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LIVRE m. — LA CONSERVATION DES MONTAGNES

on voit que le cioquièm edes vaches disparait; il est envoyé àrhivernage en Italie ^ Pendant la belle saison^ les vaches laitières pâturent: celles de Ristolas et de la Monta^ le vallon de Ségure^ y compris les terrains soumis au régime forestier du Grand-Bois ; celles de la Chalp^ le vallon de Bouchouse. Ce pâturage se pratique sans ordre ; on ne forme pas de troupeaux communs; chacun garde à son tour les troupeaux de trois ou quatre propriétaires et les conduit où il Tentend ; les bêtes bovines se trouvent ainsi réparties par groupes de 12 à 20 têtes. En automne, les vaches pâturent les prairies de la vallée. La vaine pâture est pratiquée sur la plupart des prairies^ hautes et basses. Le vêlage a toujours lieu entre les mois de novembre et d'avril^ mais particulièrement en mars et avril; c'est donc dans la belle saison qu'il y a le plus de lait disponible.

Les génisses ne pâturaient^ il y a peu de temps encore, que les parties les plus mauvaises du vallon du Mont-Viso, vers le tunnel de laTraversette; aujourd'hui^ grâce à l'acquisition par la commune de tout un mas de prairies que le conseil municipal leur affecte, elles ont à leur disposition^ dans le même vallon, sur la rive droite du Guil, vers la cote 2,372, un pâturage superbe qu'il y aurait même avantage à transformer en montagne laitière.

2' Bétes ovines. — L'hivernage cesse, pour les bêtes à laine, à la même époque que pour les vaches, c'est-à-dire à la fin de mai; les agneaux sont conduits au pâturage avant les brebis. Agneaux et brebis sont ensuite réunis et paissent les mêmes cantons pendant quelque temps ; enfin, les agneaux quittent leurs premiers quartiers, et sont rassemblés dans une montagne spéciale, qui s'étend au-dessous des crêtes régnant du col Fisset au col de la Traversette.

1. Dans les conditions rapportées an livre I*', pages 83 et 84.

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Les brebis sont exploitées pour la plupart^ en vue du lait^ et ramenées tous les soirs dans les villages. Quant aux agneaux^ ils passent la nuit dans des parcs fixes^ formés par de petits mui*s en pierres sèches ; leurs engrais sont descendus dans la vallée en automne. Tous les propriétaires ont le droit d'enlever gratuitement ces engrais^ et ils l'exercent sous le contrôle de l'un d'eux, qui reçoit une rétribution légère.

Il y a peu d'années, la commune louait, pour le pâturage de 2,000 moutons de Provence en moyenne, deux alpages spéciaux : l'un, dit Grand- Vallon, où elle n'envoie plus maintenant que ses agneaux ; l'autre, des Ruines, en face du premier, sur la rive opposée du Guil. Elle a renoncé à la location du Grand-Vallon et soulagé ainsi de 1,500 bêtes à laine l'ensemble des pâturages communaux.

3" Chèvres. — Les chèvres tendent à disparaître complètement sous l'influence des fruitières, dont les règlements n'admettent pas leur lait : il y a moins de dix ans, il y en avait 250 dans la commune; maintenant, on n'en compte plus une seule à Ristolas; à la Monta, le nombre en est trop insignifiant pour être cité; à la Chalp, on n'en garde plus que 60, c'est-à-dire juste ce qu'il faut pour utiliser les rochers de Maloqueste.

Taxes. — Jusqu'à présent, la commune n'a pas imposé de taxes au profit de la caisse municipale. Mais il est nécessaire d'en établir, afin de créer des ressources en vue de Texécution des améliorations citées plus loin. Chaque ayant droit à la jouissance des pâturages communaux n'est tenu aujourd'hui qu'à participer aux frais de garde. Ces frais s'élèvent ordinairement :

!•* Par bête ovine, pour la durée du pâturage, à . . 0'75

2** Par génisse — à . . 2 »

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Four les vaches^ nous avons dit que chacun gardait les siennes.

État général des pâturages communaux. — On peut répartir ainsi la masse des communaux pastoraux :

Hoet.

En bon étot 1,800

En état médiocre on même dégradés, mais susceptibles d'être

améliorés par un bon règlement 822

A l'état de rochers couverts d'un léger gazon seulement et de

pierrailles, ou de ravins 2,235

Total égal 4,857

Dans les terrains dénudés^ on rencontre cependant quelques quartiers d'une étendue assez considérable^ où de longues mises en défends pourraient amener insensiblement la reformation de la pelouse; on doit citer principalement les parties supérieures des bassins de tous les petits torrents qui se jettent dans le Guil, rive droite, entre la cote 1,949 etRistolas.

Le régime auquel sont soumis présentement les autres pâturages ne peut pas les améliorer ; il est même certain que le dégazonnement s'accentuera fortement dans les pâturages de printemps et d'été, si l'on ne change pas le mode d'exploitation actuel.

La restitution au sol communal de tous les engrais produits par le bétail qu'il nourrit serait une des mesures les plus utiles ; mais elle ne sera praticable qu'à l'époque où la population aura créé de nouvelles prairies, à l'aide de nouveaux canaux.

De nombreuses pierres éparses diminuent également la production des pâturages. Enfin, partout de petites parcelles plus ou moins dégradées, situées sur les bords des ravins et au-dessous des crêtes, devraient être mises en défends temporairement, ou boisées.

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