LES ESTREINES DE M. GUIL- LAUME
Proche de ces Isles loingtaines,
Où les seuls Bouffons sont admis,
Je vous envoyé vos Estreines,
Faictes en part à vos amis.
|| Imprimé à nostre Isle, l'an 1612. S. I. [Paris], Pet. in-8.
Almanach burlesque. Série de farces sous forme d’étrennes aux hommes et aux femmes. M. Guillaume souhaite aux crocheteurs le Mont Etna, aux ignorants les oreilles de Midas, aux femmes lascives la queue du rossignol d’Apulée, et autres fantaisies abracadabrantes.
Si elles ne sont point bonnes, ces « Estreines », du moins, sont courtes.
6.- CENTVRIES DE MORGARD pour l’année mil six cens quatorze. S. I. [Une autre édition parue la même année porte en chiffres : « Povr l’année 1614 ».]
Dans cette plaquette — sept prophéties bien simples en autant de quatrains — Morgard avait en termes fort ambigus, dit-on, mal parlé du Roi et des Princes. Mais, au dire du cardinal de Richelieu, cet écrit « était si pernicieux que l’auteur fut envoyé aux galères. » Et l’instruction de cette affaire ne traîna pas. L’almanach avait paru le Ier janvier 1614 : le 3 1 janvier suivant, le pauvre pronostiqueur entendait prononcer contre lui la terrible sentence qui le condamnait à tirer la rame pendant neuf ans sur les galères du Roi.
Ainsi malmené par la justice, Morgard ne fut pas mieux traité par ses concitoyens. Voici le titre de deux pamphlets dirigés contre lui et qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale :
I. — L’Anti-Morgard. Sur ses prédictions de la présente année mil six cens quatorze. || A Paris, de l’imprimerie d’Anthoine du Breuil. M. DC. XIV. In-8 de 16 pages.
II. — L’Anti-Mavregard ou Le Fantosme dv Bien Pvblic. M.DC.XIV. In- 12 de 8 pages.
Diatribe en vers de huit pieds d’une assez piètre facture, faisant allusion aux événements qui ont troublé la minorité de Louis XIII, et plaisantant le pauvre Morgard qui a voulu prophétiser le sort des grands et qui n’a pas seulement eu le bon esprit de deviner le triste sort qui allait lui échoir- Ecoutez 1’ « Anti-Mauregard. »
Vn almanach d’un faux prophète A ses amis sert de trompette.
Aveugles plus que Mauregard Au sort qui a mauuais regard,
De deviner faisant merveille Qui n’a pu sçauoir quà Marseille Il courberait sous l’aviron.
C’est vn pauvre fat, vn liron (1)
Qui s’en repend et qui déteste I.’art qui l’a fait mauuais prophète.
Ce fol toutesfois a soubs mains Troublé la foire Sainct Germain.
Ce n’est point d’un esprit transcendant. Du reste l’auteur, en terminant, a soin de prévenir ses lecteurs par cette déclaration dénuée d’artifice:
Je n’entends françois ny latin.
Morgard figure encore en un opuscule fort rare que signale M. Emile Socard dans son inté-
(1) Liron, rat des Alpes, ci Se laisser prendre comme un liron » Dicl. de l’ancien français.
XVIIe SIECLE
ressant travail sur les Almanachs et les Calendriers de Troyes : « Rencontre et navfrage de trois astrologves ivdiciaires, Mavregard, Iean Petit et Pierre Larriuey (i), nouuellementarriuez en l’avtre monde. A Avtvn, de l’Imprimerie de Biaise Simonnot, 1634. » In-8.
7. - ALMANACH DES ABUSÉS DE CE TEMS. || A Paris, par Nicolas Alexandre (i6i5).
D’après un catalogue.
8. — PRÉDICTIONS POVR CINQ ANNEÉS des choses plus mémorables, qui nous sont dénoncées aduenir par les reuolutions, grandes conionctions des Planettes et Estoiles, Commettes (sic) et autres metheores (sic). Ensembles les Eclypses solaires et Lunaire, commençant en l’an 1617 et finissant en l’an 1621. Par Maistre Iean Petit, Parisien, spéculateur ès causes secondes, mouuements et propriété des Astres. Dédié au tres-Chrestien Roy de France et de Navarre Louys XIII. || A Paris, par Pierre Ménier Imprimeur et portier de la porte Saint Victor. In-8.
