LES AMOURS D’HÉLOÏSE
ET D’ABEILARD. Dédiées aux âmes sensibles. [Épigraphe :]
Gémissons sur leur tombe,
Et n’aimons pas comme eux.
|| A Paris, chez Esnauts et Rapilly, rue Saint-Jacques, à la Ville de Coutances.
(1792.) In-18.
Titre gravé, avec sujet (femme pleurant sur une tombe). Cet almanach est orné des portraits d’Abeilard et d’Héloïse, dans un médaillon à fond carré, chacun ayant au-dessous un huitain. 12 gravures non signées, dont voici les légendes : — I. Première entrevue des deux Amants à Paris, chez Fulbert, oncle d’Héloïse. — 2. Les leçons d’Abeilard et de l’amour. — 3. L’union secrette (sic) des deux Amans. — 4. Les deux Amans surpris par Fulbert. — 5. Héloïse déguisée échappe à la fureur de son oncle par les soins d’Abeilard. — 6. Les deux Amans, dans le jardin de leur soeur, en Bretagne. — 7. Les deux Amans jouissent des douceurs de la paix. — 8. La vengeance de Fulbert sur Abeilard à son retour à Paris, après son mariage. — 9. Héloïse, pour complaire à son amant devenu jaloux, se fait religieuse à Argenteuil. — 10. Abeilard, devenu abbé de Saint-Gildas de Ruis, revoit Héloïse au Paraclet, après nombre d’années. — il. Héloïse, ayant survécu 21 ans à son époux, meurt au Paraclet en 1 1 63 . — 12. Rencontre des deux Amans aux Champs-Elysées.
Le texte, entièrement gravé, se compose d’une notice de cinq pages relatant la vie d’Héloïse et d’Abeilard, et de chansons.
Calendrier gravé pour 1792.
[Coll, de Savigny, ex. avec grav. en couleur.)
[Cat. Techener, ex. mar. r. av. fleurons, 70 fr.)
io5o. — LES BIENFAITS DE L’AS- SEMBLÉE NATIONALE ou Entretiens de la Mère Saumon, Doyenne de la Halle, suivis de Vaudeville. [| Paris, au Palais- Royal, et chez tous les marchands de nouveautés. 1792. In-32.
Avec un frontispice dont l’explication est ainsi donnée dans le volume. Plusieurs boules de neige montées les unes sur les autres sont censées figurer la Constitution française. La foule inférieure représente les Droits de l’Homme. Le soleil du Patriotisme les éclaire et les échauffe de ses rayons bienfaisants. Les autres boules sont la Nation, la Loi, le Roi. Autour de ces boules trois personnages, le Père Gérard expliquant les différents titres de la Constitution, « tandis que le divin F auchet et le savant Collot, sous l’habit de sauvages, jouissent des précieux avantages de la Loi agraire
en partageant comme frères l'herbe du champ du gros François. »
Dans une préface l’auteur a qui ne concourt pas pour des prix » envoyé quelques traits malicieux à l'Almanach du Pire Gérard. Collot s’était adressé aux campagnards; lui fait parler les harengères.
Calendrier.
[Vente de la Bassetière, déc. 1892, 3 fr.]
1051 . - LE BONNET ROUGE ou Le Retour du Siècle d’Or. Almanach républicain, pour l’an 2 de la République Françoise. Contenant le nouveau calendrier tel qu’il a été décrété par la Convention nationale. Recueil de Chansons patriotiques, Pots-pourris, Romances, Poésies Érotiques et diverses. [Épigraphe :] L’ennui naquit un jour de l’uniformité. — Dédié à la plus belle moitié des Sans-Culottes. || Se trouve à Paris chez Guiart, éditeur, cloître St-Benoist, n° 36i, chez la veuve Langlois, Devaux et Janet. (1793.) In-32.
Frontispice : même dessin que celui du Fanal des Patriotes (voir n“ 1023), mais planche très grossièrement gravée et avec la différence suivante :
Dans la gravure du premier almanach, le grenadier tient au bout de son fusil un bonnet à poil, tandis que, ici, c’est un bonnet rouge.
Mélange de chansons politiques et de romances sentimentales, s’ouvrant par les dix commandements de la République française, les six commandements de la Liberté, et une poésie sur le nouveau calendrier des Français républicains signée : » le citoyen J. P. Mérard St-Just, poète et soldat invalide. »
La plupart des pièces sont signées Racine et Guiart, celui-là même à qui il fallait s’adresser pour l’insertion des poésies.
Le Bonnet Rouge a également paru pour 1794, avec des poésies différentes.
[An II au baron Pichon.||An III à la B. N. — Le**, 58o.]
1052. - LA CIVILOGIE PORTATIVE OU LE MANUEL DES CITOYENS, Almanach Lyrique orné de jolies Gravures. || A Paris, chez Janet, successeur du S. Jubert, Rue St-Jacques, vis-à-vis les Mathurins. 1792. In-32.
Titre gravé et 12 jolies compositions signées Dorgez. Le titre est excessivement curieux : sur le globe fleurdelysé se trouve le bonnet phrygien. C’est un des rares almanachs qui, dans le texte et
dans les images, présente, à la fois, la note galante et patriotique.
Titres des gravures : I. L’Encouragement Patriotique. — 2. Les Regrets bien méritoires. — 3. Le Bal National. — 4. Le danger du Duel. — 5. L’aniversaire (stc) du 14 juillet 1789. — 6. L'Animadversion d’un patriote (des enfants devant les bustes de Rousseau et de Voltaire). — 7. L’Exemple à suivre. — 8. Les effets de la Constitution :
On vante l’ambroisie Qui fait le repas des Dieux.
Notre table est servie De mets aussi précieux.
Un travail que rien n'enchaîne Les obtient heureusement.
Quand le produit suit la peine,
Le cœur est toujours content.
9. La Licence corrigée par la Liberté (deux femmes en posture galante). — 10. L’accord sentimental.— 11. Le Prix de mémoire. — 12. Le Repentir d’un fugitif:
L’Amour, autant que le civisme,
Me remet enfin dans tes bras.
Là, j’abjure le despotisme Et tous les citoyens ingrats.
Que mon exemple les anime,
Et que, répentans à leur tour,
Ils viennent expier leur crime,
Aux pieds des Lois et de l’Amour.
[Catalogué, 100 fr.]
[Coll. Salomon.]
io53. — LA CONSTITUTION EN VAU- DEVILLES, Suivie des Droits del’Homme, de la Femme, et de plusieurs autres vaudevilles constitutionnels. Par M. Mar-
XVIIIe SIÈCLE
Figures de Dorgez pour « La Civilogie Portative »
[D’après l’exemplaire rarissime et quelque peu fatigué, appartenant M. Salomon.]
chant. || A Paris, chez les libraires royalistes. 1792. In-32.
Le faux-titre porte l’indication : « Almanach civique pour l'année 1792. »
Frontispice au pointillé, tantôt en bistre, tantôt à la sanguine, tantôt en couleurs (en cet état avant la lettre), que Cohen paraît attribuer à Debucourt. Il représente un patriote s’amusant au jeu de l’émigrette. Avec un calendrier.
