‹ Les almanachs françaisChapitre 70 sur 521 · XLVIII. 1748-1753. In · texte numérisé non relu

XLVIII. 1748-1753. In

Le calendrier présente ceci de nouveau qu’il indique l’année de la mort de chaque saint. L'auteur était Louis Chazot de Nantigny.

[B. N. Année 1748.]

168. -ALMANACH DES CURIEUX pour l’année mil sept cens quarante-neuf.

Où les Curieux trouveront la Réponse agréable des Demandes les plus divertissantes, pour se réjouir dans les Compagnies. || AParis,del’imprimerie de Gissey, rue de la Vieille Bouderie, à l’Arbre-de- Jessé. 174g et suite. In-32.

Au verso de ce titre se trouve une gravure populaire sur bois, de même hauteur, ayant en haut un Amour qui tient un cadran (la Roue de la Fortune) au milieu duquel on lit: «Almanach de lamour (sic) et de la Fortune.» Au bas un homme et une femme se rencontrant sur la terrasse d’un parc Louis XIV. Chacun d’eux tient en main

un long bâton avec une devise ainsi conçue le cherche lamor — Et moy la Fortune. Sur le privilège le titre est libellé : « Almanach des Curieux ou le hasard de la Fortune.»

Almanach de questions et de réponses sur des sujets populaires (Si votre femme est enceinte d'un fils ou d'une fille; Si votre maîtresse vous aime mieux que votre rival; Si l’affaire que l’on vous a proposée réussira ; Si votre servante boit votre vin, et autres enfantillages du même genre.) C’est la roue de Fortune de l’image qui, avec ses douze nombres, doit donner la réponse aux questions.

Cet almanach parut jusqu’à la fin du xvme siècle. On le retrouve, pour 1789, chez la veuve Duchesne, avec le titre suivant:

— Almanach des Curieux ou le Hasard de la Fortune pour la présente année. Avec 60 questions ayant chacune 12 réponses différentes.

169. — ALMANACH DE TABLE pour l’année 1750, contenant un détail exact de tout ce qui sert à la vie de l’homme et à la bonne chère dans chaque saison de l’année. || Paris, veuve Noël Pissot. 1749. In-12.

Almanach de spécialités.

[De 7 à 8 fr.]

170. — LE CALENDRIER DE LA COUR DE PARLEMENT, pour l’année 1749. Contenant Plusieurs Notes intéressantes sur l’origine de chaque Roïaume ou Souveraineté, un Abrégé Chronologique et Historique du Parlement, avec un Journal des Audiences du Palais, etc. || Imprimé Pour les Supôts de Thémis.

(A Paris). In-24.

Cet ouvrage s'ouvre par une préface intitulée i( Au Lecteur » dont voici quelques extraits :

« Il est dans le centre de cette Capitale (Paris) une sorte d’Empire (le Palais de Justice) composé de différentes Nations. Une seule Souveraine (la Loi) y commande. Cette Reine puissante est absolue et inexorable, quoique d’un naturel doux et pacifique. Elle est crainte et respectée par tous ses sujets (les Plaideurs), qui cependant, ipar une singularité, qui n'a point d'exemple, ne laissent pas d'être souvent rebelles à ses volontez. Elle a beau les punir, elle ne les corrige point. Un esprit de vertige et de révolte les excite sans cesse à la désobéissance. Une guerre intestine, qui pour n’être pas sanglante, n’en est pas moins cruelle, agite continuellement ces Peuples. Us cherchent tous à se détruire sans néanmoins attenter à leur vie. Certaine espèce de Monstre (la chicane), que je nommerai génie, enfant de cette guerre, se nourrit

de leur mésintelligence; c’est lui qui l’excite, et il l’entretient par les subtilitez d’un Art (la Procédure), qui fut fait pour le bien, mais dont il abuse au préjudice de ces malheureux.