Sur le titre, marque au chiffre de Louis XIII. Au verso du titre est le portrait de l’auteur « âgé de 22 ans » et accompagné de ce distique :
Du docte Iean Petit, en ces traits sont compris Le nez, la bouche et l’oeil d’un Zeuzis bien apris (sic) Et son divin esprit comprenant tout le monde Dans les escrits tracez (sic) d’une plume féconde.
Le « docte » Iean Petit eut une grande réputation parmi les astrologues si nombreux du XVIIe siècle. Son nom se trouve constamment cité dans les écrits de l’époque ; sa science est souvent comparée à celle de l’illustre Nostradamus. Le Roman bourgeois , de Furetière, l'Histoire comique de Françion, la Comédie des Proverbes, parlent de lui avec éloges.
Jean Petit s’intitulait « Parisien 11 : plus tard, nous verrons apparaître sur les almanachs imprimés à Troyes, à Rouen ou à Lyon un « Jean Petit Lyonnais (2). »
[B. Maz.]
(1) Nous retrouverons les noms de Jean Petit et Pierre Larrivey sur les titres de maints almanachs du XVIIe siècle.
(2) Voir sur Jean Petit la Nouvelle Biographie Universelle Firmin Didot.
9. — LES PREDICTIONS DES SIGNES ET PRODIGES QU’ON A VEU CESTE PRESENTE ANNÉE 1618. Ensemble de la Comete cheueluë qui se voit depuis quinze iours sur ce florissant Royaume de France. Descrites par le M. Prouençal.
|| A Paris, chez Nicolas Rousset, en l'Isle du Palais, viz à viz des Augustins. M. DC. XVIII. In-8.
Sur le titre profil de la dite comète venue en novembre 1618.
Comment interpréter « le M. Prouençal » ? Faut, il lire « le M(aître) Provençal » ou « le M(orgard) Provençal ? » Certains almanachs imprimés en province portèrent, en effet, pendant plusieurs années : « Par X... Disciple de M* Morgard », et même, par le sieur Morgard, alors que le dit sieur, soit qu’il subissait encore sa peine, soit qu’il eût passé de vie à trépas, ne devait guère songer à pronostiquer.
[B. N. || B. Maz.]
10. — LES ETRENNES DV GROS GVILLAUME à Perrine, Présentées aux Dames de Paris, et aux amateurs de la vertu. || A Paris. M.DC.XIX. Pet. in-8.
Facéties dans l’esprit des précédentes, se terminant par l’envoi suivant :
Les biens dont le Ciel m’a fait part, le vous présente en bonne estrenne,
C’est le corps, et l’esprit gaillard,
Qui à vous seruir prendra peine :
Quant est de richesse mondaine,
Sans mentir, ne vous puis faire offre,
Car ma personne, chose certaine,
Ne mis iamais escus en coffre.
La bohème, on le sait, fut de tout temps.
11. - LE CALENDRIER DE TOUTES LES CONFRERIES DE PARIS : tant de celles de deuotion (où toutes personnes sont receuës) que de celles des Nobles Communautez, Marchands, Bourgeois, gens de mestier, Artisans et mécaniques. Il A Paris, chez Martin Collet, au Palais, en la gallerie des Libraires. M.DC.XXI.
In-8.
Sur le titre armoiries royales soutenues par deux anges. Dédié au Roi Louis XIII et composé par un de ses aumôniers (J. Bapt. Le Masson, Foresien). Frontispice représentant le crieur de confréries. En tête du calendrier, portraits des apôtres, d’une gravure très soignée, mais de pure fantaisie,
Toutes les confréries possédant un cachet et un jeton sont marquées d'un signe spécial.
Calendrier très rare dont il a été fait une réimpression par l'abbé Valentin Dufour dans la Collection des documents relatifs à l'histoire de Paris , dite collection Willem.
Un exemplaire original — le seul connu — figurait à la vente Faucheux (n° 108).