En tête de l’ouvrage : « Épître dédicatoire à MM. les Emigrés, » signée : L’Éditeur de la Constitution en Vaudeville. Puis on lit sous forme à' avertissement:
« Comme ma qualité de citoyen passif m’engage à faire quelque chose pour la nation, je ne crois pouvoir rien faire qui lui soit plus agréable que de mettre sa constitution en vaudevilles. Par ce moyen elle se trouvera à la portée de tout le monde; ceux qui ne l’auroient jamais lue la chanteront, s’il est vrai qu’on chante ce qui ne vaut pas la peine d’être lu.
« Si, comme on l’a dit, tout finit par des chansons, et si, par un de ces événements que la sagesse humaine ne peut prévoir, la constitution françoise devenoit un ouvrage inutile, la mienne pourroit se chanter, tandis que celle de l’Assemblée nationale ne trouveroit pas un lecteur. En attendant le triomphe d’une de ces deux constitutions sur l’autre, je vais présenter la mienne à ma section, où j’espère qu’elle me tiendra lieu de don patriotique et de contribution mobilière. »
C’est une des plus spirituelles parmi les nombreuses parodies de l’époque. Voici notamment de quelle façon se trouve ridiculisée la déclaration des droits de l’homme:
Ou sensés ou nigauds,
Les hommes sont égaux A la qualité près.
Ils sont tous indistinctement Fils d’un papa, d’une maman;
Peupler et cultiver la terre Voilà quel est leur ministère.
Mais tous n’ont pas l’heureux talent De pouvoir faire également Tout ce qu’on a fait pour les faire.
Parmi les « vaudevilles constitutionnels » il faut mentionner la Promenade civique de l'incomparable M. Voidel au bois de Boulogne, les Jacobins et les Capucins, les chemises à Gorsas, une chanson sur Carra, etc.
Cette petite plaquette bien connue, a' été réimprimée par Jouaust en 1882, avec une notice par Jules Kergomard.
[La B. N. possède un exemplaire de choix avec 2 tirages en couleurs du frontispice, dont l'un sur satin. || Coll. Victorien Sardou, ex. avec front, en couleurs.]
1054. — LA CONSTITUTION FRAN- ÇAISE Décrétée par l’Assemblée Nationale Constituante, aux années 1789, 1790 et 1791 ; Acceptée parle Roi, le ^septembre
1791. [I A Paris, de l’imprimerie Didot jeune. Chez Garnery, rue Serpente, n° 17.
1792. In-32.
Le faux-titre porte : « La Constitution française, Almanach nécessaire pour l’année 1792. »
Contient la Constitution.
[Communiqué par M. Bihn.]
1055. - LE DIVIN CONSOLATEUR, Etrennes nécessaires aux fidèles, dans les malheureux jours de schisme. || A Paris, chez Lepetit. 1792. In-12.
1056. — LES ENTRETIENS DE LA MÈRE GÉRARD EN FRANCE, aux dépens de toutes les sociétés fraternelles. || S. I. (Paris). 1792. In-32.
Autre parodie de l’ Almanach du Père Gérard. L’auteur fait observer qu’il n’a pas remporté de prix aux Jacobins, mais qu’il en propose un de 100,000 fr. à qui exterminera la gent jacobine.
On y trouve en contre-partie, la parodie des divers conseils du Père Gérard.
1057. — ETRENNES AU BEAU SEXE OU LA CONSTITUTION FRANÇAISE MISE EN CHANSONS, suivie de Notes et Vaudevilles constitutionnels. [Épigraphe :] Tout finit par des chansons. || Paris, De l’imprimerie royale. 1792. In-16.
Avec un frontispice allégorique (rats dans une montagne) et une planche représentant Brissot qui s’enfuit avec nos colonies qu’il vient de brissoter ; légende : La constitution au club des Jacobins.
Almanach divisé en trois parties: I". La Constitution en chansons ; 2». les Notes y relatives ; 3°. Un Recueil de tout ce qui a paru de mieux en Chansons constitutionnelles pendant 1791.
Cet ouvrage est dédié aux jeunes demoiselles.
[Cat. 3 et 5 fr.]
1058. — LES ÉTRENNES DE FÉLI- CITÉ || Cythère (Paris) 1792. In-12.
Par Bayard de Plainville député de la Somme au Conseil des Cinq-Cents. Félicité, c'est Mme Bayard, et ce petit volume qui n’est nulle-
Cat. de 8 à 10 fr.
XVIIIe SIÈCLE
ment un almanach n’a été tiré, nous apprend Charles Nodier dans le catalogue de la vente Crozet, qu’à un très petit nombre d’exemplaires et seulement pour la famille.
1059. — ÉTRENNES POUR LES CI- TOYENS-SOLDATS ET LES SOLDATS- CITOYENS ; Pour l’An III de la Liberté. Contenant la Déclaration des Droits de l’Homme, avec des réflexions philosophiques. Et la Constitution française, Accompagnée des entretiens du père Gérard, par M. Collot; des Lois concernant la Paix et la Guerre, le serment à prêter par les Troupes, l’organisation de l’Armée, la discipline militaire, et chansons patriotiques. On y a joint un livret des Postes pour toutes les routes de l’Empire. || A Paris, chez Dufart, imprimeur-Libraire, au bureau des nouveaux livres classiques, rue Saint-Jacques, n°i 57 ; Favre, libraire au Palais-Royal, et chez lesMarchans de Nouveautés. 1792. In-12.
Frontispice personnifiant le triomphe de la Constitution sur l’ancien régime.
Deux autres vignettes représentant l'une : le Triomphe de Louis XVI, l’autre le père Gérard expliquant la constitution à ses concitoyens.
[B. N. — Le 2 2 319-1
1060. — ÉTRENNES SPIRITUEL- LES, tirées des monuments de l’Église et adressées au clergé et au peuple catholique de France. || Paris, Crappart, 1792.
Publication avec calendrier, due à l’abbé Buée.
1061. — FOLIES NATIONALES, Pour servir de suite à la Constitution en Vaudevilles. Par M. Marchant. || A Paris, chez les Libraire Royalistes. 1792. In-32.
Frontispice gravé : un citoyen aristocrate debout, prenant de la main droite une marotte placée sur une table, à côté d'un poignard. Dans le fond, une bibliothèque. Au-desssous, cette légende: La marotte est pour moi,
Le poignard pour les autres.
Almanach conçu dans le môme esprit que la Constitution en Vaudevilles. Il est dit, dans un avertissement, que les éditeurs veulent, sous le masque de la folie, éclairer leurs concitoyens sur leurs vrais intérêts. 0 II faut rire, c’est ce que dit tout le monde, et cependant on n’a jamais si peu ri qu’à présent. Il est vrai que les circonstances ne sont
pas très riantes, mais qu’importe ! Nous voulons rendre les Français à leur ancien caractère. » C’est pourquoi on offre au public « un nouveau recueil, un nouveau choix des œuvres de M. Marchant en les présentant sous un format plus commode et plus portatif. » Contient, entre autres pièces : « Le nouveau Don Quichotte, Les marionnettes nationales, Le petit ménage de M. Audouin journaliste et sapeur du bataillon des Carmes, un Dialogue assignatico-patriotique entre M. Camus et M. Robespierre, la superbe et magnifique séance du Club des Jacobins. »
Morale : alors on ne pouvait guère rire ; aujourd'hui, cela ne fait plus toujours rire.