0 Des Ministres (les Magistrats) sans nombre, dépositaires des volontés de la Souveraine, revêtus même de tout son pouvoir, travaillent sans cesse à pacifier tous ces différends, afin de rétablir la paix parmi ces peuples indociles, mais c’est à quoi ils ne parviendront jamais, tant que ces derniers seront inspirés par le dangereux génie. L'insatiable, dans la vûë d’empêcher un dessein si salutaire, a trouvé le moïen d'introduire dans le langage, qui jadis était simple et uniforme dans tout l’Empire, certains mots de cabale, si barbares et si obscurs, qu’il en est enfin devenu inintelligible à ceux qui ne sont point initiés dans ses mistères... C’est à tous les Peuples de ce vaste Etat que j’ai destiné cet Ouvrage. »

Contient en plus des matières indiquées sur le titre ; les Parlements de Province et l'étendue de leur ressort ; un abrégé historique du Parlement de Paris, ses accroissements et son état présent; le Catalogue des livres les plus nécessaires à la profession d’Avocat, avec leur prix.

17 1. — ÉTRENNES A MM. LES RI- BAUTEURS, les suppléments aux Écosseuses, ou Margot la Mal-peignée en bel humeur et ses qualités. || S. I. (Paris, chez Cailleau). 1749 et suite.

Recueil de pièces poissardes, attribué à Vadé, faisant partie de la littérature de colportage et qui, comme les publications de l’époque, contient quelquefois un calendrier au milieu.

[D'après un catalogue.]

172. — ÉTRENNES AUX FRANCS- MAÇONS. Pour l’Année 1749. [Épigraphe:] Amicitia pares aut accepit, aut facit. || M.DCC.XL1X. S.l. [Paris, chez Duchesne.] 1749 et suite. In-32.

Frontispice allégorique sur bois.

Texte composé de chansons ayant toutes pour sujet la franc-maçonnerie.

Parut, dès 1750, sous le titre suivant :

— Ftrennes curieuses et utiles aux Francs-Maçons. Pour l’Année M.DCC.L. [Epigraphe:] Dulce ridentes socios amabo, Dulce loquentes : Hor. S. I. [A Londres et à Paris.]

Avec titre et frontispice gravés, variant chaque année, mais invariablement composés d'attributs maçonniques: laurier, truelle, équerre, compas. Sur le titre de I75o, dans un nuage, quatre mains se serrant. Le frontispice de 1754, plus orné, représente au milieu d’un salon deux hommes, dont

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l'un, maçon novice, les yeux bandés, est conduit par son aîné ; comme légende ces deux vers d’Horace :

Ne fidos inter amicos Sit, qui dicta foras eliminet.

Le texte est un mélange de prose et de chansons; les mêmes articles se retrouvent quelquefois dans des années différentes, citons : Extrait de l'histoire particulière des francs-maçons de la Grande-Bretagne ; Formule d’un discours prononcé pour l’institution d’une loge; Vers maçonniques correspondant aux signes de chaque mois :

Ici les Gémeaux :

. . . Tous les bons maçons sont des frères Gémeaux Qui se reconnaîtront par d’infaillibles marques.

Là la Balance :

Vous l'avez exilée (Thémis) et ne la verrez plus;

Mais sa Balance et tous ses attributs Sont mis entre les mains de la Maçonnerie.

[B. N. Années 1749 et I75o.|| A. 1754 au baron Pichon.]

Voir, pour la suite, n” 208.

i73. — ÉTRENNE GALANTE, contenant le Calendrier pour l’Année 1749. Et un Nouveau Receuil (sic) De Vaudevilles, Muzettes, Parodies, Ronde de Table, Récit de Basse, etc. || A Paris, chez Daumont rue de la Ferronnerie, à l’Aigle d’Or.

In-18.

Titre gravé dans un cadre orné.

Almanach entièrement gravé, chansons, musique et calendrier.

C’est la seule publication que j'ai vue avec le nom de cet éditeur.

j 74. - NOUVELLES ÉTRENNES UTILES ET AGRÉABLES, contenant un recueil de Chansons morales etd’Emblesmes, sur de petits Airs et Vaudevilles connus, notés à la fin pour en faciliter le Chant; Avec le Calendrier pour l’Année 1749. [Épigraphe:] Utile dulci. || A Paris, chez Ph. N. Lottin et Jacques H. Butard, Imprimeur-Libraire, rue Saint- Jacques, près celle de la Parcheminerie, à la Vérité. M.DCC.XLIX. In-24.

