P»IX
rax
d*ar«t.
dakUogr.
total
l« mélange.
Anthyllide ynlnéraire Avoine des prés . .
Fétoque des prés .
— hétérophylle Fléole des prés . .
Jacée des prés .
Patorin des bois. , Plantain lancéolé Trèfle blanc . . .
3* mélange.
Agrostis commun , Dactyle pelotonné .
Fétuque durette . ,
— ovine. . , Paturin rude . .
— des Alpes Pimprenelle (grande) Sainfoin csparcette.
Trèfle des Alpes . .
Vesce multiflore . .
Agrostis commun . .
Fétuque des prés . .
Lupnline
A reporter.
b) Pour prairies.
1« mélange.
Patniin commim. .
IUy-gnus8
Trèfle blanc . . . .
— ronge ....
Vnlpm des prés . . .
PEIX
du kilogr.
PEIX
total.
ii'eo
AgTOBtîs stolonifère . . .
Boacage à grandes feuilles.
Fétaque élevée
Fléole des prés
Luzerne cnltivée
Patnrin des prés
Trèfle blanc
— élégant
Vesce des baies
2« mélange.
AlebemiUe commnne .
Avoine élevée. . . .
Dactyle pelotonné . .
Gesse des prés . . .
Ijotier comicnlé . . .
Trèfle blanc . . . .
— hybride . . .
— tombant . . .
Vesce mnltiflore . . .
3c mélange.
Toutes les plantes qui figurent dans les mélanges précédents sont de bonne qualité^ la plupart même sont excellentes. Parmi les graminées citées^ les i4^r(7^/^^ seraient les moins bonnes ; nous avons néanmoins tenu à ce qu'on ne les oublie pas^ vu leur rusticité. Quant aux plantes diverses^ telles que VAchillée, le Boucage, la Jacée, la Pimprenelle, la
308 ÉTUDES SUR l'économie ALPESTRE.
Scabieuse, si elles existent dans les environs^ elles sauront bien s'introduire toutes seules; nos formules indiquent dans quelles proportions il est désirable de les voir exister.
Mais parfois^ sur les plus mauvais sols^ on devra employer des plantes inférieures dans l'intérêt de la consolidation de la pente. Je rappelle ici quelques-unes de celles que j*ai indiquées plus haut pour remplir ce but^ et qui ne figurent pas dans nos mélanges :
En terrains secs, les Bromes droit et inerme, les Carex précoce et toujours vert, les Ccdamagrostis argenté et de montagne, la Seslérie bleue, dont les puissantes racines sont de celles qui ont le moins à redouter des gelées printanières ; enfin , la Fétuque à feuilles menues, et le Genêt velu ;
Dans les parties sableuses et caillouteuses des cônes de déjections, les Épilobes, V Ortie, le Souchet long.
§ XI. — Travaux divers.
Il est évident qu'aux améliorations que nous venons de détailler, doivent s'ajouter, dans les ravins qui traversent les pâturages, tous les genres de travaux employés dans les périmètres de reboisement : barrages en pierres sèches, blocages des berges et garnissages de ces berges en aunes de montagne ou autres essences, etc., etc., dans le but d'enrayer autant que possible, dès leur origine, tous les phénomènes de dégradations telluriennes anciens ou nouveaux.
g XXI. — utilisation des engrais chLimiques.
Les engrais chimiques ont transformé d'une façon merveilleuse les terres les plus pauvres de la Vendée, de la Bretagne, de la Sologne et de la Champagne. On ne les a essayés
encore sur aucun point des pâturages alpestres^ en raison des frais énormes de transport^ aux grandes altitudes^ qu'ils auraient occasionnés. Aujourd'hui, Textension considérable donnée à la viabilité dans ces derniers temps ^ permet de songer désormais à les utiliser dans les environs d'un grand Dombre de cols^ qui naguère encore n'étaient accessibles qu'à dos de mulets. On ne devra donc pas négliger de les associer^ chaque fois que cela sera possible^ à toutes les opérations dont nous venons de parler^ pour en rendre le succès plus certain.
Toutefois^ les engrais chimiques ont à remplir dans les Alpes un rôle bien plus important encore que celui-là ; ils peuvent et doivent, comme les canaux^ comme les endiguementS; comme les colmatages^ comme tous les progrès agricoles modernes^ coopérer à la restauration des pâturages^ indirectement^ mais sûrement^ en se substituant^ sur les terres arables et les prés des vallées^ aux fumiers qu'on descend des montagnes^ et dont l'extraction joue un rôle si néfaste^ en tant que facteur de ruine pour les communaux.
A un double point de vue^ par conséquent, l'usage des engrais chimiques sur la plus large échelle est à encourager.
Analysons brièvement les principes essentiels à retenir à leur sujet :
Le bon sol-type est celui qui contient par hectare^ sur une épaisseur de 0",20 :
Azote 4,000 kilogr.
Adde phoêphorique 4,000 —
Chaux 20,000 —
Magnésie 14,000 —
Potasse 10,000 —
310 ÉTUDES SUR l'économie ALPESTRE.