[B. N. (| Coll, de l’auteur.]
1062. — LA GAIETÉ FRANÇOISE ou Étrennes de la Liberté. Almanach nouveau, chantant et décent pour la présente année. Dédié aux Amis du Plaisir. [Épigraphe :] Le plaisir rend heureux :
Épicure. || A Athènes, et aux dépens des Épicuriens Avec approbationde laLiberté.
(1792.) In-32.
Une des très rares publications de l’époque contenant sur son titre la satire des anciennes approbations royales. On remarquera également le mot «décent» mis à la place du terme «Galant» si universellement employé pour les chansonniers du XVIIIe siècle.
Du reste, simple recueil de chansons banales, avec calendrier, s’ouvrant par une chanson sur les nouveautés du jour : « Qu’y faire, qu’y faire 1 ».
[Coll. Weckerlin.]
1063. — LES LUBIES D’UN ARISTO- CRATE, Almanach Nouveau, Pour l’Année 1792. Avec un Livret des Postes, très exact des Routes, et la distance pour l’allée et la venue en poste à Paris des Villes frontières, ainsi que des autres principale Villesdu Royaume. = Prix 24SOUS.
|| A Paris, chez Francion, entre les rues Royale et du Dauphin, au Panache blanc. In-18.
Frontispice assez gentiment gravé, représentant des personnages occupés à dépendre des écussons royaux. Au-dessous on lit : « Ainsi que l’Eglise dans les jours de pénitence voile l’image du Christ et des Saints; de même dans ces jours de calamité, nous voilons tout ce qui pourrait rappeler à nos sens l’éclat de la Majesté Royale. »
En plus de cette légende gravée il fut distribué sur papier volant une « Explication imprimée de la gravure. » Cette explication que je possède sur mon
exemplaire porte : «La Nation en déshabillé arrache les panonceaux des grilles des Notaires, la couronne et les armes de France aux enseignes des marchands, et placarde en noir le mot « Royale » Sur le plafond des Buralistes, »
Par «Plafond» il faut entendre ici les grandes enseignes en bois placées au haut des boutiques et portant les inscriptions» Débit Royal» — «Loterie Royale », etc...
Chaque mois du calendrier a, devant lui, un agenda pour les notes manuscrites.
L’auteur de ce recueil de poésies d’actualité qui s'ouvre par une « Epitre dédicatoire aux douze cens virs » dit dans un préambule : « Nous serons toujours satisfaits de la destinée de cet ouvrage, s’il peut, quelque jour, servir de fallût pour allumer un feu capable d’anéantir à jamais cette multitude innombrable de productions infernales, de pamphlets ridicules, de brochures et de journaux insipides qui n’annoncent que trop depuis quelques tems la perversité des cœurs, la destruction des mœurs et la décadence du bon goût.
Série de petites pièces assez amusantes dans l'esprit du moment.
— Sur la proclamation du 20 Juin :
Nous, Souverains de ce Royaume,
Qui ne croyons ni Roi, ni Dieu ;
Avons fait serment en ce lieu.
De jouer la France à la paume.
— Sur le départ de Constituants :
Enfin à des Jongleurs nouveaux Ils abandonnent leurs tréteaux;
Pour les voir déguerpir du Diable si je bouge. Que va-t-il nous rester de leurs sombres travaux ? Des milliards d’assignats, quelques quarts d’écus
[faux,
Et force sous de cuivre rouge.
La plaquette se termine par une Approbation et Permission rédigée dans un esprit satirique :
« Nous soussignés, délégués par le Comité pie, pour farfouiller toutes les paperasses soumises à nos recherches ; déclarons avoir scrupuleusement épluché celles-ci dans lesquelles nous n’avons rien trouvé qui puisse en retarder la circulation. L’an troisième de l'Ere de la liberté.
Signé : Cochon et consorts, garçons chiffoniers de la Propagande.
Cet almanach se rencontre quelquefois avec un autre frontispice grossièrement enluminé qui n’est point le sien : l’Amour tendant sa flèche à une femme assise.
[B. N. || Coll. Victorien Sardou. || Coll, de l’auteur.]
[De 10 à l5 fr. broché.]
sera le théâtre, en 1793, par Rouy l’ainé, auteur des deux éditions des prédictions des événements de 1792. [Épigraphe:]
Plus je m'enfonce dans le cahos (sic) de l'avenir, Plus je vois de merveilles et de tyrans périr. (1)
|| A Paris, chez l’Auteur, rue des Lombards, n° ci-devant 29, allée du premier marchand de vin à droite, en entrant par la rue Saint-Martin, au deuxième sur le devant ; et chez les Libraires en nouveautés. In-18.
Recueil de prédictions plus ou moins fantaisistes.
[Voir, plus loin, n° 1145.]
io65. - MANUEL DES AMIS DE LA CONSTITUTION contenant le livre des Postes pour l’allée et la venue de Paris à toutes les Villes de France. La Constitution française précédée d’une Introduction et Réflexions philosophiques et accompagnée des Entretiens du père Gérard par M. Collot ; de Chansons patriotiques et des Lois relatives aux Troupes Nationales. Avec trois figures allégoriques. Prix : 1 liv. 10 s. broché. || A Paris,
chez Fr. Dufart, Imprimeur-Libraire, au Bureau des nouveaux Livres classiques, rue St-Jacques, et chez Bossange, rue des Noyers. 1792. In-18.
Recueil rarissime qui ne se trouve dans aucune de nos bibliothèques publiques. Les trois figures allégoriques annoncées sur le titre et gravées avec une grande finesse de burin, sont :
1» Frontispice. — Du Temple de la Constitution sur lequel veille la Divinité tenant en main les Droits de l’Homme, temple soutenu par des colonnes aux inscriptions significatives « Liberté- Propriété. Sûreté. Résistance à l’oppression », sortent les troupes de la Nation, commandées par Rochambeau, La Fayette, Lückner. Sur leur drapeau on lit : Vivre libre ou mourir. Sur le côté droit de la gravure défilent, en longueur, les troupes de la Réaction, à l’enseigne Alléluia ! Alléluia ! Alléluia ? commandées par Condé et Royal-Bonbon. Le Souverain de l’Ancien Régime qui domine cette armée de toute sa hauteur, c’est la Mort, avec ses banderolles aux inscriptions significatives : Maquereaux, Catins, Valetailles, Fermiers, Princes, Clergé.
1064. — LE MAGICIEN RÉPUBLI- CAIN ou Organe des événements dont l’Europe et particulièrement la France
(1) Deux vers de treize pieds (la faute, sans doute, à l’année dix-sept cent quatre-vint-treize).
XVIIIe SIÈCLE
2° Triomphe de Louis XVI. — La France sur un trône, sabre nu en main, couronne le buste de Louis XVI. A ses côtés est une inscription : Tous à la loi seule. Debout au premier plan, sur la droite, une autre femme personnifiant la Liberté et l'Egalité tient un drapeau dont la pique est surmontée du bonnet phrygien , 14 sept. 1791.