Recueil moral comme l’indique le titre, pouvant faire suite, quoique n 'étant pas du même auteur, aux petites Fables en Vaudeville. L’éditeur dans un préavis s'élève contre les galanteries dangereuses, contre les obscénités, contre les équivoques indécentes des chansons en vogue, causes, dit-il, des plus pernicieux effets dans la société. D’après l'éditeur également, l’ouvrage serait « de la façon

d’une Dame, irrévocablement fixée par état dans la province, assez loin de la capitale, nourrie de la lecture assidue des auteurs. »

Ce ne sont, du reste, que chansons contre le vice et la volupté; luxe, danse, spectacles, etc...

175. - LE CALENDRIER DES JAR- DINIERS, qui enseigne ce qu’il faut faire dans le Potager, dans les Pépinières, dans les Serres, et dans les Jardins de Fleurs tous les Mois de l’année. Traduit de l’Anglois, de M. Bradley, de la Société Royale de Londres, et Professeur de Botanique dans l’Université de Cambridge.

Plus une Description des Serres, et la manière de cultiver les Ananas en Hollande et en Allemagne. Avec des Planches et une Instruction pour construire et gouverner lesdites Serres. Ouvrage utile aux Jardiniers, et à tous ceux qui ont des Jardins Potagers, des Pépinières, des Parterres et des Fleurs. || A Paris, chez la Veuve Piget, quay des Augustins, à S. Jacques; Durand, rue S. -Jacques, à S.

Landry. M.DCC.L. 1750 et suite. In-12.

Le privilège étant de 1738 l’almanach a dû paraître antérieurement. S’il ne se débitait pas chaque année en édition nouvelle, en tout cas il a paru postérieurement, car la France Littéraire de 1785 annonce « Le Calendrier du Jardinier » également de M. Bradley, chez Guillot, rue Saint-Jacques. Les planches sont gravées par Scotin sur les dessins de M. Galiléi.

176. — CALENDRIER DES PRINCES ET DE LA NOBLESSE pour l’année 1750.ll A Paris, chez Delaguette, Imprimeur-Libraire, rue Saint-Jacques, à l’Olivier. M.DCC.L.

Avis de l’Imprimeur indiquant que cet almanach vient pour remplacer Y Almanach Généalogique. Liste des rois et reines de France. Liste alphabétique des maisons honorées par les charges de la Couronne. 0 C’est le calendrier des vivants » dit-il, « on n’a point voulu faire de nécrologe. » [Voir, plus loin, n° 32g.]

177. — CALENDRIER HISTORIQUE POUR L’ANNÉE M. DCC. L. Avec L'Origine de toutes les Maisons Souveraines, Tirée Du nouvel Abrégé Chronologique de l’Histoire de l’Europe. || A Paris, chez Jean-Noel Leloup, à l’entrée du quai des Augustins, à S.-Chrysostome. In-24.

Attribué à Lenglet-Dufresnoy.

Le texte est un extrait du Nouvel Abrégé Chronologique de l’Histoire de l’Europe , publié par le même éditeur. Il donne la France, et devait être suivi successivement par l'Italie, l’Allemagne, et les autres Monarchies, « chacune desquelles, liton dans l’avis, fera deux volumes ».

Malgré l’approbation donnée par le censeur en Juin et Octobre 174g, le volume fut supprimé par arrêt du conseil le 3 Janvier 1750, à la suite des plaintes portées par l’Ambassadeur d’Angleterre. Des poursuites furent dirigées contre Lenglet- Dufresnoy, le libraire Leloup, et deux Ecossais qui avaient plus ou moins prêté leur nom pour l’obtention du privilège. Le véritable auteur serait, du reste, l’écossais Gosford. (Voir, au sujet de cet almanach, le Journal Historique de l’avocat Barbier.)

178. — ALMANACH DAUPHIN, OU HISTOIRE ABRÉGÉE DES PRINCES qui ont porté le nom de Dauphin, par le sieur C*** G***. Trois livres avec les portraits, vingt-quatre sols sans portraits. || A Paris, chez Ch. Guillaume.