12. — CENTVRIES PROPHÉTIQUES, Reuelées par Sacrée Theurgie et secrette Astrologie, à M. Iean Belot Curé de Milmonts, Professeur ès Mathématiques Diuines et Célestes. Ausquelles (sic) Centuries est predict les euenements, affaires et accidents plus signalez, qui aduiendront en l’Europe aux années suiuantes iusques en l’an 1626. Dédiées au Roy. || H (sic) Paris, chez Anthoine Champenois, rué vieille Drapperie, deuant le Palais. (1621.) Pet. in-8.
Au verso du titre on lit : « Ne mesprisez point les Prophéties. » Avis au Roy par lequel le sieur Jean Belot lui fait assavoir qu’il est le « Lys odoriférant qui doit remettre l’Empire de Dieu en tout ordre, extirper l’hérésie et déchasser (sic) l’hipocrisie. »
De lupin, Mars,Phœbus, l’heur, le cœur, la Prudence Dorent, unis le sceptre, à ce trois fois grand Roy, Né, choisi, deu, des Cieux pour le bien de sa France, Pour Astres, guerre, paix ranger sage à sa loy.
Prophéties allant de 1621 à 1624.
Les mêmes Centuries ont été imprimées la même année à Rouen chez Jacques Besongne.
Ce sieur Jean Belot, dont plusieurs astrologues invoqueront par la suite le patronage, m’a tout l’air d’un personnage fictif.
[B. Maz.j
13. — LES ÉTRENNES UNIVERSEL- LES DE TABARIN pour l’an' mil six cens vingt et vn. A toutes sortes d’estatz suivant le Temps qui court,enuoyées en Poste depardelaleSoleilcouchant. || ARouen(i) chez Nicolas Brocard (et à Paris) demeurant devant la chapelle Saint-Marc, près de la rue du Figuier, 1621. Pet. in-8 de 1 1 pages.
Succession de souhaits de Tabarin dans le genre des « Etrennes » que nos journaux décernent aux célébrités politiques ou littéraires :
(t) Quoique imprimées à Rouen, ces « Etrennes» doivent figurer ici avec les autres publications de Tabarin.
Aux chandeliers le suif que les chirurgiens laissent au corps des Anathomies ; — Aux tonneliers le bois qui croît aux camp (sic) du Pardon ; — Aux fourreurs de manchons toutes les queues des renards qu’ils prendront en courant, etc.
Réimprimé, ainsi que les suivants, dans les « Œuvres complètes de Tabarin » (Paris, t85S, Bibliothèque eljévirienne Janet).
14. — ALMANACH POVR LE TEMPS PASSÉ, contenant les mutations de l’air et partie des affaires du monde. Composé et calculé par M. Iean Gvérin, Parisien, cy devant Président de la Iustice establie en la cuisine de la Royne Marguerite et à présent Professeur ès Sciences passées et néantmoins cachées à faute d’estre divulguées. || M.DC. XXIII. Pet. in-8.
Contient les « généralles prédictions, tant des mutations de l'air que des accidents du monde, suivant le cours et influences des astres et selon les saisons. » Ces prédictions sont, comme il sied, formulées dans un langage absolument énigmatique qui rappelle les Fanfreluches antidotées de Rabelais. Cependant quelques appréciations sont pleines de sens.
C’est ainsi que sous le titre : Temps pour se marier, on lit : i< C’est une pure folie que de le limiter puisque pendant le caresme et durant l’Advant l’on débauche filles et femmes ce qui est le sujet d’une infinité de procès devant l’Official et devant le Prévost de Paris, partant néant. »
[De 20 à 25 fr. : catalogues Techener et Labitte.]
15. — ALMANACH PROPHÉTIQUE DU SIEUR TABARIN pour l’année 1623, avec les prédictions admirables pour chaque mois de l’année, le tout diligemment calculé sur son Éphéméride de la Place Dauphine. || A Paris, chez René Bretet, près le collège de Rheims. In-12.
[Vendu 55 fr. à la vente Solar, m. r. avec V Almanach du sieur Jean Guérin .]
16. — LES ÉTRENNES ADMIRABLES DU SIEUR TABARIN. Présentées à Messieurs les Parisiens en ceste présente année 1623. || A Paris, chez Lucas Joufflu, à l’Islede Paris. M.DC. XXIII (8 pages).
Souhaits en langue tabarinique.