3* Le Père Gérard tient le Livre de la Constitution et l’explique à ses Concitoyens (la planche connue, en grand format, pour l'édition in — 1 8).
Les « Entretiens du Père Gérard » sont suivis du rapport fait par Dusaulx à la Société des Amis de la Constitution, au nom de MM. les Examinateurs-Juges du Concours de l'Almanach Patriotique.
Cette troisième partie a sa paginalion spéciale : c’est le volume in-l 8 du « Père Gérard » adjoint tel que, sans titre, au « Manuel des Amis de la Constitution. n
Les deux exemplaires qui m’ont passé entre les mains étaient reliés et portaient sur le dos l'un Etrennes, l'autre Etrennes Françaises.
[Cat. l5 à 20 fr.]
1066. — LES MŒURS DES PRE- MIERS AGES ou l’École de l’Antiquité.
Almanach Moral et Lyrique, orné de jolies gravures. || A Paris, chez Janet, successeur du Sr Jubert, rue St-Jacques, vis-à-vis les Mathurins, n° 36 (1792).
In-24.
Titre gravé avec sujet biblique. Almanach orné de 6 gravures dont voici les légendes : — i.Adam et Eve . — 2. Le Massacre d'Abel. — 3. La Résignation d’ Abraham. — 4. Le Sacrifice de Jephté. — 5. Le Pauvre bienfaisant. — 6. Le Père de Famille.
Texte gravé, chansons et musique.
Calendrier pour 1792.
[Coll, de Bonnechose.]
1067. — LE NÉCESSAIRE D’UN HOM- ME DE BIEN. || A Paris, chez Janet, successeur du sieur Jubert, rue St-Jacques, n° 36. (1792.) In-64.
Almanach minuscule mesurant 0.021 sur 0,016 mill. Avec 8 vignettes sur bois, quatrains et devises pour les filles et les garçons. La première gravure représente un conscrit dont un officier soutient le fusil. En face on lit :
Ce ne sont plus des jeux d’enfants Qui des nôtres font le bien être,
Chez nous tout s’escrime à présent,
On est soldat ou l’on veut l’être !
Avec calendrier pour 1792.
[Coll, marquis de Fayolle.]
1068. — LES PERFIDIES SUPPOSÉES ! OU LES MÉDISANCES PARDONNAj BLES. Orné de jolies gravures. || A i Paris, chez Janet, successeur du sieur | Jubert, rue St-Jacques, vis-à-vis les Maj thurins, n° 36. (1792.) In-24.
; Titre gravé : Amours se lutinant sur un pont et ! dans l’eau. Compositions de Dorgez pour accom- ; pagner les chansons. — I. Le Rideau entr’ouvert.
; — 2. Autres temps, autres mœurs (allusion à l’Anj tiquité). — 3. Le Cheval fondu. — 4. La Sub- ! stitution. — 5. L’Amour Dragon. — 6. Le nouveau j Colin-Maillard (encore, sous une autre forme, la ; planche des quatres jambes actives : ici c’est con— j tre la porte).
... le bandeau par adresse Echut au pauvre Mari.
Tandis qu’il cherche et tâtonne,
Son infidelle moitié A l’Amant qui l’environne Prouve sa vive amitié, etc.
7. Le Besoin des deux Sexes. — 8. Les Vœux téméraires. — 9. Le Mari surveillant. — 10. L’Échelle rompue. — 1 r . La Vengeance pardonnable. — 12. Le Cent de fagots.
Quelques-unes de ces compositions sont fort j jolies. Texte gravé avec pages de musique et j feuilles « Perte et Gain ». Le calendrier qui se i trouve à la fin est intitulé : « An de Grâce 1 793 » ; j l’éditeur fait observer que les almanachs se débi— j tant dans plusieurs diocèses on n’y a mis que les jeûnes généraux.
[De 80 à l5o fr. suivant l'état et la reliure.]
[Coll. Paul Eudel.]
1069. — LE PETIT ALMANACH DES | GRANDS SPECTACLES DE PARIS, j [Épigraphe :] ridendo dicere verum Quis i prohibet? Horace. || A Paris, chez Maret, i Libraire, Au petit-fils de Henri IV, sous i la voûte de la cour des fontaines, au Palais-Royal ; Et chez tous les Marchands de Nouveautés. 1792. In-24.
Attribué à Rivarol. « L'art de la comédie », dit l’auteur dans une préface, « est devenu le plus j nécessaire et le plus agréable de tous. Pourquoi donc a-t-on gardé jusqu'à présent le plus profond 1 silence sur ceux qui le professent»? C’est pour j venger les comédiens des injures des journalistes j et des huées d’un public capricieux et méconnais- ; sant que l'auteur publie son almanach en suivant j modestement les traces du Petit Almanach des \ Grands Hommes. Notices satiriques sur les théâtres : et sur les principaux comédiens, connus, en effet,
dans le même esprit. Qu’on en juge par ces quelques citations :
— M. Renaud (Opéra). Talent qui s’élève de jour en jour, et qui finira par se perdre dans les airs. La voix du public saura à coup sûr l'arrêter. Rue lignon, à l'Inutilité.
— Figurantes. Vingt-cinq jeunes filles, élevées presque toutes au couvent, et dont on apprécie tous les jours le mérite. Elles se rassemblent tous les soirs, avant ou après le spectacle, sur le boulevard du Temple où on peut se procurer leurs adresses.
— M. Dupont (Th. Français). Jeune débutant qui ne promet pas beaucoup. Nous prononcerons sur lui quand il se fera mieux connaître. Rue du Théâtre Français , à l’Espérance.
[Coll. Paul Lacombe.]
1070. — LE PLUS PRÉCIEUX DES ALMANACHS, Contenant des moyens sûrs pour se garantir des faux Assignats, ou Collection de tous les procès-verbaux dressés jusqu’à ce jour, pour constater les signes caractéristiques, auxquels on peut reconnoître la falsification des Assignats depuis 5oo liv. jusqu’à 5 liv. Livre Nécessaire à tous les Français. Seconde Édition. |] A Paris, chez Patris, Imprimeur, rue Saint-Jacques, Zoppi, au caffé Procope, rue de la Comédie Française, Devaux au Palais Égalité, n" 181. Garnéry, rue Serpente. (1792.) In-18.
Ne contient, comme le titre l'indique, que des procès-verbaux sur la falsification des Assignats.
[Cat. 4 et 5 JEr.] [B. N.]
1071. — LA RÉUNION DES UNIFOR- MES ou l’Almanach des trois Couleurs et Variétés, Orné de Jolies Figures. || A Paris, chez Janet, Doreur, Beau-frère et Successeur du sieur Jubert, Rue Saint-Jacques, vis-à-vis les Mathurins, n° 36. (1792.) In-32 .
