‹ Les almanachs françaisChapitre 147 sur 521 · MES ADIEUX A LA TERRE · texte numérisé non relu

MES ADIEUX A LA TERRE

Air : Fous qui du vulgaire stupide ou Avec les jeux dans le Village.

Adieu, pauvres voisins des Gnomes,

Je m’accroche au premier Ballon ;

Sur Terre gobez vos atomes ;

De ma part un coup de talon Est, ma foi, ce qu’elle mérite :

Vous m’ennuyez par vos travers ;

On ne sauroit vous fuir trop vite A moins de se rendre pervers.

Adieu, Messieurs les gobe-mouches ;

Vous qui des divers Potentats,

Quoique plus bêtes que des souches, Prétendez régir les états.

(1) Nom de l’aéronaute qui avait tenté une ascension.

XVIIIe SIÈCI.E

Vous aussi, Messieurs des Gabelles, Qui, tout bouffis d'un dur orgueil, N'écoutez guère que vos belles,

En digérant dans un Fauteuil.

Adieu, sur-tout, la gent maudite De tous Huissiers, de leurs recors,

Qu'un sage débiteur évite Pour la liberté de son corps.

Et vous, fripons, que je déteste,

Croyez que vos vins frelatés,

Qui sont bien pires que la peste,

Ne feront plus rougir mon nez.

Adieu, précieuses Donzelles;

Fou, qui de vous est enchanté ;

Pour d'autres jouez de vos prunelles,

De vous je ne suis plus tenté.

Tout sot mérite qu’on l'étrille D'une belle et bonne façon,

Ou qu’on le fourre à la Bastille,

S’il se prend à votre hameçon.

Adieu, dans les airs je m’élance,

Rendant hommage à Montgolfier ;

C’est au signe de la Balance Que je reverrai de Rosier,

D'Arlandes, Charles, Robert jeune,

Par des Sylphides caressés :

Ce qui vaut bien mieux que le jeûne D’ici-bas pour les gens blasés.

Par M. B. de la Tour.

Cet amusant petit almanach d’actualités aérostatiques contient 2 gravures sur bois représentant, l’une une Montgolfière, l’autre un Ballon (avec nacelle).

760. — ALMANACH DES DILIGEN- CES ET MESSAGERIES ROYALES DE FRANCE, Pour l’année 1784. Contenant les jours et heures du Départ et de l’Arrivée des Diligences et des Voitures à journées réglées, tant de Paris que des Provinces, ainsi que des Coches d’eau.

Avec un Tableau des Villes où la Ferme générale a des Directeurs ou Correspondans, pour y recevoir les Marchandises, bagages, le montant des Billets, Lettresde-change et autres Effets commerçables, pour lesquels elle ne perçoit que le port du retour de l’argent, en assurant le protêt en cas de non-payement. On trouvera dans cet Almanach le Service général des Voitures publiques dans les principales Villes du Royaume ; la correspon-

dance de l’une à l’autre, et celle avec l’Étranger. Par M. P. D. Y. (Papillon de la Tapy). || A Paris, Chez Prault, Imprimeur du Roi, quai des Augustins, à l’Immortalité. 1784-1787. In-18.

Un avis placé au verso du titre porte: 0 Cet almanach sera renouvelle tous les ans, relativement aux changements et augmentations que l’on se propose d’y faire et que l’administration des Messageries a projettés ». Il était publié par M. Papillon de la Tapy, qui fut directeur général des Messageries Royales jusqu’en 1789 (l’Hôtel des Messageries était déjà rue N. D. des Victoires). On y trouve la nomenclature de toutes les diligences, carosses et fourgons partant chaque semaine de Paris, et des différentes villes du Royaume.

A la fin est un calendrier donnant, à chaque mois, des feuilles blanches pour la dépense journalière en route. Deux colonnes spéciales portent en tête : Dinée — Couchée (sic).

En 1786 l’almanach agrandit son format, publia une carte des correspondants des Messageries, et augmenta comme suit son titre :

— Almanach des Diligences et Messageries Royales de France, contenant le détail de l’Administration, l’Extrait des principaux Arrêts et Règlemens qui la concerne (sic) et des Avis intéressans au Public sur les précautions qu’il a à prendre, Les Départs et arrivées des Diligences et des Voitures à journées réglées pour les principales Villes du Royaume, le nombre et le genre des Voitures, avec le prix des Places, celui du Port des Paquets, et le nombre de jours en route : Le Service général des dites Voitures, avec leur marche de Paris aux principales Villes du Royaume et les Communications de ces mêmes Villes, dans l’intérieur des Provinces et dans l’Etranger; le Service général de la Navigation de France. Et le Tableau des autres villes de France et de l’Etranger qui communiquent avec les dites Messageries. Avec une Carte Géographique indiquant les principaux Endroits où la Ferme générale a des Directeurs ou Correspondans, pour y recevoir les Marchandises, Bagages, etc., le montant des Billets, Lettres de Change et autres Effets commerçables, pour lesquels elle ne perçoit que le port du retour de l’argent, en assurant le protêt en cas de non paiement. Par M. P. D. Y. [| A Paris, chez Prault, Imprimeur du Roi, Quai des Augustins, à l’Immortalité, et chez Les Suisses (concierges) de l’Hôtel royal des Messageries. (1787) in 12.

