‹ Les alternances; poèmesChapitre 20 sur 44 · RÉSURRECTION · texte numérisé non relu

RÉSURRECTION

Ces lettres d'autrefois j'avais soif de les lire.

La brume qui voilait le passé se déchire, Les lieux et les objets anciens chassent le soir. Je redeviens celui qui voyait son espoir Courir, tumultueux, vers la plaine enchantée; Qui, pour ouvrir son âme à la vie exaltée. Pour entendre la voix frémissante des cœurs, Pour capter le parfum du rêve et les couleurs, Demandait ta venue. Amour incendiaire.

Celui qui, tressaillant de sa force plénière, Sentait tourbillonner ses pensées, ses désirs Et les voyait, de jour en jour, se départir De leur chamellité, d'abord incitatrice.

Puis s'afiPiner dans la douceur du sacrifice. S'élever — forme pure émergeant du chaos — Jusqu'à l'extase.

Un flux dément gagne mes os Et le présent et le passé, fondus ensemble. Forment une magique atmosphère, et je tremble Ainsi que je tremblais, aux vigiles d'amour.

Et maintenant, hélas! j'ai soif des anciens jours.

ESPOIR ET FBRVEUR 75

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