Titre gravé avec sujet (deux gardes françaises tenant l'un un fusil, l’autre un drapeau déployé orné du bonnet phrygien), 12 gravures, non signées, sans légendes, ravissantes comme dessin et comme exécution, et dont voici les sujets : — I. La préférence patriotique. — 2. La double épreuve. — 3. La simplicité désirable. — 4. Le moyen de s’en défendre. — 5. Le marin philosophe. — 6. Le portrait des vieillards. — 7. Le désespoir bien légitime. — 8. La méthode des amans. — g. La Grotte mystérieuse ou le Fantôme. — 10. Les charmes de
tête-à-tête. — 11. Les plaisirs villageois. — 12. Les rendez-vous.
Texte entièrement gravé, chansons et musique, avec un calendrier, se dépliant, pour 1 792, et un cahier de tablettes.
Quelques-unes de ces pièces sont dans la note patriotique du jour.
On peut en juger par les vers suivants empruntés à la première chanson :
Depuis l’heureux instant qu’en France Tout est armé pour sa défense ;
Depuis que les soldats Français Ont encouragé nos succès,
L’uniforme a la préférence.
Il est l'habit par excellence Le Sexe en chérit la couleur,
Et qui le porte est son vainqueur.
[De i5o à 200 fr. suivant l’état et la reliure.] [Coll, de Savigny.]
1072.-LARÉVOLUTION FRANÇAISE EN VAUDEVILLES, Depuis le commencement de l’Assemblée destituante jusqu’à présent. || A Coblentz, 1792. In-32.
Frontispice représentant la France qui arrache le bandeau lui couvrant les yeux, elle implore à genoux la vengeance du Ciel, sa prière est exaucée. Un coup de tonnerre frappe et détruit la Constitution sous l’emblème d’une pyramide renversée,
XVIIIe SIÈCLE
posée sur un affût de canon et soutenue par plusieurs fusils. Au-dessous se lit cette légende :
Espérons des jours plus paisibles,
Les Dieux ne sont point inflexibles, Puisqu'ils punissent leurs Forfaits.
Satires très violentes sur les deux premières législatures, avec une série de pièces détachées.
Pourquoi donc nos soldats nationaux N'ont-ils pas des culottes ?
Nous avons des milliers de drapeaux, Qu’avaient faits nos patriotes ;
Ça ferait aux soldats nationaux De fort bonnes culottes.
On verroit les couleurs d’Orléans Décorer leur derrière ;
Et bientôt, du héros d’Ouessan,
Egalant la vertu guerrière,
Ils feroient quatre pas en avant Et cent mille en arrière.
Quelques exemplaires ont un calendrier.
1073. — LES SOIRÉES DE CÉLIE, ou Recueil de chansons en vaudevilles et arriettes (sic). Orné de jolies gravures. || A Paris, chez Janet, successeur du sieur Jubert, rue St-Jacques, vis-à-vis les Mathurins, n° 36(1792). In-24.
Titre gravé avec sujet (Amour soutenant un jet d’eau sur lequel sont des cœurs).
Douze gentilles illustrations dont voici les sujets : — i.Le chercheur de merles. — 2. Mirlimimi Zacatara (scène de Charlatan sur la place publique). — 3. L’amant serrurier. — 4. La déclaration muette. — 5. La Bergère. — 7. La jolie Boulangère. — 7. Les pleurs séchées. — 8. La Méchante. — 9. La Chasse. — 10. La Marchande de Chapeaux (intéressant comme intérieur de boutique). — il. La Danse. — 12. Chacun s’ocupe (sic) (les enfants s’amusent, les grands se font la cour, un personnage regarde au loin avec une lorgnette).
Texte gravé.
[Ex. mar. vert. cat. Morgand, 75 fr.]
1074. — LE TRÉSOR DES DÉVINA- TIONS OU LE PORTEFEUILLE DE JÉROME SHAPP. || A Paris, chez Janet, successeur du sieur Jubert, rue Saint- Jacques, n° 36. 1792. In-24.
Almanach faisant connaître la manière de tirer les horoscopes. Sur le titre gravé se trouve l’hexagone avec les n°’ donnant les réponses aux ques-
tions posées. Il est orné de 10 jolies compositions gravées par Dorgez : — 1. La Vérité. — 2. Le Hazard. — 3. La Fortune. — 4. Le Destin. — 5. La Bonne fée. — 6. Le Bon génie. — 7. La Sybile. — 8. Nostradamus. — 9. La Mère sçait tout. — 10. Mathieu Laensberg.
Texte imprimé. Les réponses — qui ne sont jamais que des réponses à côté, est-il besoin de le dire ? — sont des poésies chantantes.
A la fin se trouve le conte : Le teinturier malade, reproduit depuis tant de fois :
Votre mal est, mon cher, le pourpre ou la suette, Disoit à son malade un grave Médecin ;
J’en juge à la couleur et rouge et violette,
Que j’apperçois sur votre main....
Eh 1 je suis teinturier, répond l’homme en souffrance ;
Et de sucs innocens monsieur est imbibé...
Vous êtes Teinturier ? Louez la Providence,
Sans cela vous étiez flambé.
[De 40 à 80 fr. suivant l’état.]
[Coll. Paul Eudel.]
1075. ALMANACH A DEUX TÊTES, en deux parties. || S. I. 1793. In-32.
[D’après H. Welschinger, Almanachs de la Révolution.]
1076. — ALMANACH ASTROLOGI- QUE ET PHILOSOPHIQUE. A l’usage des Cultivateurs et de tous les Citoyens du Monde. Par les associés interprètes du livre de Thot. [Épigraphe :] « En tout et par-tout, les dieux apprennent beaucoup de choses aux hommes ». Aratus. || A Paris, De l’Imprimerie Célère, rue Galande, maison Châtillon, n° 63 et 79.
(An IL) In-12.
Frontispice gravé représentant, d'après l’explication placée en tète de l’ouvrage, l’invention . de l’Agriculture.
Contient des indications utiles aux cultivateurs : signes des changements de temps, instructions médicinales sur l’emploi de certaines plantes d’après leur ressemblance avec les différentes parties du corps humain, instructions sur l’agriculture et le jardinage. On y trouve, déplus, quelques données astrologiques pour les 12 mois de l’année, ainsi que la Déclaration des droits de l’homme.
Calendrier rural pour l’an II, les noms des Saints étant remplacés par ceux des produits de la terre.
1077. — L’A-B-C NATIONAL, dédié aux républicains par un royaliste. || A Paris, chez les Marchands de Nouveautés. 1793. In-32.
Série de quatrains, de poésies et de jeux de mots sur l'alphabet, lettres et mots.
Frontispice représentant un personnage assis devant un tableau sur lequel sont tracées les trois premières lettres de l’alphabet et qui se trouve appuyé contre le faisceau des licteurs. Légende :
L’un le dit ou l'écrit, quant à moi je le chante, Tandis qu’à le penser, un autre se contente.
La citation suivante suffira à donner une idée de la pauvreté littéraire de ce petit recueil :
K. Lettre qu'on ne trouve pas Au milieu de tant d’embarras Loulanladerirette Et qui va comme ce tems-ci :
Loulanderire.
[Cat. 4 et 5 fr.]
1078. — ALMANACH CHANTANT pour l’An II. || Paris, chez Dupont.
An II (1793*1794). In-8.
