‹ Les almanachs françaisChapitre 145 sur 521 · PREMIÈRE CHANSON · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CHANSON

Air : Le premier du mois de Janvier.

L'autre jour, quittant mon manoir,

Je fis rencontre sur le soir D’un Globiste de haut parage ;

Il s’en allait tout bonnement,

Chercher un lit au firmament,

Et moi je lui dis, bon voyage.

Dans sa poche un bonnet de nuit,

Pour la Lune un mot de crédit,

C’était hélas! tout son bagage;

Mais, pourvu d’électricité,

Il s'élançait avec fierté,

Sûr de mettre en fuite un orage.

Le vent devint son postillon,

Un nuage, son pavillon,

Chacun l’accablait de louanges :

D’après ce secret merveilleux,

On s’en va dîner chez les Dieux,

Prendre son Café chez les Anges.

Lise disait à Son Epoux,

Qui se plaignoit des rendez-vous Donnés sur des barques volantes ; Ah! Monsieur, pourquoi tant crier?

Je vais, au signe du Bélier,

Vous chercher des armes parlantes.

De tous les Voyages divers,

Celui qui se fait dans les airs Est la plus plaisante aventure :

Conduit par les simples hazards,

De Saturne on passe dans Mars,

De Vénus, enfin, dans Mercure.

(1 L’exemplaire décrit par M. G. Tissandier (Voir Bibliogr. Aéoronaulique) porte : « à Paris , chez Desnos. »

Que les Globes auroient de prix, S'ils pouvoient de nos beaux esprits Emporter la troupe légère;

Pour loger leurs jolis talents,

Il leur faut des Palais volants Qui les éloignent du vulgaire.

Reliure au ballon. — D'après un almanach appartenant à M. Gaston Tissandier.

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