1751. In-8.

Volume fort curieux orné de 23 portraits par S. Desrochers, lesquels représentent Charles V, premier Dauphin, Charles VI, Charles VII, Louis XI, Charles VIII, Anne de Bretagne, Henri II, Catherine de Médicis, François II, Marie Stuart, Louis XIII, Anne d’Autriche, Louis XIV, Marie-Thérèse, le Dauphin fils de Louis XIV, Christine de Bavière, Louis duc de Bourgogne, Marie-Adélaïde, duchesse de Bourgogne, Le Roi et la Reine (Louis XV et Marie Leczinska), Marie - Thérèse Infante d’Espagne, Marie-Joseph de Saxe, Dauphine de France, Jeanne d’Arc dite la Pucelle d’Orléans.

Comme frontispice le dauphin Louis, né à Versailles en 1729.

Chacun de ces portraits est dans un médaillon ovale avec cadre, — le nom et les titres soit dans le cadre soit dans un ornement spécial, — le tout reposant sur une tablette dans laquelle figurent quatre vers plus ou moins élogieux à l’adresse du personnage.

On pourra être surpris de trouver Jeanne d’Arc, parmi ces dauphins et dauphines. Voici les vers qui se lisent au bas de son portrait :

Par le bras de cette Amazone Le Ciel Secourut les françois ;

Remit Charte Sept sur le Trône Et nous délivra des Anglois.

Plusieurs de ces portraits, — tous faisant partie de la suite Desrochers, et ayant paru précédemment comme feuilles-volantes — portent la mention : Stepha. Desrochers sculpsit, j6gy.

Le texte se compose de très courtes notices biographiques.

[Rare: de 80 à 100 fr. Un exemplaire avec très élégante reliure de Dubuisson a été catalogué 35o fr. par Morgand.]

179. - CALENDRIER HISTORIQUE DES THÉÂTRES DE L’OPÉRA et des Comédies Françoise et Italienne et des Foires. || A Paris, chez Cailleau, Libraire, rue St-Jacques, à St-André. M.DCC.LI.

Petit in-12.

Titre gravé avec frontispice allégorique ; des Amours, casqués pour la plupart, signé Danarceau inv. Fessard sc. Rédigé par l’abbé de La Porte. Seule année parue.

S’ouvre par une épître à MM. les comédiens et des remarques sur les spectacles. En un avertissement l’éditeur dit qu’il n’a rien négligé pour rendre cet ouvrage plus parfait que ceux qui ont paru les années précédentes. En fait, il donne le catalogue de toutes les pièces adoptées et la liste de celles jouées en lj5o.

[B. N. || Coll. Arthur Pougin.]

180. — ALMANACH HISTORIQUE ET CHRONOLOGIQUE DE TOUS LES SPECTACLES.il A Paris, chez Duchesne Libraire, rue St-Jacques, au-dessous de la Fontaine St -Benoît, au Temple du Goût. 1752-1794, 1800-1801 et 1 8 1 5, soit

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46 années formant 48 volumes pet. in-12. Se vendait 1 Iiv. 4 sols.

Titre de la première année, gravé, avec un frontispice de Eisen. Dédicace à Messieurs les Comédiens. L’almanach, au lieu des saints du mois, donne la nomenclature des pièces représentées chaque jour de l’année.

Collection intéressante pour l’histoire du théâtre, des concerts et autres divertissements publics à Paris, destinée d'abord aux trois grands

tera, avec quelques légères adjonctions, le titre suivant :

— Les Spectacles de Paris ou Suite du Calendrier historique et chronologique des Théâtres. | Troisième partie \ qui doit servir pour l'année 1^54- Il A Paris, chez Duchesne.

Quelques années plus tard, en 1760, le titre considérablement augmenté, donnait la nomenclature de toutes les matières contenues dans le volume, et au lieu de : « Suite du Calendrier » on

Titre et frontispice de 1’ « Almanach Historique de tous les Spectacles ».

spectacles de la capitale. Les années sont appelées : « Parties» à partir de 1754.

Dès la troisième année le titre change et l’almanach devient :

— Calendrier Historique des Théâtres de l’Opéra et des Comédies Française et Italienne et des Foires || A Paris, chés Duchesne etc...