[D’après H. Welschinger, Almanachs de la Révolution, et attribué par lui à Saint-Just.]
[Voir, plus loin, n° 1146.]
1079. — ALMANACH DÉDIÉ AUX j BONS CITOYENS. || A Paris, chez Blan- : mayeur (1), Rue du Petit-Pont, Maison de ! l’Image-Notre-Dame. (An II, 1793-94.) i In-32.
Titre, dans un encadrement avec sujet pastoral, j (moutons et petits bergers), dessiné et gravé par : Queverdo. Almanach orné de 12 gravures dont ; voici les légendes : 1. La Fête des Citoyens. — j 2. Le Retour du Bûcheron. — 3. La Fille gron- j dée. — 4. Le Retour de la Ville. — 5. L'amant ; trouvé dans la Huche. — 6. Le bon ménage. —
7. Les Accords villageois. — 8. La paille décou- j verte. — g. La Mère bien aimée. — 10. Rosine et i Colas. — 11. La Belle-Mère. — 12. La Fête du j Père de Famille.
Texte, chansons et musique, entièrement gravé, j Calendrier se dépliant, pour l’an II avec la con- j cordance grégorienne.
Cet almanach dont les sujets furent très popu- j laires au xviu» siècle, n’est que la mise en vente, i
(I) Blanmayeur est le successeur de Boulanger. I
i à nouveau, sous un titre au goût du jour, de La \ Fête des Bonnes Gens, publié antérieurement chez j Boulanger (voir, plus haut, n° 848). Il n’est pas j sans intérêt de remarquer que le mot « Rois » dans | la légende de la première planche a été recouvert : d’une bande portant le mot « Citoyens ».
[Coll, de Savigny.]
1080. — ALMANACH DE J.-J. ROUS- SEAU ou des bons ménages, par Bulard.
|| Paris, Caillot. (1793.) In-24.
[Quérard.]
1081. — ALMANACH DE LA MÈRE GÉRARD, Pour l’Année bissextile 1792, ou les Droits de l’Homme et du Citoyen. Mis en vaudevilles, Suivis de Noels Civi-
i ques et Patriotiques, pour l’amusement et l’instruction des petites-filles de la Mère Gérard. || A Paris, chez les Marchands de Nouveautés. L’an III de la Liberté. In-32.
Frontispice gravé, représentant la mère Gérard i instruisant ses filles, avec cette légende tirée des j couplets du volume :
Tandis que Gérard explique Les décrets à nos garçons,
Mes soins aux filles j’applique,
Et les instruis par des chansons.
Cet almanach qui s’ouvre par des couplets de la Mère Gérard est une adaptation en vaudeville des Droits de l'homme. Sur les pages de gauche sont les articles des Droits de l’homme ; en face, un couplet-vaudeville s'y rapportant.
Ces vaudevilles, dit l’éditeur en un avis au verso du titre, sont le fruit des loisirs d'un bon patriote.
Viennent ensuite les Noëls Patriotiques, composés de chansons diverses ayant toutes trait à la révolution : Portrait d’un roi constitutionel ; Idée de l’ancien régime ; Le Pacte fédératif ; Invitation aux Emigrés ; Départ des Patriotes pour les frontières ; etc.
Le même almanach se trouve sans le frontispice et sans les Noëls Patriotiques, c’est-à-dire ne contenant que les Droits de l’homme en vaudevilles. En voici le titre sous cette forme :
— Almanach de la Mère Gérard, Pour l’Année bissextile IJQ2, ou les Droits de l'Homme et du Citoyen, mis en vaudeville, et dédiés à la Mère Gérard, pour l’amusement et l'instruction de ses petites-filles. |1 A Paris, Chez Bouqueton, Imprimeur-Libr., rue Saint-Martin, n° 226. L’an III de la Liberté. In-32.
[B. N. - Lc2 2 39 et 39 A.]
1793] xvme
1082. — ALMANACH DE LA RAISON, pour l’an II de la République Française, une et indivisible. Rédigé par le républicain Ésope Desloges, sourd et muet, habitant la maison nationale de Bicêtre. || Paris, chez le citoyen Desloges. An IL (î 793-94.) In- 12.
Curieux almanach dans lequel les fautes d’orthographe tiennent une certaine place et qui donne un abrégé du catéchisme moral pour l’instruction républicaine.
1083. — ALMANACH DE LA RÉPU- BLIQUE FRANÇAISE, Pour l’année 1793; Dédié aux Hommes Libres. [Épigraphe :] L’Instruction est le premier bien. Prix, i5 Sols. || A Paris, chez Lefuel, Doreur, rue de la Harpe, n" 187. Dufay, passage du Saumon et chez les Marchands de Nouveautés. L’an Ier delà République. (1792.) In-32.
Frontispice allégorique, avec cette légende : « La Liberté foudroyé les abus et l’ignorance, qui se précipitent dans une Caverne.»
Almanach rédigé sous forme de dialogue entre un républicain et un monarchiste, « Cet almanach, » lit-on dans la préface, « destiné à passer dans les mains d’hommes libres, est rédigé par un républicain, qui se met lui-même aux prises avec un monarchiste ; du choc de ces deux opinions, il espère que la vérité sortira. » Après 1 3 1 pages de longues discussions tous les deux semblent être, enfin, tombés d’accord. Voici du moins la conclusion :
«—Le Monarchiste :• Mon cher républicain, vous avez fait passer dans mon âme le feu dont la vôtre est animée; je suis satisfait de vous avoir un peu poussé à bout, vos réflexions m'ont fait plaisir; car il faut que je vous accuse la vérité : je n’étois Monarchiste que par habitude, et j’avois honte de rejetter des principes que mes pères m’ont transmis ; mais, grâce à vous, toute honte cesse, et vous avez fixé mon irrésolution. Je vous donne le baiser de paix : soyons amis ; les hommes sont faits pour l’être. »
Heureux temps où l’illusion était encore telle qu’on conservait l’espérance de voir toutes inimitiés cesser à l’aide d’une simple discussion contradictoire!
1084. — ALMANACH DES BERGERS, Pour l’année m.dcc.xciii contenant Deux Méthodes faciles, l’une pour connoître l’heure de la nuit à l’aspect des Étoiles, et l’autre pour connoître la position
des Planettes chaque jour de l’année.
[Épigraphe :]
Quel bras peut vous suspendre, innombrables
[Etoiles 1
Nuit brillante, dis-nous qui t’a donné tes voiles?
Racine, Poëme de la Religion.
|| A Paris, chez Pellier, Imprimeur, rue des Prouvaires, n® 527, Et Demoraine, Libraire, rue Saint Jacques, vis-à-vis la Fontaine Saint-Séverin, aux Associés.
1793, An premier de la République française. (1793 et suite.) In-18.
Débute par une « Adresse aux Bergers et aux Cultivateurs, » pour leur démontrer que l’astronomie est une science qui leur est utile, et qu’elle est, de plus, une récréation universelle parmi les Bergers.
Deux cartes contenant les étoiles visibles sur l'hémisphère nord.
Sur le titre de l’An II on lit, en plus : « Suivi d’un Essai sur les moyens de se procurer les Trésors du Pérou ». Welschinger dansses Alma'nachs de la Révolution mentionne l’An III.
