‹ Les alternances; poèmesChapitre 33 sur 44 · LE VAL · texte numérisé non relu

LE VAL

Je connais, dans les Apalaches, Un val séduisant qui se cache

Comme un rêve ingénu; Un val aux pentes fantaisistes Oh se promène, dans les schistes.

Un ruisseau bienvenu.

Quand, brusquement, on le découvre C'est un avenir clair qui s'ouvre.

Un sourire enjôleur A quoi l'âme n'était pas prête.

On subit le charme, on s'arrête

À l'offre de bonheur.

Ici qu'il serait doux de vivre!

On s'imagine avec un livre,

Assis sous un pommier.

On a maison, femme et bagage. . .

Mais on pense au but du voyage,

Aux tracas coutumiers.

Les yeux ravis on part, on gagne Le grand chemin ou la montagne;

Au val on dit adieu.

Plein du pressentiment morose D'abandonner, parcequ'on n'ose.

Un destin radieux.

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