LES SOUPERS DE MOMUS
Recueil de chansons et de poésies fugitives. [Avec musique et accompagnemens de guitare, par MM. F. Carulli et A.Lhoyer (1)] (Année 1814). || A Paris, chez Barba, Libraire, Palais-Royal, derrière le Théâtre-Français, n°5i,puis chez Arthus Bertrand, rue Haute-Feuille, n° 23, puis chez Alexis Eymery, rue Mazarine, 1814.
(1814-1830.) ln-18.
En tête de chaque volume se trouve un frontispice servant d’illustration pour une des chansons, dessiné et gravé par E. Jourdan, Couché fils, Bergeret, Choquet, etc. Celui de la première année représente un jeune Amour ayant en main la marotte de la Folie et montrant le temple, orné des bustes de Panard et de Piron, sur le fronton duquel on lit: a Soupers de Momus » :
Entrez, entrez, Enfans de la folie,
Plus on est de foux (sic) plus on rit.
A partir de la 2e année le titre est gravé et donne un petit sujet également emprunté à une des chansons du recueil.
(lj Dès la seconde année on lit sur le titre : a Recueil de chansons inédites », et la partie entre crochets disparaît ainsi que les pages de musique, | gravées, du reste. A partir de 1822, il n’y a plus i aucun sous-titre.
La lr« année s'ouvre par une dédicace, un avertissement, une préface, un avant-propos, une introduction, un discours préliminaire, le tout dans
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un esprit satirique, pour tourner en ridicule l'habitude des notices préliminaires, alors fort à la mode. Le recueil est également précédé d'un « Essai sur la chanson ».
Ses éditeurs, les convives de Momus, furent une des sociétés chantantes les plus en vogue sous la Restauration, qui se réunissait d’abord chez Beauvilliers, à la Grand-Taverne delà rue Richelieu, puis à la mort de ce dernier (1819), chez le sieur Lemelle, passage Montesquieu. Toutefois, la joyeuse société lyrique ne fit pas un long séjour dans ce passage, car, en 1823, on la retrouve à la rue Richelieu, chez le disciple et successeur de l'illustre Beauvilliers, M. Lenglet.
C’est dans ce recueil que prit place la chanson d'Armand Gouffé « Plus on est de fous plus on rit », qui devait obtenir partout un succès si considérable. Du reste, toutes les chansons sont dues à des convives, à des membres correspondants ou à des invités des Soupers de Momus, Béranger, Belle, Brazier, Coupart, Désaugiers, Dusaulchoy, Etienne Jourdan, Lelu, Martainville, Merle, Ourry, B. de Rougemont, etc...
Certaines années portent sur la couverture les noms des auteurs des chansons du recueil.
[Coll, de l’auteur.]
XIXe SIÈCLE
1712. — LE SOUVENIR DES MÉNES- TRELS. || A Paris, chez l’Éditeur, au Magasin de musique de Mme Bénoist, rue de Richelieu, n° 20, puis Palais-Royal, Galeries de bois, n° 254, et plus tard, au Magasin de la Lyre Moderne, rue Vivienne, n° 6 (1814-1828)? In-18.
Titre avec sujet gravé : un ménestrel composant assis sur un tertre, devant un château et une chapelle gothique. Un second titre imprimé porte en outre comme indications : « Contenant une Collection de Romances inédites ou choisies parmi celles qui ont paru dans l'année. Le tout recueilli et publié par un Amateur. Ce Recueil paraît tous les ans au Ier janvier. »
Cette publication, entièrement gravée, à l’exception du calendrier et des introductions, donnait la musique de toutes les romances (1) et était ornée de compositions dessinées et gravées par les artistes les plus en renom de l’époque : Chasselas, Garnerey, Patras, Horace Vernet, Delvaux, Lambert, P. Berton (tantôt 12, tantôt 10, tantôt 8 gravures). L'année 1823 se fait remarquer par des lithographies de Dhardiviller d’une assez jolie exécution, mais il faut croire que ce genre ne charma point les lecteurs, car, dès l’année suivante, l'on voit revenir les classiques burins. Comme poésies, on y trouve les noms de Caigniez, Frédéric de Courcy, Désaugiers, Dupuys-des- Islets, Armand Gouffé, Grétry neveu, Jadin, Millevoye, Martainville, de Montolieu, Ourry, Charles Lafillé, le directeur de la publication, Etienne Arago, Béranger, Casimir Delavigne, de Jouy, Simart, etc. Quant à la musique, elle est signée des grands musiciens du jour : de Beauplan, Berton père, surintendant de la musique du Roi, Boïeldieu, Catel, Cherubini, Duvernoy, Garaudé, Grétry, Gossec, Jadin, les deux Kreutzer, Ladurner, Naderman, Pacini, Pleyel, Rigel, Grast, Chénié, Garat, Romagnesi.
Dans les dernières années se trouvent des romances anglaises ou allemandes et des canzonnettes italiennes.
Le Souvenir des Ménestrels, qui chanta tour à tour la victoire les amours et les belles, qui permit au musicien d'unir sa gloire à celle du poète, restera donc, très certainement, la publication la plus caractéristique de l'époque : poésie, musique, dessins, tout y est d’un troubadourisme inouï, et l’ossianesque y tient, à coup sûr, une plus grande place que le contemporain. Chacune des 9 premières années se trouve dédiée à une célébrité
(1) Le chant et non l’accompagnement, afin, dit l'introduction de la première année, <1 de ne pas froisser les intérêts des éditeurs ». Plus tard, vinrent les accompagnements de piano et de guitare.
musicale dont le nom est inscrit sur le titre dans l'ordre suivant : Monsigny, Ducis, Gossec, Marsollier, de Vivetières, Champein, Raynouard, Berton, Hoffman, Garat aîné. A partir de la io8 année le titre porte simplement : « Dédié aux Amateurs. »