Il faut chercher^ parTadditioa d'éléments mioéraux, à rapprocher la composition de chaque terrain de cette formule, et^ par des remplacements ininterrompus^ corriger les pertes qui résultent de Tenlèvement des récoltes.
Les sols pauvres réclament jusqu'à 50^000 à 60^000 kilogr. de fumier de ferme par hectare; rien ne remplace cet engrais, seul producteur d'humus^ cette substance^ dont le rôle^ à la fois mécanique et chimique, est indispensable. Mais le fumier restitue tantôt trop d'éléments de certaines substances, et tantôt pas assez ; les engrais chimiques, au contraire^ n'apportent au sol que l'exacte quantité de substances qu'il réclame, et peuvent lui communiquer, s'ils sont bien choisis, une valeur fertilisante infiniment supérieure à celle du fumier, atteignant aisément 30 fois celle-ci.
On distingue les engrais azotés, phosphatés, calcaires et potassiques. Les principaux sont : le nitrate de soude, les phosphates et superphosphates à base de chaux, d'origine animale ou minérale, les scories de déphosphoration des aciéries, les phosphates précipités des fabriques de gélatine^ la chaux, le plâtre et le chlorure de potassium.
L'analyse a démontré que si les plantes fourragères tirent une bonne partie de leur azote de l'atmosphère, c'est dans le le sol exclusivement qu'elles empruntent l'acide phosphorique, la chaux, la potasse et la magnésie dont elles ont besoin ; ces substances ne peuvent, par conséquent, être restituées à la terre que par les soins de l'exploitant.
Les bonnes terres pastorales sont généralement riches en matières azotées, suffisamment pourvues de chaux et de magnésie, mais pauvres en acide phosphorique et en potasse.
V épuisement des pâturages est moindre que celui des prés fauchés, grâce aux déjections des animaux, mais il varie
suivant la nature de la prodtiction zootechnique: les animaux de travail^ se maintenant à un poids à peu près invariable^ n'enlèvent rien au sol ; — la production de la laine extrait de Tazote et de la potasse^ mais ces éléments sont entraînés par le lavage^ de sorte qu'en arrosant les fumiers ou les terres avec les eaux provenant de cette opération^ on restitue à Texploîtation ce qu'on lui a pris ; — Tengraissement ne fixe guère autre chose que de Tazote dans le tissu musculaire, c'est la pratique qui absorbe le moins d'éléments minéraux; — rélevage prive surtout le sol de chaux et d'acide phosphorique, substances exigées pour le développement des os; — quant à l'industrie laitière, si elle se borne à exporter du beurre, elle ne fait rien perdre à l'exploitation ; mais si elle consiste dans la vente du lait entier ou la fabrication fromagère, elle soustrait aussi d'importantes quantités d'azote et d'acide phosphorique.
Les compositions et dosages à adopter dépendront nécessairement des analyses des sols à améliorer. On demandera ces analyses aux laboratoires de nos grandes Sociétés d'agriculture^ ou aux bonnes stations agronomiques de province. Le choix des mélanges pourra être également fondé sur les expériences locales, faites en assez grand nombre déjà par les syndicats et les professeurs d'agriculture, depuis quelques années. Enfin, on trouvera des formules variées dans quantité d'ouvrages spéciaux, agendas, aide-mémoire, etc.
U est plus que probable que l'usage des engrais chimiques se répandra très rapidement dans les Alpes. En 1884, passant à Die, nous avions écrit dans un rapport administratif: < Les pâturages de la vallée de la Drôme ne s'amélioreront que par de longues mises en défends, qui ne seront possibles^ sans trop de gêne pour les habitants, qu'à la suite de la créa-
312 ÉTUDES SUR l'économie ALPESTRE.
fcion de prairies nouvelles. Malheureusement^ Tengrais manque. On a essayé d'employer des engrais artificiels; leur prix de revient y a fait renoncer. Mais on espère qu'après Tachévement du chemin de fer de Crest à Die, Topération deviendra praticable. »
Aujourd'hui, transformation radicale : le chemin de fer arrive à Die depuis 1885; un syndicat a été fondé; il est extrêmement prospère, et comprend plus de 2,000 membres ; Tusage des engrais artificiels est devenu courant chez tous les cultivateurs; les prairies artificielles, grâce à eux, vont avoir augmenté bientôt du simple au double; les résultats sont merveilleux, et nous avons pu voir une commune, Menglon, qui n'entretient plus ses moutons qu'à l'étable pendant les trois quarts de Tannée, et ne les envoie au pâturage, qu'en été, sur des territoires étrangers. Comme conséquence de ces habitudes nouvelles, elle a mis en défends librement, afin de les reconstituer, tous ses pâturages de printemps et d'automne. Ces terrains se regazonnent admirablement, et se transformeraient en jolis prés-bois, si Ton plantait, dans les petits ravins qui les sillonnent des cytises et des pins sylvestres, essences qui réussissent d'une façon remarquable sur les sols dénudés de la région.
Combien de milliers d'hectares le même progrès permettrait de faire reverdir, dans les vallées de la Durance, de la la Bléone et de TAsse, qui sont aussi desservies par des chemins de fer aujourd'hui, et qui se trouvent dans une situation rurale analogue à celle de la haute Drôme I