[B. N. Année 1793 — Vz 2284.]
1085. — ALMANACH DES CATHOLI- QUES ROMAINS, ou Recueil de traits de Piété et de morale chrétienne, Pour l’an de grâce 1793. [Épigraphe :] Et *cendet sicut virgultum in conspectu Domini. Isa'ie. || A Paris, chez Debarle, Imprimeur-Libraire, rue du Hurepoix, quai des Augustins, n® 17, au Bureau- Général des Journaux. In-24.
Almanach catholique, avec calendrier pour l’an VI contenant les jours correspondants de l’ancien calendrier.
[B. N. — Le 2 3.]
1086. — ALMANACH DES FRANÇAIS pour l’An Second de la République, Rédigé conformément au Décret de la Convention Nationale [Avec les noms des Mois et des jours de la Décade] (i).
[Épigraphe :]
Magnus ab integro seclorum nascitur ordo.
.... Novi incipiunt procedere menses.
|| A Paris, chez Du Pont, Imprimeur-
(1) Sur certains exemplaires la partie entre crochets n’existe pas.
Libraire, rue de Richelieu, n° 14. II.
(1793-94). In-24.
Calendrier républicain avec le rapport de Romme. L’ancien calendrier a été conservé à côté pour la commodité du public.
[B. N. — Le 22 35.]
1087. — ALMANACH DES HON- NÊTES GENS, Contenant des prophéties pour chaque mois de l’année 1793, des anecdotes peu connues sur les journées des 10 août, 2 et 3 septembre 1792, et la liste des personnes égorgées dans les différentes prisons. [Épigraphe :]
Ils prétendent conduire à la félicité Les nations tremblantes Par les routes sanglantes De la calamité.
Volt.
|| A Paris, chez tous les marchands de nouveautés. 1793. In-12.
Frontispice, non signé, représentant la Justice, la Religion et la Vérité se retirant au Ciel, tandis que sur la terre livrée aux horreurs de la guerre civile, des bourreaux achèvent leurs victimes.
Frontispice de 1’ « Almanach des Honnêtes Gens. »
Le calendrier se trouve précédé d’un article Éclipses qui se termine ainsi : « Le satellite surnommé Mars, parce qu'il a mis les peuples en
guerre, et a promis Mons et merveilles éteindra son disque d'un rouge noirâtre dans les flots de sang qu’il aura fait verser. Tous les autres satellites disparaîtront à l’horison, en même tems que l’astre éphémère et multiple qui les y a fait monter. »
Dans le texte se trouve, en outre d'anecdotes sur les horreurs commises en septembre 1793, une « Complainte sur les événements relatifs à M11» de S" (Sombreuil) qui a sauvé son père d'une Saint- Barthélemy (sic) » ; un article avec romance, La République des Animaux et un dialogue entre Mirabeau et Larochefoucauld.
Jusqu’à ce jour cet almanach avait été souvent attribué à Sylvain Maréchal. Maurice Tourneux dans son travail si précieux et si complet: Bibliographie de l’histoire de Paris pendant la Révolution en rend définitivement la paternité à Louis Ventre de La Touloubre dit Galard de Montjoye.
Planche à l’intérieur représentant les massacres de l'Abbaye (page 52). Cette planche ne se trouve que dans quelques rares exemplaires.
Cet almanach obtint un très grand succès et eut plusieurs éditions contenant des addenda.
En voici les titres :
— Almanach des Honnêtes Gens (le reste comme ci-haut). Seconde édition ornée de deux figures et augmentée de la liste des personnes égorgées à Versailles. 1793. I11-12.
L’une des figures est le frontispice décrit ci-dessus; l’autre, qui se rencontre quelquefois avant la lettre, représente les massacres dans la prison de l’Abbaye.
— Almanach des Honnêtes Gens. — Sixième et septième édition, augmentée de la liste des prisonniers d’Orléans égorgés à Versailles. 1793. In-12.
A part quelques exemplaires de l«r tirage le frontispice est toujours horriblement mal tiré, et sur très mauvais papier, à l’exception toutefois de la 7° édition beaucoup plus soignée. La seconde figure, au contraire, est d’un tirage meilleur.
[1” édition, très rare : 20 fr. || 2e édition également rare : l5 fr.]
[B. N. —Le 2 2,33 B.]
1088. — ALMANACH DES JEUX, ÉTRENNES AUX JOUEURS, contenant les Règles des Jeux de Piquet, De la Carambole et de la Guerre. Pour la présente année. || A Paris, A l’Académie des Jeux (1793-99). In-32.
Frontispice sur bois, colorié, représentant une querelle amenée par le jeu et dégénérant en bataille.
Règles des principaux jeux de cartes.
XVIIIe SIÈCLE
Calendrier républicain et calendrier grégorien.
[Exemplaire pour 1799, avec amusant cartonnage populaire, communiqué par M. Bihn.]
[Voir, plus haut, sur les jeux, n° 620.]
1089. — ALMANACH DES PLUS BELLES PENSÉES DE ROUSSEAU, suivi Du Rapport fait au nom du Comité d’instruction publique, et des sublimes Cérémonies observées à la Translation de ses cendres au Panthéon, le second décadaire de Vendémiaire, l’an 3° de la République une et indivisible.
Du Nouveau Calendrier, contenant les anciens jours de la Semaine ; le départ des Postes et Messageries ; le Comparatif des 24 heures anciennes avec les nouvelles décimales ; le nouveau Système des poids et mesures; le tableau des 90 Départements; les Pays qui se sont réunis à la République. || A Paris, Chez Prévost, rue Jacques, N° 195, près la Fontaine Séverin ; et à compter du 25 Vendémiaire, rue de la Bouderie, vis-à-vis la rue Maçon, N° 126 (1793). In-24.
Contient une notice sur la vie de J. -J. Rousseau, un recueil de ses plus belles pensées, le rapport sur J. -J. Rousseau fait au nom du comité d’instruction publique, par Lakanal.
A la fin se trouve un tableau des mesures linéaires, les poids, les foires, les messageries et les départements.
Calendrier pour 1793 .
[B. N. — Le2 2 36g.]
1090. — ALMANACH DES RÉPUBLI- CAINS, Pour servir à l’Instruction Publique; Rédigé par P. Sylvain Maréchal, Auteur de l’Almanach des Honnêtes- Gens. || A Paris, chez les Directeurs de l’Imprimerie du Cercle Social, rue du Théâtre-François, n° 4. 1793. In-18.
Titre encadré d’un ornement typographique. Ce nouveau calendrier républicain de Sylvain Maréchal contient la mention des grands événements à la fois au point de vue de la liberté et des hommes célèbres. La division de la France en 83 départements, l’abolition de l’infamie attachée aux peines, le testament d’Eudamidas, la fête de la Rosière, l’amende honorable pour les Vêpres Siciliennes, la consécration du Panthéon, l’oubli de la loi... Deuil à Paris (2 et 3 septembre), etc., prennent place ainsi aux côtés des illustrations de toutes les époques. Les mois, tout en conservant leur ancienne dénomination, sont appelés La Loi,
Le Peuple, Les Pères, Les Époux, Les Amans, Les Mères de famille, Les Hommes libres, Les Républicains, Les Egaux, La Raison, Le Bon voisinage, Les Amis.