Les notes historiques sur l’origine des Messageries qui étaient absolument sommaires en 1784 sont très augmentées dans cette année.

[B. N. A. 1787. Il Coll. Pichon. A. 1784.] (Voir, plus loin, n° 844]

761. — ALMANACH DES GRACES, ÉTRENNES ÉROTIQUES CHANTAN- TES. Dédié et présenté à Madame, Comtesse d’Artois, par M. C. membre du Musée de Paris, pour l’année 1784. [Épigraphe :] Il n’appartient qu’aux Grâces De régner sur les cœurs. || A Paris, chez Cailleau fils, rue Gallande. (1784-1795 et 1804-1807). Pet. in-12.

Chaque année a un frontispice gravé (dessins de Marinier le jeune, et autres) et donne la musique de plusieurs chansons, « chansons décentes et agréables qui doivent mériter au recueil la préférence sur tous ceux du même genre », ainsi que veut bien le reconnaître le Royal Censeur en accordant son approbation. Ce ne sont, du reste, en ces 26 volumes, que soupirs, reproches, sanglots amoureux, plaintes de bergère indécise, complaintes des maîtresses sur le départ de l'amant, baisers ravis, roses fanées, modestes aveux, conseils aux amants, prières à l'amour. « En vous offrant l’ Almanach des Grâces, disait l’éditeur au sexe adorable, nous ne vous offrons que ce qui vous appartient. » Aussi, même après 1789, même pendant les années terribles, l’almanach n’abandonne pas son genre : il est toujours aux bergers, aux fleurs et aux serins. Pour qu’on s’aperçoive de la Révolution, il faut des pièces comme La Cocarde nationale , L’Avocat de l’amour à l’Assemblée Nationale ou les couplets patriotiques sur la bénédiction des drapeaux.

C’est aux Grâces qu’on fait appel en commençant ; c’est elles qu’on invoque en terminant. Et jusqu’en 1792, ce sont elles, également, que représentent invariablement les frontispices dessinés par Marillier le jeune : tous les Apollons du Ciel déposent des lyres entre leurs mains.

Comme le porte la légende de l’estampe de 1789 :

Ce sont trois Grâces en beau Ce sont les trois Grâces en une.

Que de grâce et que de maintien !

En 1791 « Madame, comtesse d’Artois, » devient sur le titre « Madame d’Artois. »

Les vers sont signés : Baugin, de Bruix, de Beauchesne, Boinvilliers, de Chanely, de Conjon, de Cubières, Ducray du Minil, Fabre d’Olivet, Godard, Lagrange, Laisné, de Boisléger, Lecaché, Lefranc, Maton de la Varenne, Merard Saint-Just, Meude- Monpas, Plouvié,de Sancy, de la Viéville, Volgar.

762. — ALMANACH DES MONNOIES, année 1784, [Épigraphe :] Nummus quæsitus et comparatus est, ut omnium rerum quodam modo sit médius seu mensura (Aristote, Etich. Nicoma. Lib. V.

Gap. 8). || A Paris, chez Méquignon, libraire au Palais. 1784 et suite. In-12.

Chaque année contient plusieurs planches reproduisant, les unes des monnaies, les autres les poinçons des communautés d’orfèvres (l’année 1785 donne toutes les marques). Titres gravés : la première année a un simple balancier pour vignette, les autres années ont un encadrement spécial avec cornes d’abondances sur les côtés, desquelles s’échappent de nombreuses pièces d’or. Tous les poinçons ont été gravés par Bernier, graveur particulier de la Monnaie.

Rédigé par Noël-François-Mathieu Angot des Rotours, Y Almanach des Monnaies contenait l’Etat de l’administration générale des Monnaies, des Communautés d'Orfèvres, une notice des autres Communautés qui emploient les mêmes matières, les rapports des poids étrangers avec le marc de France, le détail historique de tous les changements survenus dans la dénomination, le titre, le poids et la valeur numéraire des espèces qui ont eu cours dans le royaume depuis l’avènement d’Henri IV.

On y trouve également le recueil complet des édits, déclarations, lettres patentes et arrêts, sur les monnaies, depuis le commencement du règne de Louis XVI, et le détail des monnaies étrangères.

[De 5 à 6 fr. l’année.]

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