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Les alternances; poèmes

— 0 Vie ! aurais-je pu tendre un cœur plus avide Vers Vamour dont tu fais Vetoile qui nous guide, Vers Vamour nécessaire aux résurrections ? Derrière moi, pourtant, s'efface ma jeunesse Et je demande encore à connaître une ivresse Aux insondables tourbillons.

— Fallait-il assoupir ton âme dans Vorgie,

Au lieu de libérer V invisible énergie

Que Vhomme porte en soi pour gravir les hauteurs ?

Tu faisais de Vamour une farce insolente.

Je ne Ven accordai que la part suffisante

À mettre un flambeau dans ton cœur.

— 0 Vie ! en moi brûlait V ambition féconde, Je me sentais promis à gouverner le monde Et tu ne m'as donné que moi-même à régir. J'ai tenté vainement de violer la gloire. Et mon travail, offert d'un geste péremptoire, Parvient à peine à me nourrir.

— Juge, par ton passé dangereux, si le faste À ton avancement n'eut pas été néfaste. Vois si ton art, du moins, ne t'a pas enchanté Et si l'échec de tes rêves d'omnipotence Ne t'a pas enseigné l'âpre persévérance, La mesure et la volonté.

— 0 Vie ! enfin j'avais entendu ta parole, Je saisissais le but de ta sévère école; Peu à peu je voyais poindre un jour éclatant. Des mystères vaincus traînaient sur la chaussée, Je touchais au lien qui joint toute pensée. Trop tard, hélas ! la mort m'attend.

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