‹ Les almanachs françaisChapitre 166 sur 521 · Le Goût du Merveilleux. (Baquet de Mesmer · texte numérisé non relu

Le Goût du Merveilleux. (Baquet de Mesmer

Le Merveilleux est notre idole.

Pinetti vient, se montre et plaît.

Vrai Sorcier, dont Paris raffole;

Jadis on l'eut brûlé tout net.

Tel croit, à la foule éblouie,

Dévoiler la blanche Magie;

Qui, du Sorcier, dupe à son tour,

N'a mis que sa bévue au jour.

Mais un Magicien d’importance,

C’est Mesmer, dont l'attouchement Fait qu’un Mélancolique danse,

Sans savoir pourquoi, ni comment.

Son tact, aux maux est le remède ;

Et sous son tact, à qui tout cède,

Le Patient ne sent plus rien,

Et l’homme^sain se porte bien.

La Bouteille légère.

Le Charlatan fait sa parade Autour d’un baquet imposant,

Sur les bords duquel le malade Applique le côté souffrant :

Là, sous la force qui le presse,

Le pied du Boiteux se redresse;

Et du dos frappant le baquet,

Le Bossu crève son paquet.

Au prix de cent louis par tête,

Cent personnes, sous le secret,

Ont la connoissance parfaite Du Magnétisme qu'il transmet.

Le Galant court mettre en pratique Les leçons que Mesmer explique,

Le Provincial, chez les sots,

Va faire des Mesmer nouveaux

Puis viennent, toujours plus ou moins dans la même note :

— 3. La chasse au miroir. — 4. La Bouteille légère (repas galant). — 5. Le Singe savant. Venez voir voler sur terre Un singe savant,

Sans cependant savoir faire

De ballon volant.

Vous le verrez contrefaire Le chat Miaullant. (1)

Venez-voir ce Singe là,

Venez voir ce Singe.

Le Baquet de Mesmer.

(I) Jeu de mots sur le physicien Miollan.

A voler si haut vraiment On a le vertige ;

Sur la corde, franchement, Dans l’air il voltige.

Vous ne payez, qu'en sortant De voir le prodige, Venez voir ce Singe là, Venez voir ce Singe.

Contrefaisant la grimace D’un maître Jongleur,

Et le ton grave et l’audace De ce fier Docteur,

La baguette en main, il passe Pour son serviteur,

Venez voir ce Singe là,

Venez voir ce Singe.

A son approche une femme,

Se sent trémousser,

Sans conséquence il la pâme Par son seul toucher.

Ah ! Messieurs, le cœur s’enflamme,

Rien que d’y penser,

Venez voir ce Singe là,

Venez voir ce Singe.

Le reste du texte se compose soit de chansons ; galantes, soit de morceaux également relatifs aux j expériences aérostatiques.

[Coll, de Savigny : seul exemplaire connu.]

[25o fr.]

8 11. — ALMANACH DES RENDEZ- j VOUS. [| Paris, Imprimerie de Lambert, j imprimeur-libraire. 1786. In-24.

[D’après un catalogue de l’époque.]

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