Cet almanach s’ouvre par une sorte d’adresse aux citoyens, célébrant la liberté des Suisses sur un mode dithyrambique. Les premières phrases permettront de juger du style dans lequel le volume est écrit :
« Le Calendrier de la République Française, le martyrologe de la liberté, ne doivent pas ressembler aux almanachs de cabinet de l’église apostolique et romaine.
« Aujourd’hui, à Rome, et encore ailleurs, mais ce ne sera plus pour longtemps, on fête la cérémonie de la circoncision ; c'est-à-dire, à pareil jour, dans Jérusalem, on coupoit le petit bout du prépuce de Jésus nouveau-né.
« Eh bien I aujourd’hui, à pareil jour aussi, Guillaume Tell, en Suisse, coupoit bien autre chose à un faquin d’aristocrate, que cette canaille de maison d’Autriche avoit envoyé aux braves montagnards de l’antique Helvétie, pour leur faire porter le joug sous lequel gémissoit lâchement l’Europe. »
Parmi les notices consacrées, chaque mois, aux personnages du calendrier, les deux suivantes méritent d’être reproduites :
» — Philoxène, poëte et martyr. Il se conduisit autrement à la cour du roi Denis, que Voltaire à celle du roi Frédéric. Sa franchise lui valut le châtiment des carrières.
0 — Jésus-Christ, martyr. Ce Juif fut condamné au gibet par les aristocrates et les calotins, pour avoir tenté une sainte insurrection parmi les sansculottes de Jérusalem. Au reste, il donna lieu au proverbe : nul n’est prophète impunément dans son pays. Pardonnons à Jésus-Christ le charlatanisme de sa vie, en mémoire de sa mort, qui fut assez belle. »
Après cela, il faut tirer l’échelle. Quelques très rares exemplaires avaient comme frontispice la célèbre gravure, Voltaire, Rousseau et Francklin dans un médaillon rond, avec la devise : Le Flambeau de l'Univers.
[B. N. || Coll, de l’auteur, avec frontispice.] [De 5 à 10 fr., suiv. l’état.]
1091 . — ALMANACH DU BONHOMME ou Petit Dictionnaire, très utile pour l’intelligence des affaires présentes. || Paris, chez les marchans de nouveautés et maison de l’Égalité. 1793. In-18.
Avec un calendrier grégorien, plié. Définitions humoristiques conçues dans le sens des idées nouvelles, et choix de chansons. En tête des « États Généraux de Bacchus » on lit : n Nous croyons ne pouvoir mieux terminer cet ouvrage que par
quelques couplets assez gais, chantés à une grande table en présence d’une illustre compagnie, et que nous croyons n'avoir jamais vus le jour. »
[B. N. — Le 22 45.]
1092. — ALMANACH DU NOUVEAU MONDE. || S. I. (Paris, 1793).
[D’après H. Welschinger, Almanachs de la Révolution.]
1093. — L’ALMANACH DU RÉPU- BLICAIN, L’an second de la République Française, Par les citoyens Rousseau- Jacquin et Étienne Dupin [Épigraphe:] Vitam impendere Patriæ. || A Paris, chez Rousseau-Jacquin, imprimeur et rédacteur du « Journal du matin, de la République Française, » rue St. Nicaise, n° 5o2. — Firmin Didot, rue de Thionville. Et chez tous les libraires et directeurs des postes de la république. (1793-94.) In-12.
Publication mensuelle, dont le prix était de
I 1. 10 sols le numéro. Les auteurs adoptent la méthode Sylvain Maréchal et donnent pour l’année une galerie philosophique des hommes les plus célèbres.
1094. - ALMANACH HISTORIQUE OU RECUEIL VÉRIDIQUE ET CHRO- NOLOGIQUE DE TOUS LES GRANDS ÉVÉNEMENS qui sont arrivés jour par jour dans les armées, à la Convention Nationale, dans les départemens et autres gouvernemens de l’Europe, depuis le jour de l’abolition de la royauté jusqu’au 21 Septembre 1793, deuxième année de la République française; le tout rangé dans l’ordre chronologique des jours; avec les noms des endroits où les évènemens se sont passés, ainsi que le récit des traits de courage et d’héroïsme qui ont eu lieu dans les combats. Ouvrage très curieux, instructif et utile à tous les citoyens. Dédié et présenté à la Convention Nationale, par Rouy l’aîné, auteur du ! « Magicien Républicain. » || Paris, chez l’Auteur; Basset; Janet; Laurent; Ché- j reau... et les marchands de nouveautés. : (1793.) In-12. 1 1. 10 sols broché, et 2 1. j 10 sols relié.
II existe de cet almanach une seconde partie j contenant les quatre premiers mois de la 2e année j
j de la République et publiée assez longtemps j après, l’auteur ayant subi un emprisonnement de j sept mois, par le fait, dit-il, « d'ennemis particu- I liers, dont quelques-uns complices de l'infâme j Robespierre ». Les huit mois restants parurent avec la 3e année de la République, dans la troisième partie du recueil.
En tête de chaque volume figure un frontispice, identique pour les deux parties. Il représente un noble et un prêtre passant sous le niveau égalitaire tenu par la République et par un sans-culotte. Au-dessous ce distique, à la rime peu riche :
La nature à ses droits nous ayant fait égaux, Orgueilleux, courbez-vous au-dessous du niveau
(sic).
Le titre de la seconde partie contient quelques variantes peu importantes.
[Cat. de 5 à 10 fr.]
1095. — ALMANACH ILLUSTRÉ DU BULLETIN DES HALLES. || Paris, 1793.
[D’après H. Welschinger, Almanachs de la Révolution.]
1096. — ALMANACH MILITAIRE POUR LA GENDARMERIE de la 35« Division et 7e de Paris, formée des vainqueurs de la Bastille. Dédié à ses frères d’Armes, par Lamotte. || (A Paris) Pour l’Année 1793, seconde de la République Française. In-12.
Au verso du titre se trouve une liste : Appointemens des Gendarmes, Calendrier républicain. Donne les noms et demeures des vainqueurs de la Bastille et le tableau desdits « citoyens Vainqueurs » reconnus d'après la vérification faite par MM. les Commissaires nommés à cet effet parmi les Électeurs de la ville de Paris et par les Commissaires adjoins choisis parmi les citoyens Vainqueurs reconnus les premiers.
Plaquette très rare.
[Cat. 25 fr.] [Coll. Paul Lecombe.]
1097. — ALMANACH NATIONAL DE FRANCE, Année commune m.dcc.xciii.
L’an II” de la République. || A Paris, De l’Imp. de Testu, successeur de la veuve D’Houry, rue Hautefeuille, n° 14. (1793- 1804) 11 années in-8.
Sur le titre un bonnet phrygien surmontant un faisceau. Au-dessous les mots: Patrie, République française.
XVIIIe SIÈCLE
Carte des départements suivant les décrets de l’Assemblée Nationale.