.) In-18.

Petit volume avec texte encadré, donnant la méthode d’un calendrier réellement perpétuel à la portée de tous, pouvant a rendre un compte exact et fidèle de toutes les opérations qu’on désirerait faire depuis le commencement de l’Ere chrétienne jusqu’à la fin du monde.» Resterait à savoir ce que l’auteur entendait par « la fin du monde. » Au texte est ajouté un tableau de concordance perpétuelle des dénominations des jours avec les lettres dominicales sous forme de roue qu’un mécanisme permet de manœuvrer. Derrière se trouvent deux autres roues. C’est une curiosité pour l'histoire des calendriers perpétuels.

[De 6 à 8 fr.]

496. - LE COURTISAN SANS ART OU LES COMPLIMENS SANS FARD, Étrennes agréables aux uns et utiles aux autres. Avec des Tablettes de nouveau Papier, pour y inscrire le jour de la Fête des personnes à qui on devra le (sic) souhaiter, ainsi que les différentes idées que la lecture de ces Compliments pourrait faire naître, et tout autre memento. [Épigraphe :]

Un rien paraît extrême,

Reçu de ce qu’on aime :

Beaucoup est moins que rien,

Si le cœur n'aime bien.

Accard.

|| A Paris. Chez Desnos, Libraire, Ingénieur-Géographe du Roi de Danemarck, rue St-Jacques, au Globe et à la Sphère. M.DCC.LXXIII. In-24. Relié veau 3 liv.

maroquin avec tablettes 4 liv.

Avec frontispice et 3 planches [accompagnées d’une page d’explication également gravée], que nous retrouverons par la suite, dans d’autres almanachs de chez Desnos.

Le frontispice représente la Fortune assise sur des nuages et distribuant aux humains les richesses qu’elle tire d’une corne d’abondance. Légende :

De l’un et de l’autre Pôle Accourez jeunes et vieux,

Ici les eaux du Pactole Rendent tout le monde heureux.

Puis suivent : Les dépêches du nouvel an (un petit maître sur le pas de sa porte prêt à acheter tout ce qu’on lui présente pour faire des étrennes aux uns et aux autres); Les Etrennes (Le courtisan sans art présentant à une petite maîtresse son almanach pour étrennes et lui faisant le compliment le plus

XVIIIe SIÈCLE

tendre); Une Fête (partie fine à la campagne pour la fête d’une maîtresse) :

De l’Amour et du Dieu du vin Goûtons ici la gentillesse;

Amis buvons à la maîtresse Qui sait si bien les mettre en train.

Choix de compliments de bonne année d’une versification généralement assez faible et quelque peu monotone, suivis d’un calendrier et avec une assez longue préface dont j’extrais les passages suivants :

« On défigure aujourd’hui tellement les Almanachs, qu’on est forcé d’instruire le Lecteur en lui en présentant un nouveau; car qui pourrait deviner ce que c’est que l’Almanach des Fariboles , l'Almanach à la Grecque , l’Almanach Grossier , l’Almanach Dansant , l’Almanach Poissard , etc. ? Cent titres, tous plus ridicules les uns que les autres, font un contraste absurde avec le détail des semaines et des mois auxquels on prétend les associer.

« Sans courir après d’élégantes chimères, qui ne laissent pas d’éblouir les uns, et d’en imposer aux autres, nous offrons aujourd’hui un Almanach de Complimens, soit pour la Nouvelle Année , soit pour présenter un Bouquet , faire la cour à quelqu’un, exprimer une tendresse, en un mot le Courtisan sans art , ou les Complimens sans fard.

« Les révolutions d’une année, étant pour tous les hommes un cours varié de bonheurs ou de malheurs, il nous a paru conforme à l’antique usage de retracer des cérémonies qui y sont consacrées depuis si longtemps et auxquelles nous nous assujétissons encore.

« En effet, il est naturel à tous les âges de faire des souhaits, de former des vœux le premier jour de chaque année; et c’est en quelque sorte par les Etrennes que les amis s’empressent à se témoigner la plus vive tendresse. »

Recevez, pour ce nouvel An Les Compliments sans fard Du plus sincère Courtisan,

Du Courtisan sans art.

Dans cet almanach le « Papier de la nouvelle composition du sieur Desnos » dont il y a « une quantité suffisante pour servir de tablettes pendant le cours de l’année » est entièrement blanc, sans aucune des inscriptions qui se liront par la suite.

Quérard mentionne le même almanach à la date de 1777.

[Coll, baron Pichon.]

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