Le titre de départ est très différent; il porte: 11 Nouveau Calendrier historique et chronologique des Spectacles de Paris. »

Titre gravé avec un nouveau frontispice. La raison de ce changement est toute simple. L’abbé de Laporte apportait à Duchesne le titre de la publication entreprise par Cailleau pour l’année 1751 sans esprit de suite. Une fois le « Calendrier «.Cailleau (voir le n» précédent) fondu dans le 11 Calendrier » Duchesne, la publication put se généraliser et, désormais, la collection entière por-

lisait 11 Ou Calendrier. » (1) A partir de 1779 les matières se trouvèrent classées avec des numéros d'ordre, comme suit :

1° Les noms et les demeures des principaux Acteurs, Danseurs, Musiciens et autres Personnes employées aux Spectacles; 2° Le Catalogue de toutes les Pièces qui se jouent sur les différents Théâtres ; 3° Les Anecdotes auxquelles ces différentes Pièces ont donné lieu; 4° Les noms des auteurs vivans, Poètes et Musiciens qui ont travaillé dans le genre dramatique ; 5° Un Précis de toutes les pièces nouvelles, jouées pendant l'année ; 6° Les noms des Acteurs et Actrices qui ont débuté dans l'année.

A partir de 1788 les titres des pièces non jouées

(1) Les années 1761 et 1762 portent encore « Ou suite du Calendrier. »

sur un des trois grands spectacles, ainsi que les noms des auteurs, furent supprimés. L'année 1 79 X relate tout au long les dissentiments qui éclatèrent cette même année au théâtre de la Nation. En 1792, l’Almanach étendit son domaine des spectacles de Paris aux spectacles de toute la France (cette modification est indiquée sur le titre). Cette même année 1792 donne une sorte de récapitulation du théâtre en France depuis les origines. « Nous avons pensé », lit-on dans l’avis des éditeurs, «qu’à cette époque où l’influence d’un Peuple libre et le bienfait de la concurrence ont multiplié le Théâtre, où le génie des Auteurs peut s’élever à toute sa hauteur, puisque le suplice (sic) de la censure est aboli, il serait piquant de retracer l’espace que chaque théâtre a parcouru, pour arriver à cette époque glorieuse. »

Voici, d’autre part, pour que l’on puisse avoir une idée complète de la publication, le titre exact de la dernière année, avant la suspension, laquelle année se trouve divisée en deux parties formant ainsi deux volumes.

Titre de la iro partie:

— Les Spectacles de Paris, et de toute la France ou Calendrier Historique et Chronologique des Théâtres; Contenant les nouveaux Décrets relatifs aux Théâtres, à la propriété des Auteurs et Artistes en tout genre, et à la Composition, ainsi qu’au régime des différens’Spectades anciens ou nouveaux. Le précis de leur existence depuis qu’ils sont établis. La Nécrologie des Auteurs et Acteurs morts l’année dernière; le Tableau des Acteurs morts depuis plus de cinq ans, et dont les œuvres sont devenus (sic) une propriété nationale. Le Répertoire de chacun des Spectacles. Les nouveautés et débuts de l’année 1793, avec un examen critique de chaque ouvrage. Le tableau des Spectacles établis dans les principales villes de France ; enfin des Anecdotes et un résumé de l’Histoire dramatique de l’année dernière. Quarante-Troisième partie, Pour l’Année 1794, Seconde de la République. || A Paris Chez Duchesne, Libraire, rue St-Jacques, n° 47.

Titre de la 2" partie :

— Les Spectacles de Paris et de toute la France ou Calendrier Historique et Chronologique des Théâtres, suite de la quarante-troisième partie contenant particulièrement un Répertoire de toutes les Pièces Patriotiques qui peuvent se jouer sur le Théâtre du Peuple. Pour l’année 1794, Seconde de la République. || A Paris, chez Duchesne, Libraire, rue Jacques, n° 47.

En tête se trouve un avis que je reproduis sans y rien changer :

« Diverses circonstances ayant retardé cet Almanach, qui a été commencé en Vendémiaire dernier, il est survenu, pendant le cours de son impression, plusieurs décrets relatifs aux Spectacles, et que nous donnerons à la fin de cette seconde partie, avec une liste alphabétique de toutes les pièces

patriotiques, jouées sur les divers théâtres de Paris, et qui peuvent former un Répertoire civique. Ce répertoire révolutionnaire est extrêmement essentiel pour remplacer le Répertoire ancien, que nous relatons exactement à chaque théâtre, invariablement pour l’histoire littéraire et dramatique, mais dans lequel il y a une foule de pièces qui ne peuvent plus se jouer devant un peuple libre et régénéré. »

Ceux qui voudront se pénétrer encore plus profondément de la couleur locale n’auront qu’à lire ledit « Répertoire civique proposé pour le théâtre du peuple qui doit être dans chaque grande commune. » Mieux vaut ici reproduire quelques passages du long article consacré auVaudeville, lequel donne une idée précise du sentiment de l’époque :

« De tous temps le vaudeville a été cher aux Français; de tous temps le vaudeville leur a servi, soit à chanter ses (sic) plaisirs, soit à peindre ses malheurs ; et, dans l’ancien régime, il avait plus de regrets à former que de bonheur à célébrer ; aussi, comme il n’osait pas tout dire, le vaudeville était aiguisé par une pointe épigramatique (sic) qui, bien souvent, a fait pâlir le despote sous son dais, et l’oppresseur sous la pourpre. C’était avec des chansons qu’on critiquait les opérations mercantiles et vexatoires des Ministres ; c’était avec des chansons qu’on persifflait les courtisans des tyrans et leurs vils flatteurs. Tout finissait par des chansons, parce que tout ne pouvait pas encore finir par une vigoureuse résistance à l’oppression ; les hommes n’étaient pas encore mûrs pour frapper de grands coups, mais ces chansons ont plus d’une fois prouvé aux monstres qui dévoraient la substance du Peuple, que le Peuple connaissoit leurs forfaits, et que s’il sentait jamais sa force et sa dignité, il pourrait bien les attaquer un jour avec du canon, plutôt qu'avec des épigrammes.

« C’est sur tout depuis la Révolution que le Vaudeville a repris sa force et son véritable caractère. C’est le vaudeville qui anime nos guerriers au combat, c'est le vaudeville qui atteint sur leurs trônes les despotes ligués contre nous, et que nos armes vont punir de leurs forfaits ; c’est enfin le vaudeville qui fait sourire nos Législateurs, au milieu des grandes affaires qu’ils traitent avec la Nature et la Postérité. »

Assurément le vaudeville ne s’attendait guère à tenir pareille place dans l’histoire ; et encore moins à intervenir au milieu des affaires « traitées avec la Nature et la Postérité. »

Repris en 1800 le Calendrier revint à son ancien titre et s'intitula : Almanach des Spectacles de Paris ou Calendrier Historique et Chronologique des Théâtres. Cet almanach, comme le porte le titre, « a rempli le vuide qui se trouve depuis sa cessation en 1794. » Il était en vente chez Duchesne et chez Moutardier.

Intéressant par ses documents sur le théâtre, l'Almanach des Spectacles est encore bien curieux à

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parcourir au point de vue du pittoresque et de la naïveté des adresses officielles des messieurs et dames de la rampe ; qu’il s'agisse des principaux sujets ou des simples figurants. De 1752 à 1787 on voit une grande partie de ce monde, hommes ou femmes, chanteurs ou danseurs, choristes ou musiciens d'orchestre, loger à la butte Saint-Roch. Le corps de ballet de l’Opéra semble ne pas avoir quitté la rue Ste-Anne, attiré vers les petites maisons de la colline à la mode et par la présence de ses reines, et par la proximité de son théâtre, de son administration, et par la facilité des mœurs du quartier.

De la rue Ste-Anne à la rue de la Lune, en passant par le quartier Montmartre il y eut là toute une colonie qui a fourni à Y Almanach des Spectacles de bien amusantes adresses dont la naïveté surprend d'autant plus que vers 1787 la numérotation des maisons était presque partout générale. Qu'on en juge par ce petit lot choisi au hasard :

« Mlle Joséphine, porte S. M. (Saint-Martin) vis à vis l’allé (sic) du second réverbère, chez un Marchand de vin, à côté du cul-de-sac de l’Egout.

« Mlle Esther, rue Poissonnière, vis-à-vis le corps de garde des Suisses.

n Mlle Courtois cadette, rue Froidmanteau, chez le marchand de cors (autrement dit le tailleur pour dames, le cors étant le vêtement qui prenait le corps).

« Mlle Hortense F. S. D. (Fossés St-Denis), près le laissez passer.

« Mlle Dubuisson, la 3' porte à droite en entrant dans le F. St-M. (Fossé St-Maur) à côté du perruquier.

« Mlle Henriette, rue St-Louis St-Honoré, dans la porte cochère. » — Ce « dans » fait rêver.

Et le côté des hommes n’est pas moins gai : l'un demeure rue de la Lune, chez un épicier, l’autre rue d’Argenteuil, maison Neuve, à côté d’un vitrier, un troisième rue Bourbon-Villeneuve, la seconde porte cochère après celle de St-Philippe, etc. Voilà, certes, un succès postmortem auquel n’avaient point songé les éditeurs de Y Almanach des Spectacles.

La plus grande partie de cet almanach a été rédigée par l’abbé de Laporte, de 1752 à 1778 inclusivement, tout au moins.

Toutefois, l’on peut voir par la lettre suivante que Favart n'a pas été sans ry collaborer. Voici, en effet, ce qu'il écrivait au comte de Durazzo, en date du 4 janvier 176 1 : « L’Almanach des

Théâtres contient plusieurs anecdotes sur les auteurs dramatiques; je l’envoie à V. E. qui m’a demandé tout ce qui est relatif aux spectacles. L'abbé de La Porte est l’auteur de ce petit ouvrage. Depuis quatre à cinq ans je lui ai fourni des matériaux et j’ai tâché, autant qu’il m'a été possible, de rectifier les erreurs qu’il avait faites dans les années précédentes. Les circonstances fâcheuses où je me suis trouvé depuis six mois m’ont empêché de donner mes soins à son dernier almanach de

1761, où il s'est glissé de nouvelles fautes. Je ne les relèverai point, parce qu’il doit faire paraître dans quelques jours le « Tableau des Théâtres » qui sera beaucoup plus correct. »

Vers 1789 il fut rédigé par Ducray-Duménil. L'année 1794 est de Collot d’Herbois. Les volumes de l’An VIII et de l’An IX sont de Guilbert de Pixérécourt.

L’almanach n'a pas paru pendant les années 1795, 1796, 1797, 1798 et 1799. L’année 1 8 1 5 qui remplit le vide existant depuis 1800, est. à la fois, la première de la réapparition et la dernière de la publication. Le titre est simplement : « Almanach des Spectacles de Paris » chez Duchesne. (suit le sommaire.)

L’année 1751, c'est-à-dire le Calendrier Historique, est presque impossible à rencontrer. Déjà du vivant de la publication elle était rarissime, mais comme on la demandait, paraît-il, souvent, l’éditeur prit le parti de la réimprimer en extraits à la suite de l’année 1761 qualifiée de dixième partie. (Voir l'avertissement en tête de la dite année.)

[La collection complète est aujourd'hui très rare et très recherchée. En bel état de reliure elle se paie 3oo fr. et même plus. L’exemplaire de la vente Sapin composé de volumes brochés et reliés non uniformément s’est vendu io5 fr.]

[B. N. An IX, 1 8 1 5.]

181. — ÉTAT DES COMPAGNIES ÉCOSSOISE et ire Compagnie Françoise des Gardes-du-Corps du Roy. || (S. I.). In-12.

Avec un calendrier, un « Essai de remarques chronologiques » sur ce corps de troupes, et un extrait des édits, déclarations, arrêts et règlements rendus en faveur des commensaux.

Cet « Etat » a dû paraître antérieurement, mais l’année 1751 est la seule qui me soit connue. D'autre part c’est la tête de la publication qui paraîtra désormais sans interruption durant le siècle entier sous le titre de : « État des Gardes du Roi. » (Voir le n» 190.)

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